Guillaume le Conquérant – partie 2

Faique avant de partir à Jérusalem, contre l’avis de ses conseillers qui trouvaient que ça n’avait pas de bon sens, Robert fit jurer à tous les seigneurs normands de reconnaître Ti-Yaume comme son héritier légitime.

C’était ben beau quand Robert était en vie, mais quand les seigneurs apprirent qu’il avait pété au frette en Turquie, Ti-Yaume n’avait que sept ou huit ans, et le bordel pogna dans le duché : on se rebella, on s’entretua, on assassina les tuteurs de Ti-Yaume. Pendant une maudite secousse, le pauvre garçon dut se cacher chez l’habitant pour éviter d’y passer lui-même.

Enfin, en 1047, Guillaume (parce qu’à ce moment-là, il était rendu plus très « ti ») décida que c’était fini, le niaisage, et défonça les rebelles. À partir de là, il put commencer à renforcer son pouvoir de duc de Normandie, en commençant par marier une fille de noble lignée : Mathilde de Flandre.

Or, d’après la légende, quand Guillaume la demanda en mariage, sa réaction aurait été de l’ordre de « Ark, pas un bâtard! » et donc, en beau tabarnak, il l’aurait jetée à terre en la tirant par les tresses et lui aurait sacré une volée. Le père de Mathilde, voyant ça, allait le zigouiller, mais la belle, qui soit avait mangé un coup de trop, soit avait un faible pour les gros épais violents, aurait dit à son père de serrer son épée, car elle n’en marierait pas d’autre que lui.

On retrouve cette histoire dans une trâlée de documents anciens, mais ça serait pas mal du placotage de monde jaloux. Guillaume et Mathilde ont été ensemble pendant plus de 30 ans, ont eu neuf enfants, et Monsieur faisait assez confiance à Madame pour la laisser porter ses culottes en Normandie quand il partait guerroyer au diable au vert. En plus, Guillaume, contrairement à son père, n’aurait jamais sauté la clôture.

Pendant les années qui ont suivi, Guillaume a passé son temps à écrapoutir des rebelles et des prétendants, mais ça ne l’a pas empêché d’avoir l’œil sur l’autre côté de la Manche.

Voyez-vous, là-bas, le roi Édouard le Confesseur était pas mal sur la fin, et il n’avait pas d’héritier. Le roi avait promis à Harold Godwinson, un puissant seigneur anglais (et aussi son beau-frère), qu’il allait le nommer comme successeur.

Mais Guillaume, lui, se mit dans l’idée, fouillez-moi pourquoi, qu’il avait d’affaire sur le trône d’Angleterre parce qu’Édouard le Confesseur était le fils de sa grand-tante du bord de son père, donc son cousin de la fesse gauche. Et semblerait-il qu’Édouard lui avait promis, à lui aussi, sa succession. Malaise.

(Il y avait un autre prétendant au trône, un neveu d’Édouard, mais il se fit tasser assez sec : quelques semaines après son retour d’exil, il était déjà mort, pauvre ‘tit.)

Donc! Un roi mourant. Deux prétendants. La marde était sur le bord de pogner.

On s’en reparle à l’épisode 3.

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