Rappel des personnages
Ada : notre héroïne
Vic : la minoune
Vilhjalmur Stefansson : le commanditaire de l’expédition, explorateur célèbre
Allan Crawford : le jeune commandant canadien de l’expédition
Lorne Knight : le second; avait déjà été en expédition dans le Nord avec Stefansson
Fred Maurer : autre membre de l’expédition; avait déjà été en expédition dans le Nord avec Stefansson
Milton Galle : le jeune secrétaire de Stefansson
Partie I
C’tait pas toute, ça, là, mais nos explorateurs avaient un camp à monter.
Pendant 16 heures – j’vous niaise pas, là, 2 fois 8, 16 heures de suite –, y travaillèrent d’arrache-pied.
Y’avait pas d’arbres su l’île, mais heureusement, les plages de gravelle noire étaient couvertes de bois flotté. Ça f’rait du bon bois d’chauffage, mais pas juste ça : y ramassèrent les meilleures bouttes pour bâtir la charpente d’une cabane, qu’y accotèrent sur un flanc de colline escarpé – ça faisait un mur de moins à construire, pis c’tait meilleur pour l’isolation. Rendu à l’hiver, y pileraient de la neige tout autour pour bloquer encore plus le frette. Pis le toit, y le firent en mottes de gazon.
En avant, y construisirent un p’tit tambour où y mettraient le bois de chauffage pis d’autres affaires – parce qu’y a rien de pire que de devoir sortir de l’abri en bobettes en pleine tempête parce qu’y a pu rien à mettre dans l’poêle.
Pis en dedans, Ada cousit boutte à boutte deux tentes, une grande pis une plus petite, avec une porte entre les deux. Ça faisait deux chambres avec chacune un poêle à bois, une pour les quatre gars pis une pour Ada; celle-là allait aussi servir de cuisine. Pis la minoune, elle, a dormirait ben où c’qu’a voudrait.
Quand Crawford inspecta le matériel pis les provisions, y s’rendit compte qu’y manquait des affaires, pis c’qui s’était rendu était pas vargeux. Entre autres, les patates étaient toutes pourries pis les pruneaux étaient pleins de vers. Si quequ’un s’artrouvait constipé, y’allait d’voir s’arranger avec ses troubles.
Pis les 7 chiens de traîneau? Ouf. Y’étaient raides maigres pis toutes poqués.
Mais Crawford était tellement motivé qu’y avait rien pour le décourager, ni lui ni les autres.
Lui pis Galle, qui, j’vous rappelle, avaient 20 pis 19 ans – des bébés, tabarouette! –, y’étaient heureux comme des tits poulains au printemps : pour eux autres, c’tait la grande aventure, l’inconnu, les histoires qu’y allaient pouvoir raconter en arvenant à’maison!
Knight, qui l’avait eue roffe dins Territoires du Nord-Ouest avec Stefansson, se trouvait gras dur :
« Heille, chus comme su’l bord d’la piscine au Ritz, moé-là! Y’a plein d’oiseaux partout à manger, on a des PROVISIONS pis du BOIS DE CHAUFFAGE! »
Pis tant qu’à faire, moé, ça m’chicote depuis l’début : pourquoi Maurer, qui avait souffert le martyre su l’île Wrangel 5 ans avant, avait décidé d’y artourner? Surtout qu’y était fraîchement marié avec sa belle Delphine! Aux journalistes, que ça chicotait aussi, y’avait répondu :
« Ch’pense que ça peut être profitable, comme entreprise. Le Nord, c’est plein de ressources, pis y’a d’quoi à faire avec ça. Pis tsé, les grandes étendues d’neige pis d’glace, les aurores boréales, le soleil de minuit, ça t’marque un homme. J’ai l’goût d’arvoir ça. »
Mais, c’qu’y disait pas pis qui restait dans le p’tit cagibi intime de son cœur, c’est qu’y avait l’impression de s’être fait sacrer une volée par la nature, pis ça pouvait pas rester d’même; y voulait s’prouver à lui-même que, c’te fois-là, y’allait être capable de toffer la run.
Entécas, pour tu’suite, c’tait ben parti : y faisait beau; Crawford, Maurer pis Knight passaient leux journées à explorer l’île, à prendre des notes pis à ramasser des plantes pis des roches pour la science; Galle faisait l’chevreux à grimper montagnes et falaises, pis y se laissait pousser la barbe comme Sydney Crosby à ses premières séries d’la Ligue nationale.
Pendant c’temps-là, Ada cousait du linge pour l’hiver pis s’occupait des repas en chantonnant. A l’avait peur de mettre le nez dehors à cause des ours polaires, mais sinon, c’tait pas mal mieux qu’a pensait.
Le soir, y passaient queques heures relax ensemble. Y mangeaient des bonbons. Galle écrivait dans son journal. Knight composait des p’tits poèmes comiques. Crawford contait des jokes poches :
« Qu’est-ce que ça dit, un ours blanc, quand y va cogner chez ses amis, pis y répondent pas? “Y’ont polaire d’être là”. »
Vic, qu’y s’taient mis à appeler « la blette » parce qu’a allait sentir partout, se promenait dans l’camp, allait écœurer les chiens de traîneau, pis l’soir, a l’allait trouver un d’la gang dans son sleeping bag pour passer la nuitte au chaud.
Après une couple de s’maines, par’zempe, les gars armarquèrent qu’Ada commençait à changer.
Au début, c’tait une tite larme qui coulait icitte pis là. Pis ben vite, c’tait les gros sanglots.
Les gars essayaient d’être fins, tsé, comment ça va, qu’est-ce qu’y a, pis toute ça.
« J’m’ennuie de mon garçon pis de ma sœur », qu’a disait.
Mais là, Ada passait des grands bouttes à pas travailler, à fixer le mur pis à pas répondre quand on y parlait. Ça commençait à être moins drôle.
Quand a voyait les gars affûter leux couteaux ou nettoyer leux carabines, a les r’gardait avec des grands yeux ronds :
« Ch’sers à rien, chus yinque un embarras, qu’a pensait. Y vont me tuer pour se débarrasser d’moé. Une bouche de moins… »
Pis, j’vous avais dit qu’a l’avait une peur bleue des ours blancs; là, c’tait pire que jamais. A l’avait entendu dire que l’esprit que les Inuits appelaient Nanuq – le grand boss des ours polaires – était capable de savoir si quequ’un était riche ou pauvre, pis qu’y mangeait pas les pauvres.
« Mais là, chus riche à c’t’heure, s’disait Ada. J’gagne 50 $ par mois! Y pourrait venir me chercher! »
Pis là… A commença à faire les yeux doux à Crawford.
Tsé, Maurer parlait sa langue pis y’était fin avec elle, mais y’était vieux, un peu distant – pis marié.
Knight, Ada le trouvait presque aussi épeurant qu’un ours polaire, avec sa grosse voix. En plus, y’était pas patient.
Galle, c’tait comme un p’tit frère. A jouait aux cartes avec pis a y contait des histoires.
Crawford, par’zempe : y’était beau, élégant, patient, sophistiqué. Ada avait décidé, elle-là, qu’a l’allait le marier. A poussait des longs soupirs, a le lâchait pas d’une semelle, a l’complimentait, a s’pliait en 4 pour y faire plaisir…
Crawford savait pu où s’mettre; les autres gars trouvaient ça crampant pis l’écœuraient :
« Ouin, hein, Crawford, toé pis tes beaux yeux verts! »

Par-dessus l’marché, a l’avait pris l’habitude de disparaître. C’tait comme si l’yâble y brûlait l’tsour des pieds avec un chalumeau; fallait qu’a bouge, fallait qu’a l’aille queque part, où? N’importe où sauf icitte.
Une fois, a marcha tellement loin que les gars durent sortir le traîneau à chiens pour la rattraper pis la ramener au camp par le chignon du cou comme une floune qui voulait pas s’coucher l’soir. Une autre fois, a fit ses valises, prit l’bord des montagnes, pis arvint les mains vides sans donner d’explication.
Là, ch’peux pas vous dire c’qui s’passait vraiment dans’tête à Ada. Trop de stress? Trop de peine? Mal du pays boosté aux stéroïdes? C’tait comme si a savait pu où se jeter. Les gars comprenaient rien; pour eux autres, c’tait des caprices de créâture. Pis là, y commençaient à perdre patience.
Y’avaient besoin qu’a travaille; ça leu prenait du linge pour l’hiver, pis au plus sacrant! Y’essayèrent d’la priver de souper, d’y lire des versets d’la Bible sur les vertus du travail pour la faire sentir cheap, Knight l’attacha même après un poteau dehors pendant des heures, mais y’a rien qui faisait. A cousait une manche par icitte, un capuchon par là, pis a r’commençait à fixer l’mur en braillant.
Entre-temps, le soleil avait arrêté de se l’ver, pis y’artrousserait pas avant un bon 2 mois. Le paysage s’tait couvert de neige pis la banquise se formait tranquillement. Ada avait décidé qu’a voulait être tu’seule, faique a s’construisit un igloo pis alla vivre dedans. Mais ça dura pas.
Un matin où y gelait à pierre fendre, a s’pointa à la cabane. Knight la laissa rentrer.
A s’assit pis, comme d’habitude, a s’embarra dans son silence.
« Si tu travailles pas, tu vas encore coucher dehors », dit Knight.
Ada eut l’air de penser à son affaire. Dehors, le vent hurlait comme un perdu.
— Ok. De quoi t’as besoin?
— Des mitaines pis des bas, répondit Knight.
Ada sortit son kit de couture pis s’mit à l’ouvrage. A leva à peine la tête jusqu’au souper.
À partir de là, ce fut comme le jour pis la nuitte.
Ada se levait à 6 h du matin pour faire du pain. A cuisinait, a lavait la vaisselle pis le linge, a tannait les peaux d’bêtes pis a cousait, toute en chantonnant pis en souriant. Pis, heille, a l’essayait même pu de séduire Crawford! Après trois mois de cauchemar, Ada avait enfin artrouvé ses esprits, aussi mystérieusement qu’a les avait perdus.
Le Nord, c’est roffe pour le mental.
Puis vint l’temps des Fêtes. À Noël, Ada pis les gars passèrent une belle p’tite journée relax à s’bourrer dans l’pain pis l’beurre, le gâteau pis l’café, pis y jouèrent au poker en gageant des cigarettes.
Y passèrent le reste de l’hiver en marmottes, blottis dans leu trou, sans trop d’misère, à part qu’y s’artenaient pour pas faire la danse de Saint-Guy, que ça leu piquait à des places – y’avait pas de douche, hein! – pis que des fois, y’étaient un peu tannés de toujours voir les mêmes faces.
Y’avaient des provisions pis du bois en masse, pis y réussissaient à avoir un peu de viande fraîche grâce à la chasse pis la trappe. Y’eurent une couple de visites d’ours polaires, mais heureusement, personne se fit manger; y réussirent même à en tuer queques-uns.
Le 25 janvier, le soleil arsoudit enfin au-dessus de l’horizon, la bouche pâteuse pis les yeux cernés : le premier signe du printemps. Mais, 4 heures plus tard, y s’arcouchait déjà, pis ça allait prendre une bonne secousse encore avant qu’y ait des journées pour vrai, pas juste des agace-levers.
Entécas, la longue nuitte à Ada avait l’air finie : son moral tenait bon. A l’avait abandonné l’idée de devenir Mme Crawford – tsé, a l’aurait marié demain matin, avec une vertèbre de morse comme alliance, si y fallait, mais a l’avait compris qu’a rendait tout le monde mal à l’aise pis que c’tait un amour impossible.
En février, la température baissa souvent jusqu’à -40 pis les tempêtes se déchaînaient des jours de temps. Si nos explorateurs restaient pas collés à ras l’poêle, y gelaient.
En mars, y s’mit à faire un peu moins frette – une journée, la température monta jusqu’à -6, heille! Dire qu’y avaient pas apporté leux gougounes!
En avril, y ventait à écorner les bœufs, pis c’tait comme si la faune au complet avait décidé de sacrer son camp de l’île : les gars pognaient RIEN. Y’avait yinque des phoques qui s’doraient l’péteux su’a glace, hors de portée des carabines, pis un corbeau qui venait virer au-dessus de leu camp, comme pour les écoeurer.
C’est yinque quand un des chiens mourut de convulsions – pauvre pitou – pis qu’y mirent la carcasse à côté des pièges qu’y pognèrent une couple de renards.
En mai, la neige s’tait mis à fondre, même si y’en tombait encore de temps en temps. Ça, ça voulait dire que les murs de neige de leu cabane s’taient mis à fondre aussi, pis, là, y’étaient rendus l’derrière dans l’eau.
Y déménagèrent tout leu stock dans des tentes. C’tait moins confortable que leu cabane avait été, mais c’tait pas grave : ben vite, ça allait être le mois de juin, pis le bateau qui viendrait les chercher arriverait d’un jour à l’autre.
À partir de là, y s’mirent à regarder l’horizon dans l’espoir de voir une tite fumée.
Juin passa au complet. Rien.
En juillet, la glace avait complètement disparu, pis c’tait yinque de l’eau libre à perte de vue. Pourtant, toujours rien.
À’mi-septembre, la glace avait commencé à s’répandre sur la mer, faique la gang dut s’rendre à l’évidence : y’aurait pas de bateau. Entécas, pas c’t’année.
Depuis des mois, Ada, Crawford, Knight, Maurer pis Galle avaient les cordes du cœur toutes tendues vers le moment où, enfin, y pourraient rentrer chez eux. Pis là, shlak : y v’naient de s’faire couper ça ben net.
Crawford, qui était géologue de formation, sentait qu’y avait fait c’qu’y avait à faire su l’île Wrangel. Y s’voyait déjà en train d’étudier des roches de d’autres places, mais là, y’allait yinque voir les mêmes vieilles garnottes pendant encore 10 mois. Y s’ennuyait de sa mère pis de sa sœur, aussi.
Knight pis Galle parlaient tout le temps de leu famille. Maurer rêvait à sa femme pis avait tellement hâte d’y raconter ses aventures!
Pis Ada, a l’avait commencé à s’ennuyer de son garçon avant même de partir, faique imaginez le coup de 2 par 4 su’l moral que ça dut être.
Y’avaient pas l’choix : fallaient qu’y s’arvirent de d’bord pis s’organisent pour passer un autre hiver.
La première affaire, c’tait de déplacer le camp. Y’avaient toute pris l’bois d’un rayon de 5 km, faique c’tait plus simple de rapprocher le camp du bois que de rapprocher l’bois du camp.
Après ça, y’allaient devoir commencer à rationner. Y leu restait pu de patates, pu de bines, pu de gruau; y’avaient juste 3-4 tranches de bacon rance, du riz, un ti peu de sucre, du thé, du café pis du biscuit de marin, un genre de galette qui goûte rien pis qui est dure à s’en péter les palettes.
La vie continuait, mais y’avait comme une lourdeur su toute le camp; y’avait juste la minoune qui trottait comme si de rien n’était, les oreilles dins airs pis la queue en point d’interrogation.
Ada et la gang commençaient à être maganés du corps, en plus : Ada avait mal au dos, Crawford à une main, Galle avait un ulcère dans la bouche, Maurer se sentait mou comme une vieille guénille essorée…
Knight, c’tait plus inquiétant : au début, y pensait que c’tait juste des rhumatismes, mais là, y’avait tellement mal, surtout à’hanche, qu’y passait le plus clair de son temps couché. Y se sentait inutile pis ça le faisait chier sans bon sens.
Pis un m’ment’né, y se dit :
« Coudonc, ça s’rait-tu le scorbut qui arvient? »
Tsé, à p’tite école, y nous faisaient ben peur avec le scorbut pis Jacques Cartier pis les dents qui tombent pis les gencives qui coulent à terre. Ben Knight, y’avait eu drette ça pendant son baroudage avec Stefansson. C’tait pas drôle pantoute. Pis en plus, tsé, dans l’Grand Nord, y’a pas d’arbres, faique pas de tisane aux épines de conifères comme les Premières Nations faisaient – Stefansson l’avait sauvé avec des langues de caribou, qui sont bourrées de vitamine C.
Mais là, y’avait pas un maudit caribou, ni de phoques, ni de renards, ni d’ours, ni rien. Knight dit rien à personne, en espérant que ça passe, mais Ada pis les trois autres se doutaient ben que queque chose allait pas.
Le deuxième temps des Fêtes su l’île Wrangel avait rien de festif pour personne. Les quatre se gâtèrent avec un restant de viande de phoque salée pis une ration supplémentaire de biscuit de marin – de quoi s’péter les canines, à défaut de s’péter la face au gros gin.
Ada, surtout, avait le motton :
« J’vas-tu être encore vivante au prochain Noël? J’vas-tu être à Nome avec Bennet ou ben encore pognée icitte? »
Le 21 janvier 1923, y faisait -46 pis le soleil se l’vait pour la première fois de l’année. Pis Crawford avait pris une décision.
« Comme vous l’savez, ben vite, on aura pu rien à manger à part du thé pis d’la peau d’morse. Y’a 7 ans, le brave capitaine Bartlett a réussi à faire la traversée d’icitte à la Sibérie pis à aller chercher des secours à Nome. J’vois pas pourquoi on s’rait pas capable de faire pareil. On va partir moé, Maurer, pis Galle. Knight, tu vas rester icitte avec Ada. Pis comme on peut pas s’permettre d’attendre le printemps, on va commencer à s’préparer drette là pis partir dès qu’on peut. »
Knight était d’accord avec ça; en faite, c’tait son idée : y’était convaincu qu’y pourraient pas survivre en restant toute la gang au camp. C’qui le gossait, c’est que l’monde allait mémérer en apprenant qu’y était resté tu’seul avec une femme, inuite en plus!
Maurer, lui, savait par expérience que c’tait pas une bonne idée :
« La banquise, là, c’est pas lisse pis plate comme une patinoire d’aréna; ça bouge pis ça change tout l’temps; t’es toujours à une craque dans’glace de disparaître pour toujours. On s’rait ben mieux d’rester icitte. Stefansson nous a pas oubliés, là, tsé, y’a sûrement eu un problème. »
Mais y ferma sa gueule. Y savait qu’y avait rien à faire pour que Crawford change d’idée.
Galle dit rien non plus; y savait ben que son avis avait pas d’poids. Pour lui, ça prenait pas la tête à Papineau pour savoir que la traversée était hyper dangereuse. En plus, y’était rendu ben attaché à Ada, pis y’avait l’impression de l’abandonner.
Mais, les deux allaient suivre les ordres.
Ada, sa job, c’tait de préparer le linge des gars pour leu voyage. A travaillait vite pis ben, l’air sérieux, sans dire un mot. A l’avait encore peur de Knight pis a l’avait vraiment pas hâte de s’artrouver tu’seule avec lui.
Le 29 janvier, par une belle journée douce pis sans nuages, les gars embarquèrent leu stock su l’traîneau, attelèrent les 5 derniers chiens chétis qui leu restaient, pis firent leux adieux.
Pis tandis qu’y disparaissaient à l’horizon, Ada se d’mandait si a les arverrait un jour. Pis dans le silence qui tomba su’l camp, a s’ennuyait déjà d’eux autres.
Source : Jennifer Niven, Ada Blackjack, A True Story of Survival in the Arctic, 2003.