
Jérôme de Stridon, né au IVe siècle, est connu pour avoir traduit la Bible en latin à’d’mande du pape Damase Ier – plus précisément, armettre drette les versions latines des Évangiles qui existaient déjà, pis traduire le reste à partir de l’hébreux.
Yé aussi connu pour son ascétisme, c’t-à-dire que son fun, c’tait de prier, de jeûner pis de s’priver volontairement des plaisirs matériels pour dompter sa nature humaine pis s’rapprocher du Bon Dieu.
Dans l’temps à Jérôme, la grosse mode pour les chrétiens crinqués comme lui, c’tait de s’artirer dans l’désert, loin des tentations.
Faique Jérôme décida d’aller en Syrie. Quand y’arriva, par’zempe, le désert commençait à être pas mal plein : pas moyen de faire deux pas sans s’barrer les pieds dans un ermite.
Ça avait des avantages : mettons qu’y te manquait de la farine pour faire tes galettes d’ascète sans sel pis sans goût, tu pouvais juste aller cogner à la grotte du voisin.
Ça avait aussi des inconvénients, genre :
« Marcel, peux-tu combattre tes démons moins fort, s’te plaît, on essaye de dormir! »
Pis pas yinque ça : le pauvre Jérôme, qui d’mandait rien d’autre que de travailler pis d’prier tranquille, arrêtait pas de s’faire déranger par d’autres ermites qui, au lieu d’ermiter dans leu coin, passaient leu temps à s’chicaner su des affaires de religion pis voulaient que Jérôme donne raison à l’un ou à l’autre :
– JÉSUS EST FAITE D’LA MÊME ESSENCE QUE L’PÈRE!
– BEN NON ASTIE D’MORON D’HÉRÉTIQUE, JÉSUS EST UN HOMME COMME TOÉ PIS MOÉ, CHOISI PAR DIEU!
Bref, l’ascétisme dans l’désert, c’tait pas pantoute comme y’avait imaginé.
Quand même, y passa ben des nuites pis ben des jours à souffrir, crotté pis l’ventre vide, couché à terre au travers des scorpions pis des serpents, implorant l’Seigneur pis ardoutant l’enfer, agacé par des visions de bouffe, de breuvages pis de belles danseuses à moitié dégrèyées.
Y se scrappa la santé pis s’en armit jamais vraiment. Dommage. Tsé, Jerm, le paradis s’perd pas pour une galvaude. T’aurais pu te donner un peu de lousse.