Pour passer le temps en attendant mon prochain billet : comment ben se tenir en diligence

Photo de Autour du poêle à bois - L'Histoire à la québécoise.

J’avais publié ce petit texte sur la page Facebook du blogue, mais je le reproduis ici pour mes lecteurs qui ne fréquentent pas ce lieu maudit (Facebook, là, pas ma page en tant que telle – on a ben du fun pis on mange des biscuits à m’lasse!).

Au jour d’aujourd’hui, pour prendre l’avion, faut suivre quelques règles de sécurité pis de savoir-vivre : attacher sa ceinture, spotter les sorties, se mettre du t’sour, pas varger dans le siège d’en-avant à coups de pieds, pas attendre que le chariot de bouffe soit rendu dans le passage pour aller pisser, pis être fin avec les agents de bord.

Mais dans l’ancien temps, au Far West, c’tait quoi les règles à suivre… en diligence? Tantôt, j’ai trouvé de quoi de pas mal intéressant là-dessus pendant mes recherches, pis, mettons que, autre temps, autres mœurs, hein?

Code de conduite des passagers de la Benton & Helena Stage Company (autour de 1890) – traduction de Matante Poêle :

1. On vous demande de pas boire de boisson, mais si vous êtes pour brosser pareil, partagez votre bouteille. Sinon, vous aurez l’air d’un gratteux pis d’un maudit air bête.

2. Messieurs, sivouplaît évitez de fumer la pipe ou bedon l’cigare si y’a une créâture à bord : ça sent fort, pis ça se pourrait qu’a l’aime pas ça. Vous pouvez chiquer du tabac, mais crachez avec l’vent dans l’dos, pas l’vent dans face.

3. Si y fait frette, y’a des jaquettes en bison pour vous réchauffer. Mais vous êtes aussi ben de pas toute les prendre pis de pas en laisser aux autres, parce que sinon, on va vous assire dehors à côté du chauffeur.

4. Évitez de ronfler fort ou d’utiliser l’épaule de votre voisin comme oreiller. Il (ou elle) pourrait mal le prendre, pis ça se pourrait que ça fasse d’la chicane.

5. Vous pouvez garder vos armes à feu en-dedans d’un coup que la marde pogne, mais tirez pas par la fenêtre yinque pour le fun ou pour tuer des animaux sauvages su l’bord du ch’min : ça pourrait faire peur aux ch’faux.

6. Pis si les ch’faux pognent le mors aux dents, capotez pas pis tirez-vous pas par la f’nêtre : vous allez vous estropier, pis vous allez être à la merci des éléments, des Indiens enragés pis des coyotes affamés.

7. Faites pas peur au monde pour rien en jasant des révoltes d’Indiens pis des voleurs de diligences.

8. Pis si y’a un crotté qui sait pas se t’nir avec les créâtures, ben y va se faire crisser dehors de la diligence. Pis y va trouver que c’est long en maudit, s’en r’tourner à pied.

En entrevue à Radio-Canada!

J’interromps la programmation habituelle pour vous annoncer une nouvelle… par pire pantoute!

Ce matin, j’étais à l’émission Bon pied, bonne heure sur les ondes d’ICI Gaspésie-les Îles pour une entrevue au sujet d’Autour du poêle à bois!

Heille, une entrevue à la radio! On rit pu! Ben vite mon égo passera pu dans’porte.

Pour écouter l’entrevue, c’est ici!

Quand les belles-sœurs s’haïssent la face : Frédégonde contre Brunehaut – partie 1

Ça se peut de pas aimer sa belle-sœur. Tsé, on est toutes humains. Pis ça arrive des fois que les couteaux volent bas : 

« Ouin, ma Jocelyne, pour quequ’un qui a yinque apporté un Caballero, tu te gênes pas pour vider les bouteilles des autres! »

« Heille, Denise? Les r’volures de pâte à dents dans le miroir de la toilette, c’tu un p’tit concept cute de temps des Fêtes pour faire comme un paysage enneigé, ou bedon c’est yinque un oubli? »

Mais mettons que ce crêpage de chignon-là virait au MEURTRE? 

Les téléromans à TVA pis les vues ont rien inventé. Déjà au sixième siècle, les reines Frédégonde et Brunehaut étaient prêtes à se sauter dans’face… Pis y’allait avoir du sang. 

Comme j’vous l’expliquais dans l’histoire à Radegonde, dans ce temps-là, les peuples germaniques comme les Francs régnaient sur l’Europe. Pis eux-autres, y’avaient des règles de succession qui avaient l’air d’être faites pour que la marde pogne : chaque fois qu’un roi mourait, son royaume était séparé entre toutes ses fils, qui ensuite se tapaient su’a gueule jusqu’à ce qu’y en reste juste un qui ramasse toute. C’tait simple, dans le fond!

C’était arrivé après la mort de Clovis, premier roi de toutes les Francs. Son royaume avait été séparé entre ses fils Thierry, Clotaire, Clodomir pis Childebert. 

À la fin, y restait pu yinque Clotaire qui, après des années de guerre pis de coups de poignard dans l’dos, devint roi de tous les Francs comme son père. Pis là, y mourut. Comme lui aussi y’avait quatre fils – Caribert, Chilpéric, Sigebert pis Gontran –, c’tait reparti pour un autre rigodon! 

J’vous ferai pas tomber en bas de votre chaise en vous disant que la job principale des seigneurs francs, dans ce temps-là, c’était de guerroyer. Pis, justement, autour de 560, Chilpéric, roi de Soissons, était parti taper du Saxon avec son frère Sigebert, laissant sa femme Audovère enceinte jusqu’aux yeux. 

Or, Audovère avait comme servante Frédégonde, une femme du peuple qui s’adonnait aussi à être un astie de pétard. La belle Frédégonde, a l’avait des ambitions. Pis comme vous allez voir, y’avait aucune crosse trop basse pour elle. 

Quand Audovère accoucha d’une fille, Childesinde, y fallut ben baptiser la p’tite. Mais là, la marraine arrivait pas. Tout le monde commençait à être écœuré d’attendre pis à avoir hâte de sauter dans l’buffet.   

Faique c’est là que Frédégonde fit son move : 

– Madame, pas besoin d’attendre la marraine; j’vois pas mieux que vous pour tenir la p’tite pendant que l’évêque la baptise. Envoyez-donc! 
– Ah, ben pourquoi pas, hein? Merci Frédégonde! 

Pis l’évêque, qui avait probablement un ti rond de bave sur sa soutane à regarder Frédégonde, dit rien pour empêcher ça et baptisa Childesinde avec sa propre mère comme marraine. 

Pauvre Audovère : a l’était ben belle pis ben fine, mais c’était pas le crayon le plus aiguisé de la boîte, pis sa naïveté l’avait fait tomber drette dans le piège de sa ratoureuse servante. 

Vous devez vous demander si vous venez d’en manquer un boutte : hein? De quel piège on parle, là? J’vous explique. 

Dans ce temps-là, t’avais pas le droit d’être la marraine de ton propre enfant, parce si tu mourais, y’aurait pu personne pour s’occuper de lui. De un. De deux, un père avait pas le droit de coucher avec la marraine de sa fille. Voyez-vous la crosse, là? 

Quand Chilpéric revint chez eux, toute fringant, y fut accueilli par une trâlée de belles pitounes couvertes de guirlandes de fleurs. La première en avant? J’vous laisse deviner. 

Frédégonde. Ben oui. 

Elle arriva en avant de Chilpéric et lui dit, drette de même : 

– Ah, merci Mon Dieu, le roi not’seigneur est r’venu, pis ya sacré une volée à ses ennemis! En plus, y vient d’avoir une belle p’tite fille! Mais là, avec qui not’seigneur coucherait ben à soir? Parce que la reine ma maîtresse est rendue la marraine de sa fille!
– Ah ben, si ch’peux pas coucher avec elle, m’a coucher a’c toé d’abord! 

Chilpéric, y’était pas du genre à s’enfarger dins fleurs du tapis. 

À la porte du château, Audovère l’attendait, toute fière d’y montrer Childesinde. Mais Chilpéric avait des p’tites nouvelles pour elle : 

« Ah, bonyenne, sa mère, qu’est-cé t’as faite-là? À c’t’heure que t’es la marraine d’la p’tite, tu peux pu être ma femme! »

Faique il fit exiler le gnochon d’évêque qui avait célébré le baptême et y’envoya Audovère sécher dans un couvent, non sans y avoir donné des terres qui valaient quand même cher pour pas qu’à crève de faim. 

Audovère venait yinque de prendre la porte que Chilpéric avait déjà marié Frédégonde. 

Maudit écœurant.

De son bord, le frère de Chilpéric, Sigebert, roi de Reims, était un peu fier-pet pis y trouvait don que ses frères avaient marié des femmes indignes d’eux-autres. Lui, y’allait accepter rien d’autre qu’une princesse. 

Faique y’alla se dénicher Brunehaut, fille d’Athanagilde, roi des Goths d’Espagne. Pis Brunehaut, c’tait loin d’être une gueuse : elle était belle, bien arrangée, charmante, avec ben d’la jarnigoine.  

Sigebert tomba en amour par-dessus la tête. 

Les noces eurent lieu en 566, pis ce fut toute un party. Les seigneurs des quatre coins de l’Europe se pointèrent : y’avait des poilus pis des propres, des polis pis des fendants, des fous pis des fins, pis toute ce monde-là buvait de la bière pis du vin dans l’plaisir pis l’agrément, avec des cornes de beu évidées comme des coupes en or fancées (fancys?).  

Mais là, Chilpéric, y regardait ça aller, pis y trouvait qu’y faisait dur à côté de son frère : 

– Heille, moé’ssi, j’veux marier une princesse! Pis j’en veux un, un gros party de même! On jase, là, mais la p’tite Brunehaut, a l’a-tu une sœur?
– Oui, Vot’Majesté! Elle a une sœur qui s’appelle Galswinthe. Mais elle est, euh, comment ch’pourrais dire… 
– Accouche! 
– Euh, ben, est pas aussi gâtée par la nature, mettons. 
– C’tu une princesse ou ben c’est pas une princesse?
– Wôwoui, Sire! Une vraie de vraie!
– Bon ben ça va faire la job. Tu pars drette demain pour l’Espagne pis tu vas m’la chercher. 

Sauf que pour Chilpéric, la demande en mariage passa pas comme du beurre dans’poêle : le roi Athanagilde avait des gros doutes sur lui, parce qu’y’avait entendu dire que c’était un gros débauché qui couchaillait à droite pis à gauche. Pis la pauvre Galswinthe, qui était une bonne fille tranquille au cœur tendre, capotait à l’idée de partir loin de sa famille pis de se retrouver dans les bras de pareil porc. 

En fin de compte, Athanagilde avait juste trop à gagner d’une alliance avec les Francs, faique il accepta de donner la main de Galswinthe à Chilpéric, à condition qu’il s’engage à pu prendre d’autres femmes pis à être fidèle. 

Chilpéric dit oui – d’ailleurs, c’est peut-être pour ça qu’il a répudié Audovère, pis que ça avait pas rapport pantoute avec l’affaire du baptême.

Pis quand Galswinthe apprit qu’était faite à l’os, a passa une heure à brailler comme une Madeleine dans les bras de sa mère, tellement que même les gros toffes barbus que Chilpéric avait envoyés pour la chercher furent virés à l’envers.  

Malgré tout, les noces eurent lieu, pis ce fut un aussi gros party que les noces à Sigebert pis Brunehaut. 

Au château de Chilpéric, même Frédégonde avait été tassée pour faire de la place à Galswinthe. Fini les privilèges d’épouse pis toute. Mais elle allait tu lâcher le morceau si facilement, vous pensez?

Jamais d’la vie.

Elle réussit à convaincre Chilpéric de la garder comme servante pour sa nouvelle femme, se disant que de même, quand y’allait inévitablement se tanner de Galswinthe, elle allait être drette à la bonne place pour en profiter. 

Au début, Chilpéric était ben content de sa nouvelle femme, comme on peut être content de sa nouvelle Mustang avec des sièges Racing comme celle du voisin, sauf rouge au lieu de bleue. Après un boutte, y finit par devenir blasé de ça, mais y’était encore ben heureux de toutes les richesses que Galswinthe lui avait apportées en dot. 

Finalement, même les bidous pis les pierreries arrêtèrent d’y faire de l’effet. Pis rendu là, y’avait pu rien pour y faire aimer Galswinthe. C’était ben beau être fine pis patiente pis généreuse, mais pour lui, ça valait pas une belle face, un beau p’tit cul, une taille fine pis des grosses boules. Pis vous savez qui avait ça? 

Frédégonde.

Flairant le sang, elle passa tusuite à l’action. Elle eut juste à se montrer, oh Votre Majesté vous parlez d’un adon, j’m’en allais tout bonnement chez le maréchal-ferrant, et hop! Chilpéric sentit la sève lui r’monter dans l’érable après l’hiver du désir. 

Ça prit pas plus que ça pour que Frédégonde revienne dins couvartes du roi. Y restait juste un problème : Galswinthe était encore là. 

Mais tsé, un meuble, ça se tasse. 

Frédégonde ambitionnait : a faisait sa fraîche partout dans le château pis a l’allait même jusqu’à péter de la broue en avant de Galswinthe. 

D’ailleurs, la pauvre chouette avait beaucoup de peine de se voir trompée pis humiliée de même. Ça se comprend. Au début, elle endurait en silence, mais un m’m’ent’né, elle fut pu capable et alla se plaindre à son mari : 

« Pourquoi tu m’as fait venir icitte si c’est pour m’abandonner pis faire comme si j’existais pas? T’es rendu bête pis distant avec moi, ma propre servante me regarde de haut, pis tout le monde rit dans mon dos! J’aime pas ça, icitte. J’veux m’en aller. J’m’ennuie de mon pays pis de ma mère. Chilpéric, ch’peux-tu rentrer chez nous? Au moins, là-bas, on me traite comme du monde, pas comme une vache ou bedon une plante verte! »

Les émotions à Galswinthe, Chilpéric s’en torchait pas mal. Mais ses bidous, par exemple! Faique il essaya de la retenir : 

– Ben voyons, mon amour, tu paranoyes! Toute va ben, pis ch’t’aime, pis y’a personne qui rit de toé icitte! 
– Essaye pas. Penses-tu que chus sourde pis aveugle? J’le vois ben, c’qui s’passe. Si tu me laisses m’en aller, chuis prête à te laisser toutes les richesses que t’as eues avec ma dot. Garde toute. J’m’en fous, j’veux juste m’en r’tourner chez mes parents! 

Pour Chilpéric, qui était crissement à l’argent, c’était pas croyable qu’on puisse renoncer volontairement à autant d’affaires. Ça y rentrait juste pas dans’tête. Faique y’était sûr que Galswinthe essayait de le fourrer d’une manière ou d’une autre. 

Y fit semblant de s’excuser, promit de pu recommencer, la flatta dans le sens du poil, tellement que Galswinthe, rassurée, arrêta de parler de départ. 

Pis là, un matin, elle fut retrouvée morte dans son lit, étranglée. 

Chilpéric fit ben des sparages pour faire croire qu’il avait de la peine, mais personne avait de pognée dans le dos : c’était clairement lui ou Frédégonde qui était en arrière de ça. 

Surtout que deux trois jours après, il fit de Frédégonde sa vraie de vraie épouse officielle – sa reine. 

Quand Brunehaut apprit que sa sœur était morte assassinée… Heh, bout d’viarge qu’a l’était fâchée : 

– L’astie d’écœurant! Le tabarnak de chien sale! Y’a tué ma sœur! Ma pauvre sœur toute fine qui demandait yinque à être laissée tranquille! 
– Ben voyons mon amour, qui ça? 
– Ton frère! Y’a fait étrangler Galswinthe, pis drette après, y’est allé marier sa guédaille, là, Frédégonde! Sigebert, tu sais ce qui te reste à faire, j’espère? 
– Ch’prépare les gars, les ch’vaux pis les armes : m’en va chercher Gontran, on va crisser une volée à Chilpéric, pis on va la venger, ta sœur! 

Pis c’est de même que commença la « faide royale », une guerre qui dura plus de 40 ans entre les familles de Frédégonde et Brunehaut. Attachez votre tuque avec de la broche, parce que ça va jouer dur en simonac! 


Source : Augustin THIERRY, Récit des temps mérovingiens, tome 1, 1842.
https://play.google.com/books/reader?id=h2UOAAAAQAAJ&pg=GBS.PR4


L’art de se planter solide : l’histoire de Franz Reichelt

Le matin du 4 février 1912, une trentaine de senteux étaient rassemblés au pied de la tour Eiffel. Ils étaient venus voir Franz Reichelt, un tailleur autrichien et patenteux à ses heures, qui avait annoncé quelques jours avant ça son intention sauter en bas du monument pour tester son invention : le costume-parachute.

Debout au bord de la plateforme, il branlait visiblement dans le manche, comme s’il commençait à douter de son affaire au dernier moment. Pis là, sous les yeux horrifiés des Parisiens, il se crissa dans le vide.

Franz Reichelt dans son costume-parachute. (Source : Wikimedia Commons)

Franz, qui jusque là gagnait ben sa vie en faisant des robes pour les madames autrichiennes en visite à Paris, eut dès 1910 le piton collé sur l’idée de patenter un parachute pour les pilotes en cas d’accident d’aéroplane à basse altitude.

En s’inspirant des chauves-souris, il se gossa un habit avec parachute intégré qu’il essaya plusieurs fois avec des mannequins qu’il tirait en bas du cinquième de son bloc-appartement à Paris.

Les résultats furent pas vargeux : les mannequins finissaient toujours par s’effoirer tout pétés dans la rue. Un m’ment’né, Franz lui-même sauta et survécut juste parce qu’il atterrit dans un tas de foin. Pourtant, le jeune Autrichien faisait sa tête de cochon et disait : « Si ça marche pas, c’est juste parce que je saute de pas assez haut; si j’avais cinquante ou cent mètres au lieu de vingt-cinq, ça marcherait, j’suis sûr! »

À force d’achaler les autorités, Franz eut la permission de tester son costume à partir de la première plateforme de la tour Eiffel. Il avait dit que ce serait avec un mannequin. Sauf que le matin de l’expérience, sans le dire à personne, il arriva avec le costume sur le dos, prêt à faire lui même le grand saut. Il se disait que ça fesserait en estie s’il réussissait : il aurait des offres de partout et sa fortune serait faite drette là.

Étrangement, les policiers firent pas grand cas de ce changement de programme et essayèrent même pas de l’empêcher de sauter. Sur le bord de la plateforme, à 57 mètres dans les airs, Franz se faisait aider par des amis pour déplier sa patente, ce qui prit quasiment une minute.

« Voyons, c’est ben long, se disaient les senteux au sol. Messemble que si t’es après tomber de ton aéroplane, t’as pas le temps de gosser de même! »

Franz avec sa patente, dépliée. (Source : Wikimedia Commons)

C’est alors que le tailleur s’élança comme un aigle dans l’air cru de février. Sauf que le vol du rapace vira assez vite en plongeon du fou de Bassan : les grands bouttes de toile du costume-parachute se replièrent sous leur inventeur, qui aussitôt prit de la vitesse et tomba à terre comme une roche.

Les policiers, les journalistes et les senteux se garrochèrent aussitôt vers son corps, rentré dans le sol de plus de six pouces de creux et couvert de sa patente comme d’un drap mortuaire. Y’avait plus rien à faire. Dans le fond, Franz avait raison : ça avait fessé en estie.


P. S. Pour les curieux, son plongeon a été filmé. Vous pouvez voir ça ici. Âmes sensibles s’abstenir, ben sûr.