La Guerre des Deux-Roses, partie VI : Les deux p’tits princes dans’tour

Avant la Guerre des Deux-Roses, partie I
Avant la Guerre des Deux-Roses, partie II
La Guerre des Deux-Roses, partie I
La Guerre des Deux-Roses, partie II
La Guerre des Deux-Roses, partie III
La Guerre des Deux-Roses, partie IV
La Guerre des Deux-Roses, partie V

Arvenons du bord d’Édouard IV pis de sa reine Élizabeth Woodville. 

Sept ans après la bataille de Tewkesbury, Édouard était ben peinard su’l trône d’Angleterre depuis assez longtemps pour s’être faite une belle grosse empreinte de fesses. 

Mais ça veut pas dire que toute allait ben Madame la Marquise. 

« Georges, ciboire, là j’en ai mon câlisse de voyage de tes niaiseries pis de tes crises de bacon. C’t’assez. Ch’te condamne à mort. »

Georges, duc de Clarence, le frère York du milieu entre Édouard pis Richard, duc de Gloucester, avait toujours été un bébé gâté pas capable d’attendre son tour. Vous vous rappelez, là, quand y’avait voulu être roi à la place d’Édouard pis qu’y avait embarqué contre lui avec Warwick?

Par après, comme y’était marié avec Isabelle, la fille à Warwick, pis qu’y était pas capable d’attendre que sa belle-mère pète au frette pour ramasser l’héritage, ben y l’avait faite déclarer LÉGALEMENT MORTE. Le genre de passe qui fait un frette au réveillon. 

Après ça, Isabelle est morte, faique Georges a voulu s’armarier avec Marie, la jeune duchesse de Bourgogne – pis l’héritière la plus riche de toute l’Europe –, mais Édouard y dit non. Finalement, c’tait aussi ben, parce que Marie est morte quatre ans plus tard quand son ch’fal s’est enfargé, l’a faite arvoler d’une calvette, y’est tombé dessus pis y’a cassé le dos.

Mais bon. Georges, c’tait pas un devin, pis su’l coup, y’était en tabarnak. Édouard avait des raisons politiques d’y dire non, mais Georges le prit personnel. Y quitta la cour fâché noir pis s’en alla dans ses domaines, où y’arcommença à manigancer contre Édouard pis sa famille. 

La reine Élizabeth était ben stressée :

—Édouard… Nos gars sont encore trop p’tits, pis si y t’arrivait d’quoi… On s’ra jamais en sécurité tant que Georges va être là à te jouer dans l’dos!
— Je l’sais, Bebé… Va falloir que ch’fasse de quoi. 

Selon la légende, Georges a pu choisir comment y’allait être exécuté, pis y fut nèyé dans un tonneau d’vin. 

Après ça, Édouard pis Élizabeth purent dormir su leux deux oreilles. Y restait yinque Richard, le plus jeune des frères York, pis y’avait toujours été ben loyal.  

Sauf que l’malheur était jamais ben loin, caché en arrière des tapisseries à écornifler pis à s’frotter les mains en pensant aux coups d’cochon qu’y allait faire. 

Cinq ans plus tard, Édouard mourut à l’âge de 40 ans. On sait pas trop de quoi, mais on pense que c’tait une pneumonie. C’est sûr que ces dernières années, y s’tait lâché lousse pas mal : trop de femmes, trop bouffe, trop de boisson. Y’avait engraissé sans bon sens – tsé, y’avait pris l’habitude de s’faire vomir en plein banquet, histoire de s’faire d’la place pour manger plus. 

Peu importe pourquoi y’est mort, là, Édouard, son fils de 12 ans, allait y succéder. 

C’tait un moment délicat, comme quand Mémère Poêle sépare ses blancs d’œufs pour faire d’la m’ringue. La couronne allait-tu passer su’a tête du p’tit sans qu’y aye de trouble?

Drette tu’suite, Élizabeth écrivit à son frère à elle, Antoine Woodville, comte Rivers, qui était le tuteur au p’tit Édouard. A y dit d’amener Édouard à Londres au plus sacrant, gardé par 2 000 hommes. 

Pendant c’temps-là, Richard, duc de Gloucester, le mononcle du p’tit Édouard, était su ses terres, dans l’nord de l’Angleterre. Quand y’apprit que son frére était rendu six pieds sous terre, y’écrit à Élizabeth : 

« Chère Belle-Sœur, 

J’viens d’apprendre la nouvelle. Toutes mes sympathies. Mon cœur saigne avec toé.
Soye assurée, Madame, que j’vais être super loyal à ton p’tit gars, not’nouveau roi. Y’aura pas plusse loyal que moé. Genre, j’me crisserais d’un trou d’bouette pour qu’y puisse traverser sans salir ses chouclaques. 

Veuille agréer, Élizabeth, mes sentiments les plusse graissés de larmes.

                                                                                                                             Richard »

Après ça, y’écrit au frére à Élizabeth : 

« Ti-Toine, mon chum, 

J’ai su qu’t’allais escorter le p’tit jusqu’à Londres. C’tu dirais de t’ça si on s’rencontrait, genre, dans l’boutte de Northampton, pis qu’on faisait l’reste d’la route ensemble? On va t’escorter ça, c’te p’tit roi-là! 

Bien à toé, 

                                                                                                                            Richard »

Y’était-tu don d’adon, Mononc’Richard! 

Faique Richard, Antoine pis Richard Grey, un des deux gars qu’Élizabeth avait eus avec son premier mari, s’rencontrèrent à Northampton. Le soir, y firent le party ensemble avec le duc de Buckingham, pis toute allait ben. 

Sauf que, drette le lendemain, Richard fit arrêter l’frére pis l’fils à Élizabeth sous prétexte que… En faite, y se bâdra même pas avec un prétexte. Richard avait peur que les Woodville, la famille à Élizabeth, prennent le contrôle du royaume en passant par le p’tit Édouard, qui avait été élevé par eux-autres. Pour éviter de se faire tasser du pouvoir, y fit exécuter Antoine pis Richard-le-fils-à Élizabeth sans procès pis partit pour Londres avec le mini roi qui capotait ben raide. 

Quand toute ça arriva aux oreilles à Élizabeth, a vit arriver la marde à 100 milles à l’heure. Tu’suite, a reprit son vieux réflexe pis clancha se réfugier à l’abbaye de Westminster avec son deuxième gars – un autre Richard, bazouelle! – pis ses cinq filles, Élizabeth, Cécile, Anne, Catherine pis Brigitte. 

Quand Richard arriva à Londres avec le p’tit Édouard, y’avait toutes les apparences d’un bon mononcle qui faisait yinque veiller sur les intérêts de son n’veu. Y le traitait avec toutes les égards qui y’étaient dûs en tant que roi, pis y se fit nommer lord protecteur par le conseil royal. Y r’mit le couronnement, prévu pour le 4 mai, au 22 juin, mais autrement, toute était beau pis toute se passait normalement. 

Sauf que, pas longtemps après, Richard-le-mononcle fit une autre passe croche : y fit arrêter Lord Hastings – qui était pourtant un allié pur et dur des York depuis l’début – pis l’fit exécuter sans procès dans’cour en arrière, entre deux chaises de patio.

Ça, c’tait louche en maudit.

Richard l’accusait d’avoir comploté contre lui avec Élizabeth, mais ça avait tellement pas d’sens que tout l’monde à l’époque étaient comme : 

« Heille, Ritch, tu nous prends-tu pour des valises? » 

Hastings avait jamais aimé Élizabeth, faique ça aurait été surprenant qui s’mette à grenouiller avec, mais y’avait toujours été deux pouces en arrière d’Édouard-père avec un gros doigt en styrofoam écrit « No 1 » dessus. La seule raison que Richard aurait eu de le faire exécuter, c’est qu’y savait qu’y était fidèle jusqu’au boutte du gros orteil à Édouard-fils, pis qu’y était capable de ramasser une grosse armée su ses terres des Midlands si y se brassait du trouble… Mettons… Mettons que Richard décidait de tasser le p’tit pour prendre sa place. J’dis ça, j’dis rien, mais clairement, Richard était après placer ses pions. 

Après ça, Richard-le-mononcle envoya l’archevêque de Canterbury pour essayer d’convaincre Élizabeth d’y donner Richard-son-neveu :

— C’est pour sa PROTECTION, Madame. Soyez don raisonnable.
— Non.
— Tsé, vot’fils, y peut pas demander l’asile dans une église, y’a même pas commis d’crime!
— Pis? Y’est avec moé, pis c’est ça. J’vois pas pourquoi on pourrait pas demander la protection de l’Église quand ça brasse de même pis qu’on sait pas c’qui va nous arriver!
— Mais là, pensez un peu à Édouard, y s’ennuie de son p’tit frère! Y’a pu parsonne pour jouer!
— Ce problème-là, c’est pas dur à régler : ardonnez-moé Édouard, pis y vont être ensemble, franchement!
— Madame, j’comprends pas pourquoi vous êtes prime de même. Le lord protecteur veut juste…
— Votre lord protecteur, y peut ben manger d’la m—
— MADAME! Vous capotez, là, pis vous voyez du danger partout. Là, vous allez vous calmer les nerfs pis m’faire confiance : j’vas m’assurer personnellement qu’y arrive rien au p’tit. J’essaye de vous aider, là, pis si vous voulez pas être raisonnable, ben ça va être la dernière fois!

Élizabeth se tourna d’bord pis se mit à réfléchir. A savait ben que si Richard-le-mononcle voulait prendre le p’tit par la force, y’avait rien pour l’empêcher de l’faire. Les larmes aux yeux, a laissa Richard-son-fils, qui avait à peine neuf ans, aller avec l’archevêque. Mais avant que le bonhomme parte, a put pas s’empêcher d’y lâcher une dernière craque : 

« Vous dites que j’grimpe dins rideaux pour rien, mais ben vite, vous allez voir que c’est vous-autres qui dormez au gaz! »

Six jours après, Ralph Shaa, un frère franciscain, fit un sermon dans’cour d’la cathédrale Saint-Paul, à Londres. Là, y sortit un scandale digne d’Écho-Vedettes : le mariage entre le roi Édouard pis la reine Élizabeth était pas valide, parce qu’avant de la rencontrer, Édouard avait promis à une certaine Éléonore Butler de la marier, probablement yinque pour forniquer avec. Tant qu’à lui, c’te promesse-là était aussi bonne qu’un mariage en avant d’un curé, faique Édouard avait commis l’adultère avec Élizabeth, pis toutes leux enfants étaient des bâtards. 

Ça, probablement que Georges, duc de Clarence, le savait, pis y menaçait de s’ouvrir la trappe; c’est peut-être pour ça qu’Édouard avait été pas mal pressé d’le faire exécuter.

Ça prenait pas la tête à Papineau pour comprendre où c’que ça s’en allait, toute ça : si les flos à Édouard étaient des bâtards, ben l’héritier légitime du trône, c’tait Mononc’Richard. 

La semaine d’après, le duc de Buckingham fit un discours en avant des grands seigneurs du royaume, qui finit par : 

« Faique, on déshérite-tu les deux flos pis on invite-tu Richard à devenir roi? »

Les autres nobles, sachant c’qui était arrivé à Lord Hastings, avaient pas pantoute envie de mettre leux gosses su’a table pour le p’tit Édouard. Y prirent toute leu trou pis firent exactement c’que Buckingham avait d’mandé. 

C’te faux-cul d’Richard se fit pas trop prier : 

« Moi? Roi? Honn, voyons don, c’est trop, là, j’le mérite pas, vous m’gênez, là! Mais bon, si vous pensez que j’frais un bon roi, chus qui pour vous contredire? Vous insistez tellement, vous m’donnez pas l’choix d’dire oui! » 

Faique, trois mois après la mort d’Édouard, l’plus jeune de ses fréres était couronné sous l’nom de Richard III à l’abbaye de Westminster. 

Élizabeth était juste à côté, dans’maison de l’abbé, pis a pouvait entendre les acclamations pis les cris d’joie. Ça y prenait toute pour pas crisser une table à terre pis casser d’la vaisselle. Tsé, du jour au lendemain, a l’avait pardu son mari, sa couronne, sa sécurité, son frére, son fils, pis…

Pis ses deux p’tits gars, Édouard pis Richard, ben… C’est ben d’valeur, mais on sait juste pas c’qui leux est arrivé. Y’avaient été mis dans la tour de Londres, pis au début, on les voyait jouer dans’cour. Après un boutte, y’ont arrêté de sortir, mais on les voyait quand même par la f’nêtre de leu chambre de temps en temps. Pis un m’ment’né, ben… Y’étaient juste pu là. 

Dans l’temps, tout l’monde disaient qu’y avaient aucune idée de comment y’avaient disparu, Richard III l’premier : 

« Hein, sont pu là? Tu parles, toé, pardre deux p’tits gars dans’tour de Londres! Faut l’faire! C’est-tu bizarre! »

Pis c’est quasiment impossible qu’Élizabeth aye jamais su c’qu’y était advenu de ses gars. Y’en a qui disent qu’a faisait semblant de pas savoir, parce qu’a l’avait faite un deal avec Richard-le-mononcle pour les cacher à queque’part. 

Mais tsé, c’est ben possible aussi que Richard III les aye faite tuer. Après toute, c’tait la meilleure façon d’être sûr qu’y puissent pu y nuire.  On l’saura probablement juste jamais. 

L’temps passait, pis Élizabeth était toujours pognée dans son sanctuaire. A savait pu quoi faire : toutes ses cartes avaient été jouées pour rien, pis l’chien de sa famille avait l’air pas mal mort. Sauf qu’un jour, son docteur, Lewis de Caerleon, vint la voir pour un examen d’routine, rien d’excitant. Jamais qu’Élizabeth se serait attendue à c’qui y dise de quoi qui allait toute changer :  

« Madame, aujourd’hui, j’viens avec un message de mon autre patiente, Madame Marguerite Beaufort. A l’a un deal à vous proposer. »  

La suite icitte!


Sources : Desmond Seward, The Demon’s Brood : The Plantagenêt Dynasty that Forged the English Nation, 2014.
Philippa Gregory et David Baldwin, The Women of the Cousin’s War, 2011.

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La Guerre des Deux-Roses, partie III – Des amours qui font du trouble

Avant la Guerre des Deux-Roses, partie I
Avant la Guerre des Deux-Roses, partie II
La Guerre des Deux-Roses, partie I
La Guerre des Deux-Roses, partie II

Ernest Board, King Edward IV and His Queen, Elizabeth Woodville at Reading Abbey, 1464

Qui qui veut le darnier morceau d’sucre à’crème avant qu’on r’commence? Toé? Aweille, gâte-toé mon pit! 

Bon. 

Faique là, pendant qu’Henri VI, Marguerite pis leur p’tit gars étaient réfugiés en Écosse, Édouard, avec son air de jeune premier, était su son erre d’aller, comme Pierre Lambert qui vient de gagner la coupe Stanley dans Lance et Compte. 

Ben sûr, un ti peu partout, y restait des poches de monde fidèles à Henri, faique y dut passer une couple d’années à se promener dans l’royaume pour effoirer les têtes de cochon qui refusaient encore de l’accepter comme roi. Mais à part ça, avec Warwick qui s’occupait des affaires politiques pis diplomatiques, ça allait pas pire ben. 

C’qu’Édouard savait pas, par’zempe, c’est qu’y s’apprêtait à faire une rencontre qui allait foutre le bordel dans ses culottes, dans son cœur, dans sa relation avec Warwick pis dans l’royaume au complet. 

Un jour, notre jeune roi passa par chez Richard Woodville, un p’tit chevalier de campagne pas trop important qui avait faite la guerre du bord des Lancastriens, mais qui avait juré fidélité à Édouard par après. Avec sa femme Jacquette – oui, Jacquette; au moins, c’tait pas Bobette – y’avait 12 enfants. Dans un temps où accoucher, c’tait comme jouer à la roulette russe, pis que les flos mouraient aussi facilement que des minous d’grange, c’tait un exploit. 

La plus vieille, Élizabeth, était veuve avec deux p’tits gars. Mais là, par « veuve », pensez pas « vieille fripée » : elle avait 26 ans pis c’était une belle blonde au regard de renarde. Quand Édouard l’aperçut, la yeule y tomba à terre :

« WATATATOW! Méchant pétard! J’y f’rais pas mal en estie! »

Faut dire qu’Édouard était un coureux de galipote de classe mondiale. Y s’arrêtait JAMAIS, y’était TOUJOURS fourré quelque part, pis y s’interdisait AUCUNE bassesse pour avoir c’qui voulait, jusqu’à promettre le mariage contre une petite culbute prémaritale avant de domper prestement la pauvre dame en peine. Pis là, le zuiz royal pointait impérieusement en direction d’la belle Élizabeth comme un bâton de sourcier vers une arsource. 

Habitué d’avoir c’qui voulait, notre courailleux couronné essaya ses tactiques habituelles : 

— Chère madame, ça vous tenterait-tu de passer par ma chambre après souper, pis, tsé veut dire?
— Vot’Majesté, vous m’honorez pis toute, mais, non merci.
— J’ai mon voyage! Comment ça, don?
— Faut que je couche les p’tits, là, pis j’ai des affaires à faire.
— Les servantes s’en occuperont! Bebé, envoye don!
— Vot’Majesté, j’m’excuse, mais c’est non.
— T’es pas barrée en crisse de me dire non! Chus ton roi, tsé.
— Ben c’est justement! Chus yinque la fille d’un chevalier, mais même si chus trop humble pour être votre reine, chus trop bonne pour être votre guidoune! 

Édouard resta frette en astie, mais y’avait compris le message. Pis comme les gosses étaient sur le bord d’y exploser, y maria secrètement Élizabeth pendant une p’tite cérémonie avec yinque le curé pis la mère de la mariée. Secrètement, parce qu’y savait que ça f’rait pas plaisir à son cousin Warwick. Tellement que quand y l’arvit, cinq mois après son mariage avec Élizabeth, y l’avait pas encore dit à parsonne. 

— Heille Édouard! Tu crairas pas à ça! Ch’t’ai trouvé un christi d’bon parti pour ton mariage! A s’appelle Bonne, c’est la fille du duc de Savoie pis c’est la belle-sœur du roi d’France, faique a l’a les relations qu’y faut pis toute! C’est malade!
— Ouin, euh, Ritch? Faut j’te dise de quoi…
— Hein? — C’parce que… Chus déjà marié.
— QUOI?!

Hih cibole. Warwick était en TABARNAK. 

« Voyons donc! Qu’est-cé qui t’a passé par la tête? La fille d’un CHEVALIER! Pourquoi t’as pas marié la fille qui torche les planchers, tant qu’à faire? C’tu une sorcière pis a t’a jeté un sort, coudonc? En plus, là j’ai l’air d’un astie d’cave en avant du roi d’France pis du duc de Savoie! Qu’est-cé qu’mas leu dire, là? »

Fâché ou pas, y dut avaler son étron. Élizabeth était là pour rester. Ça serait p’t-être pas allé plus loin si Élizabeth avait pas eu une christie de grosse famille.

Tsé, quand un roi a yinque une couple de beaux-frères pis de belles-sœurs, y’en nomme un comte de quequ’chose pis y’en marie une au duc de d’quoi d’autre, pis tout le monde est content. Mais là, avec 11 frères et sœurs à accommoder, ça commençait à faire pas mal de monde qui s’pognent toutes les richesses pis les privilèges, bourdonnent autour du roi pis sapent l’influence à Warwick. 

Premièrement, Jean, le frère de 19 ans à Élizabeth, se maria avec la duchesse douairière de Norfolk, une increvable madame de 60 ans, déjà trois fois veuve pis crissement riche. Warwick fut ben choqué, parce que la duchesse se trouvait à être sa matante, pis vu qu’y avait pas de fils, y’avait espéré ramasser l’motton en la mariant avec son neveu. 

Deuxièmement, Warwick avait dans l’idée de marier Isabelle, sa plus vieille fille, avec le duc de Buckingham, mais à la place, Édouard décida de le marier avec Katherine, la p’tite sœur à Élizabeth. Comble de la claque su’a yeule, Édouard refusa de laisser Warwick marier Isabelle avec Georges, duc de Clarence, son frère pis l’héritier du trône tant qu’Élizabeth accoucherait pas d’un gars.

Troisièmement, Édouard décida de slaquer l’archevêque d’York – frère de Warwick – de sa job de chancelier.  

Pis finalement, Édouard décida de marier sa sœur Marguerite avec le duc de Bourgogne, l’ennemi juré du roi de France, tandis que Warwick voulait une alliance avec les Français. 

« Heille, ça va faire, là! P’tit crisse d’ingrat! J’fais un fou d’moé jusqu’en France à cause de lui! C’est moé, MOÉ qui l’a mis su’l’trône pis c’est d’même qui m’armarcie? C’est les asties de Woodville qui l’ont monté contre moé! C’tes maudits parvenus-là, y vont savouère c’est qui l’boss icitte! » 

Faique Warwick se lança dans une série de magouilles pour arprendre le contrôle. 

Y commença par attiser une rébellion dans l’nord du royaume. Pendant qu’Édouard n’avait plein les bras avec ça, y’en profita pour marier sa fille Isabelle avec Georges, comme y’avait voulu. Après ça, y s’en alla arjoindre les rebelles.

À la bataille d’Edgecote, l’armée à Édouard fut effoirée, pis lui y fut capturé. Le père pis le frère à Élizabeth – le même qui avait marié la vieille duchesse, là – furent décapités. Clairement, Warwick s’était gâté :

« Quins mes asties! C’est ça qui arrive quand on reste pas à sa place dans’vie! »

Mais bon. La rébellion fut un pétard mouillé, pis Warwick, voyant que sans le roi, l’bordel pognait solide dans le royaume, y’eut pas trop l’choix de le libérer après y’avoir fait promettre de faire c’qu’y disait à l’avenir. Là, c’tait au tour d’Élizabeth d’avaler son étron : 

— Ben voyons, Édouard! Y se rebelle contre toé, y tue mon père pis mon frère, y t’enferme, pis toé, tu le laisses faire pis toute est beau? Pis ton codinque de frére, là, qui s’marie dans ton dos!
— Coute ben, ma femme, c’tu veux que ch’fasse? Y’est trop fort. Si y s’arvire contre moé pour vrai, pas sûr que j’vas être capable de gagner; y’a encore trop d’monde de fidèle à Henri, surtout dans l’nord. On va être fins un boutte, là, l’temps d’l’amadouer, pis après ça ça va être correct. Pis pour Georges, là, t’aussi ben de t’nir ça mort. C’qui est faite est faite, hein?
— Ciboire, messemble de m’voir, après faire des risettes à Warwick pis à sa femme comme si y’était rien arrivé!

Sauf que Warwick était toujours pas content. Même pas un an après, y s’armit à grenouiller.

Quand une autre rébellion éclata, le roi se méfia même pas pis demanda à son cousin pis à son frère de rassembler des troupes pour aller river le clou aux rebelles. Warwick avait le même plan que la fois d’avant, sauf que là, y voulait mettre Georges à la place d’Édouard su’l trône. Mais là, Lord Welles, un des rebelles, pissa dans ses culottes pis bavassa toute à Édouard, qui put se préparer comme faut pis crisser une volée aux rebelles pis à Warwick à la bataille de Losecote Field. C’te fois-là, y’avait pas de raccommodage possible : comme Georges pis Warwick avaient réussi à se sauver, Édouard les fit déclarer « rebelles et traîtres », pis y’allèrent se réfugier en France. Sauf que pensiez-vous que Warwick allait lâcher l’morceau juste de même pis aller élever des moutons d’une chaumière en Normandie? Pantoute. À ce moment-là, y’était prêt à toute – TOUTE – pour récupérer l’pouvoir pis faire chier Édouard pis Élizabeth. Faique y’alla voir une vieille ennemie : 

— Hé ben, qu’est-cé ti pas qui vient s’mettre à quatre pattes en avant d’moé parce que les affaires ont pas viré à son goût?
— Madame Marguerite, j’vous supplie de m’pardonner! J’vas vous aider à r’mettre Henri su’l trône!

Depuis l’temps, Marguerite était partie avec son gars demander de l’aide au roi de France. Henri, lui, était resté dans l’nord de l’Angleterre jusqu’à ce qui se fasse capturer pis parader dins rues de Londres, les pieds attachés en d’sour de son ch’fal pis un vieux chapeau de paille laitte su’a tête. Par après, y’avait été emmené à la tour de Londres, où y’était ben traité – ça servait pas à grand-chose de l’tuer, vu qu’y avait un héritier mâle en vie. 

Marguerite la trouva bonne en maudit quand a vit Warwick arsoudre. A pouvait pas se permettre de passer à côté d’une offre de même, mais malgré ça, l’envie de faire étriver Warwick était trop forte : avant d’accepter sa proposition, a le fit se mettre à genoux en avant d’elle sans rien dire pendant 15 menutes.

Faique y s’entendirent pour qu’Henri artrouve son trône, avec son fils comme héritier, pis que la plus jeune à Warwick, Anne, marie le fils à Henri. Voyant que son chien était pas mal mort, Georges se contenta d’être « héritier présomptif », c’t’à dire qu’y succéderait au fils à Henri si y mourait pas de gars. Des grénailles, quoi. 

Pendant c’temps-là, en Angleterre, Édouard se doutait de rien pantoute : 

— Bon, une rébellion dans le Richmondshire. Faudrait ben que j’aille effoirer ça!
— T’es sûr, chéri? Messemble qu’à chaque fois qu’y a une rébellion dans l’nord, y t’arrive une marde avec Warwick… Tu trouves pas ça louche?
— Boah non, Warwick a pris son trou, là, on l’arverra pu. Fais-toé en pas, ma belle.
— Ouin… Entécas, sois prudent! J’la sens pas, c’te rébellion-là.
— Toute va ben aller. Ch’te ramène-tu d’quoi? Ça a d’l’air qu’y ont du ben bon fromage, au Richmondshire.
— Ça va être beau, merci. Ch’taime, mon amour!
— Moé’ssi, bebé.

Sauf que quand Édouard arriva là-bas, ben y n’avait pu, d’rébellion. Pu un crisse de chat. 

C’tait un piège. 

Pendant c’temps-là, Warwick pis Georges débarquèrent dans l’sud de l’Angleterre pis ramassèrent rapidement une armée de frustrés qui s’ennuyaient déjà d’Henri. 

En même temps, Jean, marquis de Montagu, le frère à Warwick qui était resté fidèle à Édouard, changea d’bord; pogné les culottes à terre, le roi eut pas le choix de se sauver.  

Avec son p’tit frère – un autre Richard – pis une gang de fidèles jusqu’au boutte, y réquisitionna des chaloupes de pêche pis traversa la mer jusqu’en Hollande. 

En apprenant toute c’qui venait de se passer, Élizabeth clancha en catastrophe pour l’abbaye de Westminster avec ses trois filles pis sa mère. Dans c’temps-là, en principe, quand tu te réfugiais d’une église, personne avait le droit d’aller t’charcher. A l’était en sécurité pour tusuite, mais y’avait rien de garanti :

« Crisse, Édouard est pas là, j’sais pas y’est où ni si y’a des chances d’arvenir pis quand, ch’t’enceinte jusqu’aux yeux, le tabarnak de Warwick est après faire arcouronner Henri drette comme on s’parle, pis j’ai aucune idée de c’qui va nous arriver! Toute c’que ch’peux faire, c’est attendre pis essayer d’pas trop capoter. Astie qu’j’haïs ça… »

La suite icitte!


Sources : Desmond Seward, The Demon’s Brood : The Plantagenêt Dynasty that Forged the English Nation, 2014.
Helen Castor, She-Wolves: The Women Who Ruled England Before Elizabeth, 2011.
Philippa Gregory et David Baldwin, The Women of the Cousin’s War, 2011.

Un GROS merci à ceux qui m’encouragent sur Patreon : Christine L., David P., Chrestien L., Daphné B., Herve L., Valérie C., Eve Lyne M., Serge O., Audrey A. et Mélanie L.

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