La Guerre des Deux-Roses, partie VII — La victoire des créâtures

Élizabeth d’York

Avant la Guerre des Deux-Roses, partie I
Avant la Guerre des Deux-Roses, partie II
La Guerre des Deux-Roses, partie I
La Guerre des Deux-Roses, partie II
La Guerre des Deux-Roses, partie III
La Guerre des Deux-Roses, partie IV
La Guerre des Deux-Roses, partie V
La Guerre des Deux-Roses, partie VI

Dins douze années qui s’taient écoulées depuis qu’son mari était mort pis que son gars Henri était parti en exil en Bretagne après la bataille de Tewkesbury, Marguerite Beaufort s’tait pas assis su ses mains en mangeant d’la crèmaglace pis en braillant. Oh que non! 

Premièrement, a s’tait armariée avec Thomas, Lord Stanley, le lord-intendant à Édouard IV. Pour s’rapprocher d’la famille royale, avoir d’l’influence pis être au courant d’toute, c’tait dur de faire mieux. En bonne plante grimpante, Marguerite avait pas mis grand temps à s’faufiler proche d’la reine, qui l’avait jusque choisie pour être la marraine à Brigitte, la plus jeune de ses filles. 

À’fin, y’était même question qu’Henri son garçon arvienne d’exil pis marie une des filles à Édouard pis Élizabeth. Sauf que comme j’vous ai dit, Édouard IV était mort, pis toute avait crissé l’camp en m’nant un train du yâble, comme la fois qu’Mononc’Poêle s’est enfargé dins marches en pleine nuite chez Pépére pis Mémére Poêle. 

Au début, Marguerite avait décidé de filer doux pis d’essayer d’s’entendre avec le roi Richard, mais a l’avait vite changé d’idée. Ça y tentait juste pas d’être fine avec un méchant mononcle tueur de n’veux. Comment faire d’abord pour ramener Henri en Angleterre?

Y restait pu yinque une solution : l’mettre su l’trône à’place de Richard. Pis ça allait passer par les femmes.

Sachant que l’ex-reine Élizabeth avait le même docteur qu’elle, Lewis Caerleon, a se servit d’lui pour y’expliquer son plan – pis c’est là qu’on les artrouve, dans le sanctuaire de l’abbaye de Westminster :

« Ça m’fend l’cœur de l’dire, Madame, mais y semblerait que Richard s’est débarrassé d’vos pauvres p’tits gars pis qu’on les arverra jamais. C’est c’que Madame Marguerite pense aussi; a trouve ça dégueulasse pis a vous offre ses plus sincères sympathies. Mais là, Madame, si vos fils sont morts… C’est vot’fille Élizabeth qu’y est l’héritière légitime du trône d’Angleterre. » 

Élizabeth d’York, une belle p’tite blonde de 17 ans avec un teint d’pétale de rose d’un verre de lait, était la plus vieille des filles à Édouard IV. Pis si y’avait eu une justice dans c’te monde de poil pis d’graines, c’est elle qui aurait été reine, tout court. Mais l’Angleterre de c’temps-là était juste pas prête à voir une créâture régner toute seule – ça allait prendre une couple de générations encore. Toute ça pour dire qu’Élizabeth pouvait pas espérer devenir reine d’Angleterre sans un mari qui f’rait l’affaire de tout l’monde. Pis c’est là que l’docteur Caerleon voulait en v’nir : 

« Faique si chus icitte aujourd’hui, c’est parce que Madame Beaufort a eu un méchant bon flash : vot’fille Élizabeth pourrait marier son gars à elle! Pensez-y : d’même, les familles York pis Lancaster s’raient réunies pis tout l’monde s’rait du même bord. On s’rait sûrement capables de faire décrisser le maudit usurpateur qui vous a volé vos fils, pis vot’fille s’rait reine d’Angleterre, comme a l’est censée, avec Henri à côté d’elle. » 

Appelons un chat un chat, là : Henri était pas un super parti pour Élizabeth fille. C’tait un exilé avec pas de titres, pas de terres, pas d’argent, rien. Pour Élizabeth mère, c’tait une astie d’chance à prendre. Mais c’est vrai que, par la fesse gauche d’la fesse gauche d’la fesse gauche, Henri était toute c’qui restait d’la branche des Lancaster, pis le meilleur espoir de mettre fin à c’te maudite guerre de cousins qui durait depuis plus que 30 ans. 

— Faique… Qu’est-cé ça vous dit?
— Dites à Marguerite que j’embarque. Tant que chus pognée dans mon sanctuaire, ch’peux pas faire grand-chose, mais on va arpendre c’qui est à nous-autres!

En apprenant par le docteur Caerleon qu’Élizabeth mère y’avait donné l’go, Marguerite partit à grenouiller comme a l’avait jamais grenouillé : a fit envoyer une grosse poche de bidous à son garçon, qui était encore en Bretagne avec son mononcle Jasper, pis a chargea Reginald Bray, un de ses employés à qui a faisait ben gros confiance, de faire le tour des nobles pour voir si, mettons qu’y avait un moyen de renverser Richard, y’embarqueraient-tu, tsé veut dire. 

Comme prévu, l’idée du mariage entre Élizabeth fille pis Henri Tudor fit l’affaire de ben du monde. Même les Yorkistes les plus fidèles, écœurés par ce que Richard avait faite à ses n’veux, étaient d’accord avec le plan. 

Pis j’sais pas si vous vous rappelez du duc de Buckingham, tsé lui qui était super crinqué pour Richard pis qui avait convaincu les autres nobles du conseil de déshériter les deux gars à Édouard IV? Fouillez-moé pourquoi, mais y décida d’arvirer sa ch’mise du jour au lendemain pis finit par être considéré comme LE gars en arrière d’la rébellion. C’t’un peu chien pour Marguerite, mais comme vous allez voir, ça allait être aussi ben d’même. 

Le plan, c’tait que les différents groupes d’anti-Richard, dont les Woodville – la famille à l’ex-reine Élizabeth – s’atrouvent pis attaquent ensemble. Mais là, un des chefs eut la rébellion précoce pis se lâcha huit jours plus tôt que prévu. Ça mit la puce à l’oreille à Richard, pis quand Buckingham se pointa, au courant de rien, le roi l’attendait avec une brique pis un fanal. 

Pogné les culottes à terre, Buckingham put pas faire autrement que de se sauver. Pis comme ça court mal en maudit quand la boucle de ceinture te pète su’és jarrets, y’alla pas ben loin. Y dut se cacher dans’masure d’un pauvre farmier, à qui ça fit pas un pli su’a poche d’aller l’dénoncer à Richard. Y fut capturé pis décapité. 

Pu d’tête, la rébellion s’effoira comme Mononc’Gilles pogné du cœur après sa septième quille de Laurentide aux noces à ta cousine Jeannine. Pis en apprenant ça juste comme y mettait l’pied en Angleterre, Henri arpartit en Bretagne tellement vite que son bateau décolla su’a trace. 

Ayoye. 

Là, Richard avait la preuve que Marguerite avait comploté contre lui – c’tait comme dins émissions poches pour enfants quand l’décor tombe pis tu vois l’marionnettiste qui a l’air fou en arrière avec sa catin au boutte du bras. 

Sauf que Marguerite, a risquait pas mal plus qu’une risée. 

Richard y’ôta toutes ses titres de noblesse, ses terres pis ses revenus. Y l’aurait ben faite exécuter, aussi, si ça avait yinque été d’lui. Mais encore une fois, c’est ses alliances de plante grimpante qui lui sauvèrent la peau. 

Non seulement son nouveau mari, Lord Stanley, était ben proche d’Édouard IV quand y’était vivant, mais y’était aussi un grand chum à Richard III. Pis quand tu fais exécuter la femme de ton grand chum, les soupers entre amis sont pu jamais comme avant. Y’a une chaise vide à’table, TOUT LE MONDE sait c’est d’la faute à qui, pis même le p’tit pinot gris qu’vous ach’tiez tout l’temps goûte pu pareil. 

Autrement dit, Richard savait qu’y pourrait juste pu argarder Lord Stanley dins yeux après avoir faite décapiter Marguerite.

Désormais watchée d’aussi près qu’une floune de CPE qui a tendance à piquer une course dans’rue dès que l’éducatrice a l’dos tourné, Marguerite était pas mal neutralisée.

Sauf que sa conspiration ratée avait attisé un feu qui avait pu besoin d’elle pour brûler. 

Après l’exécution de Buckingham, les Woodville partirent en exil pis allèrent trouver Henri Tudor. C’t’année-là, le jour de Noël, le garçon à Marguerite promit officiellement d’arvenir en Angleterre, de marier Élizabeth d’York pis de « tasser c’te tyran assassin pis déviant du trône, où y’avait pas d’affaire pantoute ». 

C’tait ben beau, mais Henri était quand même yinque un nobody qui avait pas ben ben plus d’affaire su’l trône que Richard. Quand y s’embarqua pour l’Angleterre l’été d’après, y’avait yinque les Woodville en exil pis à peu-près 1 000 fiers-à-bras prêtés par la France de son bord. Quand y’arriva, y fut arjoint par queques milliers d’Anglais fâchés contre Richard, mais y reste que ça faisait pitié en maudit, son affaire. Richard allait sûrement l’effoirer comme de rien su’l champ de bataille.

Sauf que Richard, qui était déjà pas ben ben aimé à cause de c’qu’y avait faite à ses neveux, s’tait encore tiré dans l’pied.Pas longtemps avant Noël, le garçon à Richard était mort de maladie, le laissant pu d’héritier. Pis près Noël, c’est sa femme, Anne Neville, qui mourut – mais on sait pas trop de quoi. 

Ben vite, ça se mit à mémérer que Richard voulait s’armarier avec sa nièce, Élizabeth d’York. Pour le roi, c’tait pas une idée folle pareil – ça y permettrait d’avoir un nouvel héritier, pis ça farmerait la porte drette dans’face à Henri – mais pour le peuple, Richard était rendu un mononcle vicieux qui avait faite tuer sa femme pour incestuer avec sa nièce. 

Faique quand y câlla son monde pour aller affronter Henri Tudor, ça fit un peu comme quand tu déménages pis que tout l’monde disent qu’y vont être là pour échapper ton tiroir à bobettes dans’rue pis barrer du dos en l’vant tes boîtes d’Encyclopédie Grolier édition 1960, pis que le jour même, y’a juste un ou deux gars qui sont là pis y s’trouvent caves d’être venus.

Bref, Richard avait quequ’chose comme 10 000 hommes. C’tait l’double de c’qu’Henri avait, mais tsé, en comparaison, quand Édouard IV avait affronté la gang à Marguerite d’Anjou à Towton, y n’avait 35 000 avec lui. Ça vous donne une idée d’à quel point les nobles du royaume étaient pas inspirés par Richard. 

Pis là, un matin du mois d’août d’une place qu’on appelait Bosworth Field, les armées d’Henri Tudor pis de Richard III arrivèrent face à face. Lord Stanley, l’mari à Marguerite Beaufort, était du bord de Richard, mais y s’était traîné pas mal les pieds pour v’nir, pis l’roi trouvait ça louche. 

Comme Henri avait pas pantoute d’expérience pour m’ner des hommes au combat, y mit d’côté son orgueil de mâle pis confia l’commandement au comte d’Oxford, un gars qui n’avait vu d’autres. D’l’autre bord, c’est l’duc de Norfolk qui dirigeait l’armée à Richard. Oxford attaqua en premier.

Quand Norfolk pis ses hommes se garrochèrent pour l’affronter, y furent arpoussés par des piquiers – des gars armés de grosses lances pointues – pis descendre sous les balles des arquebusiers français loués par Henri. Surprise, Norfolk fut tué lui avec. Richard, privé de son commandant le plus loyal, commença à suer d’la raie. C’est là qu’y vit une bannière avec un dragon dessus – celle à Henri. 

« Crisse, si j’réussis à descendre Henri direct, on s’en sacre de ses piquiers pis d’ses arquebusiers – j’gagne automatique! »

Faique Richard pis sa garde rapprochée foncèrent direct sur Henri pis ses gardes du corps. Le roi était pas shapé comme ses frères, qui avaient été grands pis narfés – y’était chéti pis y’avait le dos croche pis une épaule plus haute que l’autre. Mais y savait s’battre en astie, par’zempe : y tua le porte-étendard à Henri, crissa en bas d’son ch’fal un de ses gardes du corps, un gros gars de 6 pieds 8, pis y réussit à s’approcher à une longueur d’épée de son rival. 

Pis c’est là que Lord Stanley, qui avait même pas encore embarqué dans’bataille, arrêta d’se pogner l’beigne pis vola à’rescousse d’Henri. Avec ses gars, y réussit à éloigner Richard d’Henri pis à l’arpousser jusqu’au bord d’une swompe. 

Le ch’fal à Richard s’enfargea dans’bouette, pis le roi dut débarquer. Entouré de ses plus grands chums, y décida de s’battre jusqu’à fin. Son porte-étendard, un gars appelé Percival Thirlwall, s’fit couper les deux jambes pis continua de t’nir la bannière à Richard à boutte de bras jusqu’à son dernier souffle. 

Richard, en infériorité numérique, continua de s’faire aller l’épée comme un démon en criant « Trahison! Trahison! » jusqu’à c’qu’y mange un gros coup de hallebarde dans l’derrière d’la tête. C’tait feni. 

Dès que la nouvelle se répandit, les hommes à Richard se sauvèrent. Le roi fut déshabillé tout nu pis garroché su’l dos d’un ch’fal comme une poche de patates. Tandis qu’on l’emmenait à’ville la plus proche, la face y péta su’l bord d’un pont, pis y fut exposé su’l plancher d’une église pendant trois jours pour que l’monde soyent ben sûrs qu’y était mort. 

Pis Henri Tudor, lui, y’était rendu roi d’Angleterre. Comme y’avait promis, y maria Élizabeth d’York, avec qui y’eut 4 enfants qui s’rendirent à l’âge adulte, dont le TRÈS CÉLÈBRE Henri VIII avec sa trâlée de femmes. 

Comme emblème personnel, y prit la rose rouge des Lancaster pis mit la rose blanche des York au milieu pour faire la rose Tudor, symbole des deux branches d’la famille qui avaient enfin arrêté d’se chicaner. 

Pis là où l’criage pis l’fessage avaient échoué, le parlage pis le grenouillage avaient triomphé. Les hommes avaient m’né la bataille finale, ben sûr, mais si les femmes s’taient pas entendues en arrière, y’aurait p’t-être fallu que j’continue à raconter pendant encore huit épisodes. Les vraies héroïnes d’la Guerre des Deux-Roses, tant qu’à moé, c’est Marguerite d’Anjou, Marguerite Beaufort pis Élizabeth Woodville. 

Faique c’est ça! 

Heille, y’est rendu tard! S’cusez-moé, j’m’en étais pas rendu compte pantoute! Les oreilles doivent vous chauffer! M’a vous conter d’quoi de pas mal moins long la prochaine fois. 

Pis soyez prudents su l’chemin en vous enrvenant! 


Sources : Desmond Seward, The Demon’s Brood : The Plantagenêt Dynasty that Forged the English Nation, 2014.
Philippa Gregory et David Baldwin, The Women of the Cousin’s War, 2011.
Alison Weir, Elizabeth of York, a Tudor Queen and her World, 2013.

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La Guerre des Deux-Roses, partie VI : Les deux p’tits princes dans’tour

Avant la Guerre des Deux-Roses, partie I
Avant la Guerre des Deux-Roses, partie II
La Guerre des Deux-Roses, partie I
La Guerre des Deux-Roses, partie II
La Guerre des Deux-Roses, partie III
La Guerre des Deux-Roses, partie IV
La Guerre des Deux-Roses, partie V

Arvenons du bord d’Édouard IV pis de sa reine Élizabeth Woodville. 

Sept ans après la bataille de Tewkesbury, Édouard était ben peinard su’l trône d’Angleterre depuis assez longtemps pour s’être faite une belle grosse empreinte de fesses. 

Mais ça veut pas dire que toute allait ben Madame la Marquise. 

« Georges, ciboire, là j’en ai mon câlisse de voyage de tes niaiseries pis de tes crises de bacon. C’t’assez. Ch’te condamne à mort. »

Georges, duc de Clarence, le frère York du milieu entre Édouard pis Richard, duc de Gloucester, avait toujours été un bébé gâté pas capable d’attendre son tour. Vous vous rappelez, là, quand y’avait voulu être roi à la place d’Édouard pis qu’y avait embarqué contre lui avec Warwick?

Par après, comme y’était marié avec Isabelle, la fille à Warwick, pis qu’y était pas capable d’attendre que sa belle-mère pète au frette pour ramasser l’héritage, ben y l’avait faite déclarer LÉGALEMENT MORTE. Le genre de passe qui fait un frette au réveillon. 

Après ça, Isabelle est morte, faique Georges a voulu s’armarier avec Marie, la jeune duchesse de Bourgogne – pis l’héritière la plus riche de toute l’Europe –, mais Édouard y dit non. Finalement, c’tait aussi ben, parce que Marie est morte quatre ans plus tard quand son ch’fal s’est enfargé, l’a faite arvoler d’une calvette, y’est tombé dessus pis y’a cassé le dos.

Mais bon. Georges, c’tait pas un devin, pis su’l coup, y’était en tabarnak. Édouard avait des raisons politiques d’y dire non, mais Georges le prit personnel. Y quitta la cour fâché noir pis s’en alla dans ses domaines, où y’arcommença à manigancer contre Édouard pis sa famille. 

La reine Élizabeth était ben stressée :

—Édouard… Nos gars sont encore trop p’tits, pis si y t’arrivait d’quoi… On s’ra jamais en sécurité tant que Georges va être là à te jouer dans l’dos!
— Je l’sais, Bebé… Va falloir que ch’fasse de quoi. 

Selon la légende, Georges a pu choisir comment y’allait être exécuté, pis y fut nèyé dans un tonneau d’vin. 

Après ça, Édouard pis Élizabeth purent dormir su leux deux oreilles. Y restait yinque Richard, le plus jeune des frères York, pis y’avait toujours été ben loyal.  

Sauf que l’malheur était jamais ben loin, caché en arrière des tapisseries à écornifler pis à s’frotter les mains en pensant aux coups d’cochon qu’y allait faire. 

Cinq ans plus tard, Édouard mourut à l’âge de 40 ans. On sait pas trop de quoi, mais on pense que c’tait une pneumonie. C’est sûr que ces dernières années, y s’tait lâché lousse pas mal : trop de femmes, trop bouffe, trop de boisson. Y’avait engraissé sans bon sens – tsé, y’avait pris l’habitude de s’faire vomir en plein banquet, histoire de s’faire d’la place pour manger plus. 

Peu importe pourquoi y’est mort, là, Édouard, son fils de 12 ans, allait y succéder. 

C’tait un moment délicat, comme quand Mémère Poêle sépare ses blancs d’œufs pour faire d’la m’ringue. La couronne allait-tu passer su’a tête du p’tit sans qu’y aye de trouble?

Drette tu’suite, Élizabeth écrivit à son frère à elle, Antoine Woodville, comte Rivers, qui était le tuteur au p’tit Édouard. A y dit d’amener Édouard à Londres au plus sacrant, gardé par 2 000 hommes. 

Pendant c’temps-là, Richard, duc de Gloucester, le mononcle du p’tit Édouard, était su ses terres, dans l’nord de l’Angleterre. Quand y’apprit que son frére était rendu six pieds sous terre, y’écrit à Élizabeth : 

« Chère Belle-Sœur, 

J’viens d’apprendre la nouvelle. Toutes mes sympathies. Mon cœur saigne avec toé.
Soye assurée, Madame, que j’vais être super loyal à ton p’tit gars, not’nouveau roi. Y’aura pas plusse loyal que moé. Genre, j’me crisserais d’un trou d’bouette pour qu’y puisse traverser sans salir ses chouclaques. 

Veuille agréer, Élizabeth, mes sentiments les plusse graissés de larmes.

                                                                                                                             Richard »

Après ça, y’écrit au frére à Élizabeth : 

« Ti-Toine, mon chum, 

J’ai su qu’t’allais escorter le p’tit jusqu’à Londres. C’tu dirais de t’ça si on s’rencontrait, genre, dans l’boutte de Northampton, pis qu’on faisait l’reste d’la route ensemble? On va t’escorter ça, c’te p’tit roi-là! 

Bien à toé, 

                                                                                                                            Richard »

Y’était-tu don d’adon, Mononc’Richard! 

Faique Richard, Antoine pis Richard Grey, un des deux gars qu’Élizabeth avait eus avec son premier mari, s’rencontrèrent à Northampton. Le soir, y firent le party ensemble avec le duc de Buckingham, pis toute allait ben. 

Sauf que, drette le lendemain, Richard fit arrêter l’frére pis l’fils à Élizabeth sous prétexte que… En faite, y se bâdra même pas avec un prétexte. Richard avait peur que les Woodville, la famille à Élizabeth, prennent le contrôle du royaume en passant par le p’tit Édouard, qui avait été élevé par eux-autres. Pour éviter de se faire tasser du pouvoir, y fit exécuter Antoine pis Richard-le-fils-à Élizabeth sans procès pis partit pour Londres avec le mini roi qui capotait ben raide. 

Quand toute ça arriva aux oreilles à Élizabeth, a vit arriver la marde à 100 milles à l’heure. Tu’suite, a reprit son vieux réflexe pis clancha se réfugier à l’abbaye de Westminster avec son deuxième gars – un autre Richard, bazouelle! – pis ses cinq filles, Élizabeth, Cécile, Anne, Catherine pis Brigitte. 

Quand Richard arriva à Londres avec le p’tit Édouard, y’avait toutes les apparences d’un bon mononcle qui faisait yinque veiller sur les intérêts de son n’veu. Y le traitait avec toutes les égards qui y’étaient dûs en tant que roi, pis y se fit nommer lord protecteur par le conseil royal. Y r’mit le couronnement, prévu pour le 4 mai, au 22 juin, mais autrement, toute était beau pis toute se passait normalement. 

Sauf que, pas longtemps après, Richard-le-mononcle fit une autre passe croche : y fit arrêter Lord Hastings – qui était pourtant un allié pur et dur des York depuis l’début – pis l’fit exécuter sans procès dans’cour en arrière, entre deux chaises de patio.

Ça, c’tait louche en maudit.

Richard l’accusait d’avoir comploté contre lui avec Élizabeth, mais ça avait tellement pas d’sens que tout l’monde à l’époque étaient comme : 

« Heille, Ritch, tu nous prends-tu pour des valises? » 

Hastings avait jamais aimé Élizabeth, faique ça aurait été surprenant qui s’mette à grenouiller avec, mais y’avait toujours été deux pouces en arrière d’Édouard-père avec un gros doigt en styrofoam écrit « No 1 » dessus. La seule raison que Richard aurait eu de le faire exécuter, c’est qu’y savait qu’y était fidèle jusqu’au boutte du gros orteil à Édouard-fils, pis qu’y était capable de ramasser une grosse armée su ses terres des Midlands si y se brassait du trouble… Mettons… Mettons que Richard décidait de tasser le p’tit pour prendre sa place. J’dis ça, j’dis rien, mais clairement, Richard était après placer ses pions. 

Après ça, Richard-le-mononcle envoya l’archevêque de Canterbury pour essayer d’convaincre Élizabeth d’y donner Richard-son-neveu :

— C’est pour sa PROTECTION, Madame. Soyez don raisonnable.
— Non.
— Tsé, vot’fils, y peut pas demander l’asile dans une église, y’a même pas commis d’crime!
— Pis? Y’est avec moé, pis c’est ça. J’vois pas pourquoi on pourrait pas demander la protection de l’Église quand ça brasse de même pis qu’on sait pas c’qui va nous arriver!
— Mais là, pensez un peu à Édouard, y s’ennuie de son p’tit frère! Y’a pu parsonne pour jouer!
— Ce problème-là, c’est pas dur à régler : ardonnez-moé Édouard, pis y vont être ensemble, franchement!
— Madame, j’comprends pas pourquoi vous êtes prime de même. Le lord protecteur veut juste…
— Votre lord protecteur, y peut ben manger d’la m—
— MADAME! Vous capotez, là, pis vous voyez du danger partout. Là, vous allez vous calmer les nerfs pis m’faire confiance : j’vas m’assurer personnellement qu’y arrive rien au p’tit. J’essaye de vous aider, là, pis si vous voulez pas être raisonnable, ben ça va être la dernière fois!

Élizabeth se tourna d’bord pis se mit à réfléchir. A savait ben que si Richard-le-mononcle voulait prendre le p’tit par la force, y’avait rien pour l’empêcher de l’faire. Les larmes aux yeux, a laissa Richard-son-fils, qui avait à peine neuf ans, aller avec l’archevêque. Mais avant que le bonhomme parte, a put pas s’empêcher d’y lâcher une dernière craque : 

« Vous dites que j’grimpe dins rideaux pour rien, mais ben vite, vous allez voir que c’est vous-autres qui dormez au gaz! »

Six jours après, Ralph Shaa, un frère franciscain, fit un sermon dans’cour d’la cathédrale Saint-Paul, à Londres. Là, y sortit un scandale digne d’Écho-Vedettes : le mariage entre le roi Édouard pis la reine Élizabeth était pas valide, parce qu’avant de la rencontrer, Édouard avait promis à une certaine Éléonore Butler de la marier, probablement yinque pour forniquer avec. Tant qu’à lui, c’te promesse-là était aussi bonne qu’un mariage en avant d’un curé, faique Édouard avait commis l’adultère avec Élizabeth, pis toutes leux enfants étaient des bâtards. 

Ça, probablement que Georges, duc de Clarence, le savait, pis y menaçait de s’ouvrir la trappe; c’est peut-être pour ça qu’Édouard avait été pas mal pressé d’le faire exécuter.

Ça prenait pas la tête à Papineau pour comprendre où c’que ça s’en allait, toute ça : si les flos à Édouard étaient des bâtards, ben l’héritier légitime du trône, c’tait Mononc’Richard. 

La semaine d’après, le duc de Buckingham fit un discours en avant des grands seigneurs du royaume, qui finit par : 

« Faique, on déshérite-tu les deux flos pis on invite-tu Richard à devenir roi? »

Les autres nobles, sachant c’qui était arrivé à Lord Hastings, avaient pas pantoute envie de mettre leux gosses su’a table pour le p’tit Édouard. Y prirent toute leu trou pis firent exactement c’que Buckingham avait d’mandé. 

C’te faux-cul d’Richard se fit pas trop prier : 

« Moi? Roi? Honn, voyons don, c’est trop, là, j’le mérite pas, vous m’gênez, là! Mais bon, si vous pensez que j’frais un bon roi, chus qui pour vous contredire? Vous insistez tellement, vous m’donnez pas l’choix d’dire oui! » 

Faique, trois mois après la mort d’Édouard, l’plus jeune de ses fréres était couronné sous l’nom de Richard III à l’abbaye de Westminster. 

Élizabeth était juste à côté, dans’maison de l’abbé, pis a pouvait entendre les acclamations pis les cris d’joie. Ça y prenait toute pour pas crisser une table à terre pis casser d’la vaisselle. Tsé, du jour au lendemain, a l’avait pardu son mari, sa couronne, sa sécurité, son frére, son fils, pis…

Pis ses deux p’tits gars, Édouard pis Richard, ben… C’est ben d’valeur, mais on sait juste pas c’qui leux est arrivé. Y’avaient été mis dans la tour de Londres, pis au début, on les voyait jouer dans’cour. Après un boutte, y’ont arrêté de sortir, mais on les voyait quand même par la f’nêtre de leu chambre de temps en temps. Pis un m’ment’né, ben… Y’étaient juste pu là. 

Dans l’temps, tout l’monde disaient qu’y avaient aucune idée de comment y’avaient disparu, Richard III l’premier : 

« Hein, sont pu là? Tu parles, toé, pardre deux p’tits gars dans’tour de Londres! Faut l’faire! C’est-tu bizarre! »

Pis c’est quasiment impossible qu’Élizabeth aye jamais su c’qu’y était advenu de ses gars. Y’en a qui disent qu’a faisait semblant de pas savoir, parce qu’a l’avait faite un deal avec Richard-le-mononcle pour les cacher à queque’part. 

Mais tsé, c’est ben possible aussi que Richard III les aye faite tuer. Après toute, c’tait la meilleure façon d’être sûr qu’y puissent pu y nuire.  On l’saura probablement juste jamais. 

L’temps passait, pis Élizabeth était toujours pognée dans son sanctuaire. A savait pu quoi faire : toutes ses cartes avaient été jouées pour rien, pis l’chien de sa famille avait l’air pas mal mort. Sauf qu’un jour, son docteur, Lewis de Caerleon, vint la voir pour un examen d’routine, rien d’excitant. Jamais qu’Élizabeth se serait attendue à c’qui y dise de quoi qui allait toute changer :  

« Madame, aujourd’hui, j’viens avec un message de mon autre patiente, Madame Marguerite Beaufort. A l’a un deal à vous proposer. »  

La suite icitte!


Sources : Desmond Seward, The Demon’s Brood : The Plantagenêt Dynasty that Forged the English Nation, 2014.
Philippa Gregory et David Baldwin, The Women of the Cousin’s War, 2011.

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La Guerre des Deux-Roses, partie V – Marguerite Beaufort : mère, survivante pis redoutable grenouilleuse

Avant la Guerre des Deux-Roses, partie I
Avant la Guerre des Deux-Roses, partie II
La Guerre des Deux-Roses, partie I
La Guerre des Deux-Roses, partie II
La Guerre des Deux-Roses, partie III
La Guerre des Deux-Roses, partie IV

Bon. À c’t’heure que vous êtes greyés de votre ti café Chemineaud, on va artourner en arrière un p’tit peu. 

Depuis l’début que j’vous achale avec les Beaufort, que j’appelle les nobles « Sélection Mérite ». Là, y vont devenir BEN IMPORTANTS. 

J’vous rappelle qu’Henri VI, lui, c’tait un descendant de Jean de Gand, l’frére au roi Édouard III, pis de sa femme Blanche de Lancaster. Les Beaufort, eux-autres, y descendaient aussi de Mononc’Jean, mais d’un autre litte, lui à sa maîtresse Katherine Swynford. Autrement dit, c’taient une gang de bâtards jusqu’à ce que Mononc’Jean s’armarie avec Katherine pis que le pape déclare toutes leux flos comme étant légitimes. 

Comme j’vous ai dit, Édouard d’York avait zigouillé pas mal toute c’qui restait de prétendants au trône du bord des Lancastriens – entécas, dans’lignée directe de pére en fils. 

Faique là, j’vous présente Marguerite Beaufort. Elle, c’tait la p’tite-fille à Jean Beaufort, le plus vieux des enfants à Mononc’Jean pis à Katherine. Son pére, c’tait un autre Jean Beaufort, premier duc de Somerset, mais pas un de ceux-là dont j’vous ai déjà parlé. Eux-autres, c’taient les cousins à Marguerite. Marguerite avait yinque un an quand y’est mort, pis a l’était sa seule héritière.

Not’histoire commence dans’grisaille détrempée du fin fond du pays d’Galles, où Marguerite s’inquiétait pour son mari, Edmond Tudor. Y s’tait faite capturer par le duc d’York, l’pére à Édouard IV, en s’battant pour les Lancastriens. Pis aux dernières nouvelles, y filait pas ben pantoute. 

Pis quand enfin y’eut du nouveau, c’est les pires peurs à Marguerite qui furent confirmées : Edmond était mort d’la peste bubonique pendant son emprisonnement. 

« Ah mon doux Jésus! C’pas vrai! Seigneur aye pitié d’moé! »

Devenir veuve en temps de guerre, c’tait déjà plate en maudit. Mais pour Marguerite, c’tait comme pire. C’est parce qu’y a une affaire que j’vous ai pas dite : Marguerite, c’était une floune de 13 ans. A s’tait mariée à 12 ans avec Edmond Tudor qui n’avait 24. Pis a l’était enceinte de 7 mois.

Je l’sais, c’que vous pensez : ark. Moé’ssi, la pédophilie, ça m’lève le cœur. Mais j’vous rassure – ça passait pas ben ben mieux dans l’temps :

« Franchement, messemble que l’minimum c’est d’attendre que ta femme aye 14 ans avant d’coucher avec! »

Ah, pis y’a une autre affaire que j’vous ai pas dite : Edmond Tudor, c’tait l’frére utérin à Henri VI. 

Depuis l’temps que ch’t’assis su c’te punch-là en attendant d’vous l’dire, je l’ai quasiment d’imprimé dans’fesse!  

J’vous explique : quand Catherine de Valois, la mére à Henri VI, est devenue veuve, a l’était encore une belle jeune princesse qui avait pas pantoute envie d’se bâdrer avec la politique plate d’la cour. Faique a l’était juste partie s’épivarder semi-secrètement avec Owen Tudor, un beau chevalier gallois ténébreux. Edmond, c’tait l’plus vieux de leux flos. Pis comme Henri VI avait voulu un bon parti pour son demi-frére, c’tait lui qui avait arrangé l’mariage avec Marguerite. 

Fast forward, pis là, pu d’mari, Marguerite Beaufort était tu’seule, loin de sa famille, vulnérable pis pas loin d’accoucher.

Y’était trop tard dans sa grossesse pour qu’a s’en retourne chez sa mére; dans son état, le voyage aurait été ben que trop roffe. De toutes les choix qu’a l’avait, y’en avait yinque un qui avait d’l’allure : aller chez son beauf, Jasper, l’frére à son mari mort, pour avoir sa protection.

Là-bas, Marguerite dut accoucher pas de famille pis pas d’amies pour y flatter les ch’feux pis l’encourager. Pis ce fut épouvantable.

Crisse, la pauvre était à peine femme pis tellement p’tite que Jean Fischer, son confesseur, a écrit plus tard : « C’tait quasiment un miracle qu’un bebé aye pu sortir d’une p’tite crotte de fille de même ».

Malgré toute, Marguerite survécut pis l’bebé aussi : a l’appela Henri – Henri Tudor.

Ça serait son seul flo : faut croire que son accouchement difficile y’avait scrappé l’appareil de femme. Pis c’te moron d’Edmond Tudor, toute pressé qu’y était de consommer le mariage pour mettre la patte sur sa fortune pis d’la mettre enceinte pour avoir un héritier, l’avait traumatisée pis gâché pour elle toute c’qu’y pouvait y’avoir de beau dans la couchette, pour le reste de sa vie.

Pareil. Marguerite était convaincue que l’Seigneur y réservait des grandes affaires, à elle pis à son bebé. Faique aussitôt relevée de son accouchement, a pensait déjà à la suite des choses :

« Bon. Ch’frai pas grand-chose à veuver tu’seule dans mon coin : ça va m’prendre un nouveau mari au plus crisse. Pis c’te fois-là, Seigneur du Bon Dieu, y’en a pas un qui va choisir pour moé! »

Faique, escortée par son beauf, Marguerite partit avec son bebé de 2 mois pour aller trouver l’duc de Buckingham. Tu’seule en son propre nom, a négocia avec le bonhomme pour marier l’plus jeune de ses deux gars, Henri Stafford.

Les noces eurent lieu un an plus tard. 

Marguerite avait eu c’qu’a voulait : la protection de son puissant beau-pére, une place drette au milieu des intrigues d’la cour, pis les moyens de défendre ses intérêts pis ceux à bebé Henri. Sauf que là, ça, ça se passait en même temps que toute le reste; pas longtemps après les noces, y’eut la bataille de Northampton – tsé, là, quand Henri avait été capturé par Warwick, pis quand York pére pensait s’faire couronner pis avait créé un malaise à la place. Pis comme vous l’savez, les Yorkistes ont fini par gagner à Towton.

Ça laissait Marguerite pis son mari du mauvais bord d’la clôture. Mais elle, a se bâdrait pas trop avec les allégeances; y’avait juste son p’tit gars qui comptait.

« Bon. Là, mon mari, je l’sais pas quelles sortes courbettes pis d’chansons pis d’belles façons que ça va prendre, mais tu vas aller voir le nouveau roi Édouard pis tu vas dire qu’on s’excuse d’avoir été du bord à Henri VI. Sinon, y pourrait aussi ben saisir mon argent pis mes domaines! »

Faique le bonasse Henri Stafford s’en alla à Londres, où y réussit à avoir un pardon officiel pour lui pis Marguerite. Sauf que là, Édouard prit une décision que Marguerite arçut comme un coup d’poing dans l’ventre : son p’tit Henri, rendu à 4 ans, allait être envoyé chez William Herbert, le gars qui avait capturé Edmond Tudor pendant que Marguerite était enceinte.

C’tait d’même au Moyen-Âge : mettons qu’un mineur s’artrouvait orphelin, ben y pouvait être confié à quequ’un qui s’en occupait jusqu’à ce qui devienne majeur. En attendant, le tuteur profitait des revenus des domaines du p’tit, pour ensuite y’ardonner dans le même état quand y’était rendu un homme.

Lui pis sa femme Anne s’occupèrent ben comme faut d’Henri, dans l’amour pis l’agrément, pis s’assurèrent qu’y était ben éduqué; Marguerite avait rien à r’dire su’a façon dont son p’tit gars était traité, ben franchement. Mais quand même. Son p’tit bilou, son p’tit cœur en minou, sa raison d’vivre qui s’en allait loin! A trouva ça vraiment toffe, mais a l’avait pas l’choix.

Pendant ces années-là, Marguerite essaya autant qu’a pouvait d’rester du bon bord du roi, mais mettons que les sparages de ses cousins y rendaient pas la vie facile. Tsé, faut pas oublier que les Beaufort restaient les plus gros adversaires à Édouard.  

Tu’suite après la bataille de Towton, c’tait pas si pire. Édouard essayait ben gros de se mettre chummy avec Henri Beaufort, le nouveau duc de Somerset – le fils de lui qui était mort à Saint-Alban’s pis le grand frére l’autre qui se ferait séparer d’avec sa tête à Tewksbury, plus tard : 

« Heeeeeeeeeeeeeeeeeeeille, Henri mon chum! Écouuute, m’excuse de t’avoir confisqué tes terres; su’l coup, ch’tais fâché, tsé. Mais là, c’t’en arrière de nous-autres, toute ça, hein? Ch’t’ardonne toute! Tu viens-tu jouter au tournoi la fin d’semaine qui s’en vient? Ah, pis j’m’organise une p’tite chasse au chevreuil avec les gars dans pas long, FAUT qu’tu viennes avec nous-autres! J’ai trouvé un super beau spot l’long d’la Tamise, tu vas capoter. »

Sauf que ben vite, Somerset s’artourna contre Édouard pis sacra son camp en Écosse pour aller arjoindre les Lancastriens qui s’taient réfugiés là-bas. 

Édouard était en tabarnak. Y’avait toute mis ses œufs dans l’panier à Somerset, pis Somerset y’avait garroché l’panier dans’face pis s’tait sauvé en courant. Y l’artrouva pis l’fit exécuter comme un chien galeux en arrière d’la grange.

Faique rendu là, toutes les Beaufort étaient suspects aux yeux d’Édouard, pis Marguerite y’échappait pas. Mais, comme une plante grimpante qui se faufile entre les craques pis qui s’accroche après toute c’qu’a peut, a s’organisa pour se tricoter des alliances qui y permettraient de garder une bonne position pis de garantir un bon avenir à son fils. 

Sa meilleure chance était du bord à son mari. Sa belle-mère s’était armariée avec Walter, Lord Mountjoy, un autre grand chum à Édouard pis son trésorier par là-dessus. Si a pouvait s’mettre dins p’tits papiers à Walter, y pourrait la défendre si Édouard pognait les nerfs après elle. Pour ça, fallait qu’a passe le plus de temps possible avec eux-autres : 

— Belle-maman? J’ai entendu entre les branches que vous vous étiez faite faire un nouveau livre de prières! Ch’peux-tu voir ça?
— Ben sûr ma belle! Heille, pis j’ai su que t’avais embarqué dans l’Ordre de la Sainte Trinité pour aider à payer les rançons des chevaliers chrétiens capturés par les Turcs? Chus don ben fière de toé!
— Y’a pas de sacrifice trop grand pour le salut d’mon âme pis celui d’la Chrétienté. Watatow, les belles enluminures! Ouiiin, vous vous êtes gâtée, belle-maman! 

Faique de fil en aiguille pis avec les bons mots à sa belle-mère, a finit par gagner la confiance à Walter. Quand le roi fit emprisonner la vieille veuve du 2e duc de Somerset pis y confisqua toute c’qu’a possédait pour aucune maudite raison à part faire chier les Beaufort, pis menaça de faire pareil à Marguerite, Walter alla parler pour elle : 

« Slaque un peu, Édouard. J’la connais, moé, Marguerite, a vient tout le temps souper chez nous pis est super fine. A ferait pas d’mal à une mouche pis a dit jamais un mot d’travers contre toé. »

Marguerite avait gâgné son pari; à partir de là, Édouard y sacra patience. 

Sauf que là, du jour au lendemain, Warwick força Édouard à l’exil pis ramena Henri VI su’l trône. Toute déboula tellement vite que trois semaines plus tard, Henri VI, Marguerite pis Henri Tudor, qui était rendu à 13 ans, étaient après souper ensemble à Westminster. 

« Heille toé, mon p’tit gars, dit Henri VI tout d’un coup. Ch’t’argarde, là, pis j’me dis que c’est toé qui va toute arranger. Je l’sens dans mes urines, un m’ment’né, tu vas être roi pis tout l’monde, nos ennemis comme nous-autres, vont t’rendre hommage. » 

Marguerite faillit tomber en bas d’sa chaise. Tsé, c’est sûr que rendu là, Henri VI était pu  vraiment toute là, pis y disait probablement ça juste de même. Sauf qu’à ce moment-là pis dins années d’après, même si y’était un roi mou pis incompétent, Henri VI était considéré quasiment comme un saint homme, toute pur pis plogué su’l divin. Déjà que c’tait lui qui avait organisé son mariage avec l’pére à Henri, là, Marguerite capotait : 

« Toute est dans toute! C’t’une PROPHÉTIE! Je l’savais qu’mon fils allait faire des grandes affaires! »

Marguerite était pour jamais l’oublier. Surtout pas quand toute arbascula pas longtemps après, au r’tour d’Édouard. Là, a fit un choix d’irréductible survivante : a tourna l’dos aux Lancastriens pis se mit définitivement du bord à Édouard. Pour que son fils aye un avenir, a pouvait pas risquer de s’tenir avec les perdants, au yâble la famille pis la loyauté. La suite des choses allait y donner raison. 

Sauf qu’après Tewksbury, a l’avait pu d’mari – Henri Stafford était mort en s’battant pour les Yorkistes. Toutes ses cousins Beaufort avaient été massacrés. Henri son fils s’tait sauvé en Bretagne avec son mononcle Jasper pour échapper à Édouard, pis a l’avait aucune idée de si a l’allait l’arvoir un jour. 

Ça r’gardait mal en maudit. Sauf que Marguerite Beaufort, a se laissait JAMAIS abattre. A l’allait mettre son fils su’l trône d’Angleterre, peu importe le temps qu’ça prendrait, pis peu importe c’que ça y coûterait. Pis gare aux innocents qui essaieraient de s’mettre dans son ch’min.

La suite icitte!


Sources : Desmond Seward, The Demon’s Brood : The Plantagenêt Dynasty that Forged the English Nation, 2014.
Philippa Gregory et David Baldwin, The Women of the Cousin’s War, 2011.

Un GROS merci à ceux qui m’encouragent sur Patreon : Christine L., David P., Chrestien L., Daphné B., Herve L., Valérie C., Eve Lyne M., Serge O., Audrey A. et Mélanie L.

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La Guerre des Deux-Roses, partie IV — L’serpent s’mord la queue

Graham Turner, Mistaken Identity – The Battle of Barnet

Avant la Guerre des Deux-Roses, partie I
Avant la Guerre des Deux-Roses, partie II
La Guerre des Deux-Roses, partie I
La Guerre des Deux-Roses, partie II
La Guerre des Deux-Roses, partie III

« Élizabeth! C’t’un garçon! »

Après un mois pognée avec sa bru pis ses trois p’tites-filles dans la maison de l’abbé de Westminster, Jacquette venait d’aider Élizabeth à accoucher, pis a tenait dans ses bras son p’tit-fils flambant neû – l’héritier mâle tant attendu. 

Ça, c’tait une astie d’bonne nouvelle : peu importe c’qui arriverait à Édouard, y’aurait un fils pour lui succéder. Mais c’tait loin d’être gagné. 

Après avoir traversé en Hollande, Édouard avait essayé de se réfugier chez son beauf, le duc de Bourgogne. Sauf qui se riva l’nez su’a porte : le duc accepta d’y donner une pension pour qu’y puisse se réchapper la vie, toujours ben, mais y r’fusa de le voir pis de l’héberger. Cerise su’l sundae, y’envoya une délégation pour féliciter Henri pour son retour su’l trône. Ça, Édouard le digéra JAMAIS. 

Faique Édouard s’pogna un appart dins Flandres, en Belgique. De là, y’entendit que Warwick avait pris le contrôle en s’auto-nommant lieutenant du royaume, avec Georges son frére comme chancelier pis Georges le frére à Édouard comme son numéro deux. En faite, Warwick était tellement au-dessus de ses affaires qu’y avait renvoyé ses troupes.

Sauf que quand l’roi de France déclara la guerre au duc de Bourgogne, beauf se rendit compte qu’y avait p’t-être faite une gaffe en r’virant Édouard de bord : 

— Ahem. Coute ben, mon gars, euh, j’sais que j’ai peut-être été un peu bête a’c toé quand t’es v’nu me demander d’l’aide… Ch’file ben cheap de t’ça, pis euh, j’aimerais ça me racheter.
— Ouin. T’as peur à tes fesses à cause du roi d’France, pis tu sais que Warwick est d’son bord, faique tu penses que si tu m’aides à r’prendre mon trône, ben moé j’vas t’aider dans ta guerre?
— Genre…

À ch’fal donné, tu r’gardes pas l’faux-cul qui tient la bride. Ou de quoi d’même. Faique Édouard, greyé d’une p’tite armée équipée par son beauf, prit l’bateau pour l’Angleterre. Pis là, comme le raconterait Pierre Houde : 

« Édouard traverse la patinoire… Il arrive aux portes de la ville d’York et fait semblant d’être fidèle au roi Henri pour que les défenseurs le laissent entrer. Quel stratagème!
Sauf que les renforts arrivent de tous les côtés! Édouard est gonflé à bloc et se proclame de nouveau roi! Ma parole!
Warwick joue de prudence… Il reste sur le banc en attendant que Georges, duc de Clarence, arrive avec des renforts… Sauf que Georges se retourne contre Warwick et rejoint l’armée de son frère! Oh lala, Marc, quel revirement!
Édouard est maintenant en avantage numérique. Il part en échappée vers Londres, tire, ET LE BUT! Dans un filet désert! » 

Scusez-la — ch’commence à m’ennuyer du hockey pas mal. Ouep, même des games à TVA Sports. Mais surtout de mon beau Pierre.  

Édouard rentra dans Londres sans que parsonne assaye de l’empêcher – Henri, laissé tu’seul par Warwick, en était rendu à s’promener comme un quêteux dans’ville, avec l’archevêque d’York qui l’tenait par la main, pour demander au monde de s’battre pour lui. 

— ÉDOUARD!
— Bebé, ch’t’arvenu! 

Mots doux, larmes, pis p’t-être même un french pendant qu’parsonne argardait : la pauvre Élizabeth put enfin sortir de sa cachette pis s’garrocher dins bras de son mari qu’a l’avait pas vu depuis 7 mois. C’tait comme si une roche de 100 livres v’nait de s’ôter de su ses épaules.

A put aussi enfin y présenter son nouveau ti-poutte – nommé Édouard lui avec, pour encore plus mêler les affaires. 

— Là, chéri, tu vas faire quoi avec Warwick? Tu peux pas l’laisser courir lousse de même, des affaires pour qui t’arpoignarde dans l’dos!
— Non, je l’sais. En plus, tu sais pas la meilleure : Marguerite d’Anjou est après s’en venir avec une armée!
— Câline! Faut que tu règles son cas à Warwick avant qu’a l’arrive, d’abord.
— Drette ça. Compte su moé, bebé. 

Entre les deux cousins, c’tait l’affrontement final, comme dins vues, avec la grosse toune épique, pis c’est proche de la ville de Barnet que ça allait se passer. Warwick avait une armée beaucoup plus grosse que celle à Édouard, faique Édouard se dit que si y voulait avoir une chance de gagner, fallait qu’y l’pogne par surprise.

Faique dans’nuite, y’ordonna à ses hommes de s’rapprocher tranquillement de l’armée à Warwick, dans l’noir pis dans l’silence. 

— Ayoye! Tention avec ton astie d’waguine, tu viens de m’rouler su’l pied!
— Ta yeule pis r’garde où c’tu vas, l’cornet, y vont nous entendre! 

Toute la nuite, Warwick ordonna des tirs de canon dans l’boutte où y pensait que l’armée d’Édouard était, mais y passa dans l’beurre. Pendant c’temps-là, son frére Jean, marquis de Montagu – le gars qui avait trahi Édouard jusse avant qu’y parte en exil, vous rappelez-vous? – vint l’voir : 

— Ouin, Ritch, nos hommes ont la falle basse pas mal. Sont pas super motivés.
— Ah ouin?
— Ouin. Pour les crinquer, m’as te proposer d’quoi : si on s’battait à pied? Quand les soldats voient un commandant à ch’fal, sont comme : « Pff! Dès qu’ça va s’mettre à mal aller, y va crisser son camp pis nous laisser là ». Si on est à pied comme eux-autres, ça va leux montrer qu’on est prêts à s’battre à mort pis les inspirer.  

Faut dire que c’tait un peu sa marque de commerce, à Warwick, de crisser son camp quand la marde pognait. Quand même : rendu au matin, Warwick pis Montagu étaient à pied au milieu d’l’eux hommes. 

La bataille commença vers 4 h du matin dans une astie de brume épaisse. Comme les deux armées voyaient pas grand-chose, la coordination était pas vargeuse.

Un m’ment’né, le comte d’Oxford, qui était du bord de Warwick, arsoudit avec ses troupes pas loin de celles du marquis de Montagu. Sauf que, dans l’flou, sa bannière, une étoile, arsemblait pas mal au soleil qu’y avait sur celle-là à Édouard. Croyant que les troupes à Édouard les pognaient par en arrière, les hommes de Montagu capotèrent pis tirèrent une volée de flèches drette dans leux alliés!

Le comte d’Oxford cria tu’suite à la trahison : après toute, ça aurait pas été la première fois que Montagu changeait d’camp. 

Quand la brume commença à se lever, Édouard vit la ligne lancastrienne après s’autodétruire pis fuir en panique : 

« Ben coudonc. Reste pu yinque à envoyer les forces de réserve pour finir la job! »

Warwick, fidèle à lui-même, partit à’course pour s’trouver un ch’fal, mais y s’fit pogner pis tuer, pareil comme son frère Montagu. C’tait feni. 

Mais pas tout à faite. Pour avoir la paix, fallait qu’y se débarrasse de Marguerite d’Anjou, qui v’nait yinque d’arriver en Angleterre avec son armée. S’un dix cennes, sans même une croûte ni un ti dodo, Édouard s’arvira pis clancha pour la pogner avant qu’a s’allie avec les Lancastriens de l’ouest de l’Angleterre pis du pays d’Galles. 

Marguerite avait eu une sapristi d’misère de chien à s’rendre là-bas : chaque fois qu’a l’avait essayé de prendre la mer, une tempête l’avait r’poussée vers les côtes de la France. Là, a s’en allait arjoindre ses alliés avec son fils Édouard de Lancaster, qui était rendu à 17 ans, pis le duc de Somerset – le troisième depuis que le premier avait été tué à la bataille de Saint Alban’s; la Guerre des Deux-Roses passait au travers des ducs de Somerset comme moé au travers de mes paires de bas. 

Sauf qu’Édouard (d’York, le roi, là) avait été vite sur la switch pis avait envoyé un messager pour dire au seigneur du château de Gloucester de pas les laisser traverser la rivière Severn. Pognés, Marguerite pis sa gang durent continuer jusqu’à Tewkesbury, la prochaine place où c’tait possible de traverser – pis c’est là qu’Édouard les rattrapa. 

Marguerite dut aller se réfugier dans un monastère pendant la bataille. Toute sa vie, a s’tait démenée pour garder son fils en sécurité pis défendre son droit au trône d’Angleterre. Pis là, tandis que ça regardait mal en maudit pour sa cause, y’était en plein centre de l’armée lancastrienne, prêt à se battre comme un homme, pis y’avait pu rien que Marguerite pouvait faire. C’te jour-là, y’allait gagner la couronne ou bedon perdre la vie. 

La bataille de Tewkesbury ressembla pas pantoute à la bataille de Towton, qui avait été horrible pis meurtrière pis interminable; en faite, Édouard gagna pas mal facilement face à Édouard de Lancaster pis au nouveau duc de Somerset, qui étaient pas super expérimentés. 

Édouard de Lancaster fut tué dans la bataille, comme à peu près toute c’qui restait d’hommes dans la famille Beaufort – les cousins d’la fesse gauche à Henri VI, pis les seuls qui auraient encore pu prétendre au trône contre Édouard d’York. Essentiellement, Édouard le roi avait moppé l’plancher avec ses ennemis, pis y restait pu personne pour se mettre contre lui. 

Marguerite eut pas le choix de se rendre. Son fils était mort, pis elle, a l’était comme morte en-dedans. Y lui restait pu rien. Édouard la fit enfermer, mais y’a traita quand même bien. Pas longtemps après, a reçut une autre mauvaise nouvelle : 

— Madame! Ça me fait ben de la peine de vous dire ça, mais vot’mari est mort dans la tour de Londres…
— On sait-tu comment c’t’arrivé?
— Ben, le roi dit qu’y est mort de peine en apprenant la mort de vot’fils pis la défaite à Tewkesbury…
— Messemble, oui.

C’tait clair qu’Édouard l’avait faite tuer. Mais rendu là, ça faisait pu de différence. Marguerite resta emprisonnée pendant quatre ans en Angleterre jusqu’à ce que le roi de France paye sa rançon. Pis après, a tomba dans la calvette de l’histoire pis mourut 7 ans plus tard à l’âge de 52 ans. 

Quant à Édouard, y’avait gagné su toute la ligne, pis sa dynastie avait l’air en béton. Ses deux fréres plus jeunes étaient mariés chacun avec une fille à Warwick – Georges était marié avec Isabelle depuis un boutte, pis Richard s’tait marié avec Anne, qui avait été la femme à Édouard de Lancaster pis qui s’était ramassée veuve après la bataille de Tewkesbury. Y’avait trois filles à marier pour faire des alliances politiques pis un gars pour y succéder. Dins années à venir, y’allait avoir encore 6 enfants avec Élizabeth, 2 gars pis 4 filles, en plus de toutes les bâtards qu’y avait faites à ses maîtresses. Athlète des couvartes un jour, athlète des couvartes toujours.

Y se sentait tellement solide qu’y pardonna à pas mal toutes ses anciens ennemis. Y’était aimé par le peuple, pis tout le monde le trouvait fin, généreux pis l’fun. Dans son livre à lui, la Guerre des Deux-Roses était fenie. 

Sauf que tsé, vous vous doutez ben qu’y reste des épisodes. 

Le sang avait pas fini d’couler. 

Faique c’pas l’temps d’s’endormir! Y’a tu quequ’un qui veut un ti café Chemineaud? 

Mononc! Part l’eau à bouillir! <

La suite icitte!


Sources : Desmond Seward, The Demon’s Brood : The Plantagenêt Dynasty that Forged the English Nation, 2014.
Helen Castor, She-Wolves: The Women Who Ruled England Before Elizabeth, 2011.
Philippa Gregory et David Baldwin, The Women of the Cousin’s War, 2011.

Un GROS merci à ceux qui m’encouragent sur Patreon : Christine L., David P., Chrestien L., Daphné B., Herve L., Valérie C., Eve Lyne M., Serge O., Audrey A. et Mélanie L.

Pour faire comme eux-autres et lire les articles avant tout le monde pis même profiter de contenu extra rempli de détails croustillants, c’est par ici!

La Guerre des Deux-Roses, partie III – Des amours qui font du trouble

Avant la Guerre des Deux-Roses, partie I
Avant la Guerre des Deux-Roses, partie II
La Guerre des Deux-Roses, partie I
La Guerre des Deux-Roses, partie II

Ernest Board, King Edward IV and His Queen, Elizabeth Woodville at Reading Abbey, 1464

Qui qui veut le darnier morceau d’sucre à’crème avant qu’on r’commence? Toé? Aweille, gâte-toé mon pit! 

Bon. 

Faique là, pendant qu’Henri VI, Marguerite pis leur p’tit gars étaient réfugiés en Écosse, Édouard, avec son air de jeune premier, était su son erre d’aller, comme Pierre Lambert qui vient de gagner la coupe Stanley dans Lance et Compte. 

Ben sûr, un ti peu partout, y restait des poches de monde fidèles à Henri, faique y dut passer une couple d’années à se promener dans l’royaume pour effoirer les têtes de cochon qui refusaient encore de l’accepter comme roi. Mais à part ça, avec Warwick qui s’occupait des affaires politiques pis diplomatiques, ça allait pas pire ben. 

C’qu’Édouard savait pas, par’zempe, c’est qu’y s’apprêtait à faire une rencontre qui allait foutre le bordel dans ses culottes, dans son cœur, dans sa relation avec Warwick pis dans l’royaume au complet. 

Un jour, notre jeune roi passa par chez Richard Woodville, un p’tit chevalier de campagne pas trop important qui avait faite la guerre du bord des Lancastriens, mais qui avait juré fidélité à Édouard par après. Avec sa femme Jacquette – oui, Jacquette; au moins, c’tait pas Bobette – y’avait 12 enfants. Dans un temps où accoucher, c’tait comme jouer à la roulette russe, pis que les flos mouraient aussi facilement que des minous d’grange, c’tait un exploit. 

La plus vieille, Élizabeth, était veuve avec deux p’tits gars. Mais là, par « veuve », pensez pas « vieille fripée » : elle avait 26 ans pis c’était une belle blonde au regard de renarde. Quand Édouard l’aperçut, la yeule y tomba à terre :

« WATATATOW! Méchant pétard! J’y f’rais pas mal en estie! »

Faut dire qu’Édouard était un coureux de galipote de classe mondiale. Y s’arrêtait JAMAIS, y’était TOUJOURS fourré quelque part, pis y s’interdisait AUCUNE bassesse pour avoir c’qui voulait, jusqu’à promettre le mariage contre une petite culbute prémaritale avant de domper prestement la pauvre dame en peine. Pis là, le zuiz royal pointait impérieusement en direction d’la belle Élizabeth comme un bâton de sourcier vers une arsource. 

Habitué d’avoir c’qui voulait, notre courailleux couronné essaya ses tactiques habituelles : 

— Chère madame, ça vous tenterait-tu de passer par ma chambre après souper, pis, tsé veut dire?
— Vot’Majesté, vous m’honorez pis toute, mais, non merci.
— J’ai mon voyage! Comment ça, don?
— Faut que je couche les p’tits, là, pis j’ai des affaires à faire.
— Les servantes s’en occuperont! Bebé, envoye don!
— Vot’Majesté, j’m’excuse, mais c’est non.
— T’es pas barrée en crisse de me dire non! Chus ton roi, tsé.
— Ben c’est justement! Chus yinque la fille d’un chevalier, mais même si chus trop humble pour être votre reine, chus trop bonne pour être votre guidoune! 

Édouard resta frette en astie, mais y’avait compris le message. Pis comme les gosses étaient sur le bord d’y exploser, y maria secrètement Élizabeth pendant une p’tite cérémonie avec yinque le curé pis la mère de la mariée. Secrètement, parce qu’y savait que ça f’rait pas plaisir à son cousin Warwick. Tellement que quand y l’arvit, cinq mois après son mariage avec Élizabeth, y l’avait pas encore dit à parsonne. 

— Heille Édouard! Tu crairas pas à ça! Ch’t’ai trouvé un christi d’bon parti pour ton mariage! A s’appelle Bonne, c’est la fille du duc de Savoie pis c’est la belle-sœur du roi d’France, faique a l’a les relations qu’y faut pis toute! C’est malade!
— Ouin, euh, Ritch? Faut j’te dise de quoi…
— Hein? — C’parce que… Chus déjà marié.
— QUOI?!

Hih cibole. Warwick était en TABARNAK. 

« Voyons donc! Qu’est-cé qui t’a passé par la tête? La fille d’un CHEVALIER! Pourquoi t’as pas marié la fille qui torche les planchers, tant qu’à faire? C’tu une sorcière pis a t’a jeté un sort, coudonc? En plus, là j’ai l’air d’un astie d’cave en avant du roi d’France pis du duc de Savoie! Qu’est-cé qu’mas leu dire, là? »

Fâché ou pas, y dut avaler son étron. Élizabeth était là pour rester. Ça serait p’t-être pas allé plus loin si Élizabeth avait pas eu une christie de grosse famille.

Tsé, quand un roi a yinque une couple de beaux-frères pis de belles-sœurs, y’en nomme un comte de quequ’chose pis y’en marie une au duc de d’quoi d’autre, pis tout le monde est content. Mais là, avec 11 frères et sœurs à accommoder, ça commençait à faire pas mal de monde qui s’pognent toutes les richesses pis les privilèges, bourdonnent autour du roi pis sapent l’influence à Warwick. 

Premièrement, Jean, le frère de 19 ans à Élizabeth, se maria avec la duchesse douairière de Norfolk, une increvable madame de 60 ans, déjà trois fois veuve pis crissement riche. Warwick fut ben choqué, parce que la duchesse se trouvait à être sa matante, pis vu qu’y avait pas de fils, y’avait espéré ramasser l’motton en la mariant avec son neveu. 

Deuxièmement, Warwick avait dans l’idée de marier Isabelle, sa plus vieille fille, avec le duc de Buckingham, mais à la place, Édouard décida de le marier avec Katherine, la p’tite sœur à Élizabeth. Comble de la claque su’a yeule, Édouard refusa de laisser Warwick marier Isabelle avec Georges, duc de Clarence, son frère pis l’héritier du trône tant qu’Élizabeth accoucherait pas d’un gars.

Troisièmement, Édouard décida de slaquer l’archevêque d’York – frère de Warwick – de sa job de chancelier.  

Pis finalement, Édouard décida de marier sa sœur Marguerite avec le duc de Bourgogne, l’ennemi juré du roi de France, tandis que Warwick voulait une alliance avec les Français. 

« Heille, ça va faire, là! P’tit crisse d’ingrat! J’fais un fou d’moé jusqu’en France à cause de lui! C’est moé, MOÉ qui l’a mis su’l’trône pis c’est d’même qui m’armarcie? C’est les asties de Woodville qui l’ont monté contre moé! C’tes maudits parvenus-là, y vont savouère c’est qui l’boss icitte! » 

Faique Warwick se lança dans une série de magouilles pour arprendre le contrôle. 

Y commença par attiser une rébellion dans l’nord du royaume. Pendant qu’Édouard n’avait plein les bras avec ça, y’en profita pour marier sa fille Isabelle avec Georges, comme y’avait voulu. Après ça, y s’en alla arjoindre les rebelles.

À la bataille d’Edgecote, l’armée à Édouard fut effoirée, pis lui y fut capturé. Le père pis le frère à Élizabeth – le même qui avait marié la vieille duchesse, là – furent décapités. Clairement, Warwick s’était gâté :

« Quins mes asties! C’est ça qui arrive quand on reste pas à sa place dans’vie! »

Mais bon. La rébellion fut un pétard mouillé, pis Warwick, voyant que sans le roi, l’bordel pognait solide dans le royaume, y’eut pas trop l’choix de le libérer après y’avoir fait promettre de faire c’qu’y disait à l’avenir. Là, c’tait au tour d’Élizabeth d’avaler son étron : 

— Ben voyons, Édouard! Y se rebelle contre toé, y tue mon père pis mon frère, y t’enferme, pis toé, tu le laisses faire pis toute est beau? Pis ton codinque de frére, là, qui s’marie dans ton dos!
— Coute ben, ma femme, c’tu veux que ch’fasse? Y’est trop fort. Si y s’arvire contre moé pour vrai, pas sûr que j’vas être capable de gagner; y’a encore trop d’monde de fidèle à Henri, surtout dans l’nord. On va être fins un boutte, là, l’temps d’l’amadouer, pis après ça ça va être correct. Pis pour Georges, là, t’aussi ben de t’nir ça mort. C’qui est faite est faite, hein?
— Ciboire, messemble de m’voir, après faire des risettes à Warwick pis à sa femme comme si y’était rien arrivé!

Sauf que Warwick était toujours pas content. Même pas un an après, y s’armit à grenouiller.

Quand une autre rébellion éclata, le roi se méfia même pas pis demanda à son cousin pis à son frère de rassembler des troupes pour aller river le clou aux rebelles. Warwick avait le même plan que la fois d’avant, sauf que là, y voulait mettre Georges à la place d’Édouard su’l trône. Mais là, Lord Welles, un des rebelles, pissa dans ses culottes pis bavassa toute à Édouard, qui put se préparer comme faut pis crisser une volée aux rebelles pis à Warwick à la bataille de Losecote Field. C’te fois-là, y’avait pas de raccommodage possible : comme Georges pis Warwick avaient réussi à se sauver, Édouard les fit déclarer « rebelles et traîtres », pis y’allèrent se réfugier en France. Sauf que pensiez-vous que Warwick allait lâcher l’morceau juste de même pis aller élever des moutons d’une chaumière en Normandie? Pantoute. À ce moment-là, y’était prêt à toute – TOUTE – pour récupérer l’pouvoir pis faire chier Édouard pis Élizabeth. Faique y’alla voir une vieille ennemie : 

— Hé ben, qu’est-cé ti pas qui vient s’mettre à quatre pattes en avant d’moé parce que les affaires ont pas viré à son goût?
— Madame Marguerite, j’vous supplie de m’pardonner! J’vas vous aider à r’mettre Henri su’l trône!

Depuis l’temps, Marguerite était partie avec son gars demander de l’aide au roi de France. Henri, lui, était resté dans l’nord de l’Angleterre jusqu’à ce qui se fasse capturer pis parader dins rues de Londres, les pieds attachés en d’sour de son ch’fal pis un vieux chapeau de paille laitte su’a tête. Par après, y’avait été emmené à la tour de Londres, où y’était ben traité – ça servait pas à grand-chose de l’tuer, vu qu’y avait un héritier mâle en vie. 

Marguerite la trouva bonne en maudit quand a vit Warwick arsoudre. A pouvait pas se permettre de passer à côté d’une offre de même, mais malgré ça, l’envie de faire étriver Warwick était trop forte : avant d’accepter sa proposition, a le fit se mettre à genoux en avant d’elle sans rien dire pendant 15 menutes.

Faique y s’entendirent pour qu’Henri artrouve son trône, avec son fils comme héritier, pis que la plus jeune à Warwick, Anne, marie le fils à Henri. Voyant que son chien était pas mal mort, Georges se contenta d’être « héritier présomptif », c’t’à dire qu’y succéderait au fils à Henri si y mourait pas de gars. Des grénailles, quoi. 

Pendant c’temps-là, en Angleterre, Édouard se doutait de rien pantoute : 

— Bon, une rébellion dans le Richmondshire. Faudrait ben que j’aille effoirer ça!
— T’es sûr, chéri? Messemble qu’à chaque fois qu’y a une rébellion dans l’nord, y t’arrive une marde avec Warwick… Tu trouves pas ça louche?
— Boah non, Warwick a pris son trou, là, on l’arverra pu. Fais-toé en pas, ma belle.
— Ouin… Entécas, sois prudent! J’la sens pas, c’te rébellion-là.
— Toute va ben aller. Ch’te ramène-tu d’quoi? Ça a d’l’air qu’y ont du ben bon fromage, au Richmondshire.
— Ça va être beau, merci. Ch’taime, mon amour!
— Moé’ssi, bebé.

Sauf que quand Édouard arriva là-bas, ben y n’avait pu, d’rébellion. Pu un crisse de chat. 

C’tait un piège. 

Pendant c’temps-là, Warwick pis Georges débarquèrent dans l’sud de l’Angleterre pis ramassèrent rapidement une armée de frustrés qui s’ennuyaient déjà d’Henri. 

En même temps, Jean, marquis de Montagu, le frère à Warwick qui était resté fidèle à Édouard, changea d’bord; pogné les culottes à terre, le roi eut pas le choix de se sauver.  

Avec son p’tit frère – un autre Richard – pis une gang de fidèles jusqu’au boutte, y réquisitionna des chaloupes de pêche pis traversa la mer jusqu’en Hollande. 

En apprenant toute c’qui venait de se passer, Élizabeth clancha en catastrophe pour l’abbaye de Westminster avec ses trois filles pis sa mère. Dans c’temps-là, en principe, quand tu te réfugiais d’une église, personne avait le droit d’aller t’charcher. A l’était en sécurité pour tusuite, mais y’avait rien de garanti :

« Crisse, Édouard est pas là, j’sais pas y’est où ni si y’a des chances d’arvenir pis quand, ch’t’enceinte jusqu’aux yeux, le tabarnak de Warwick est après faire arcouronner Henri drette comme on s’parle, pis j’ai aucune idée de c’qui va nous arriver! Toute c’que ch’peux faire, c’est attendre pis essayer d’pas trop capoter. Astie qu’j’haïs ça… »

La suite icitte!


Sources : Desmond Seward, The Demon’s Brood : The Plantagenêt Dynasty that Forged the English Nation, 2014.
Helen Castor, She-Wolves: The Women Who Ruled England Before Elizabeth, 2011.
Philippa Gregory et David Baldwin, The Women of the Cousin’s War, 2011.

Un GROS merci à ceux qui m’encouragent sur Patreon : Christine L., David P., Chrestien L., Daphné B., Herve L., Valérie C., Eve Lyne M., Serge O., Audrey A. et Mélanie L.

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La Guerre des Deux-Roses, partie II — Un nouveau roi

Avant la Guerre des Deux-Roses, partie I
Avant la Guerre des Deux-Roses, partie II
La Guerre des Deux-Roses, partie I

On va faire jusse une tite parenthèse de même avant d’continuer.

J’sais pas si vous vous rappelez, mais tsé l’grand-père à Henri VI, c’ti-là qui avait tassé son niflette de cousin Richard de su’l trône, ben c’tait l’fils à Mononc’Jean pis à Blanche de Lancaster. En mariant Blanche, Jean a pogné l’titre de duc de Lancaster, pis c’pour ça qu’on appelait la famille à Henri « les Lancaster », pis l’monde qui se battaient de son bord, « les Lancastriens »,  par exemple, les Beaufort, comme le duc de Somerset, les enfants du deuxième lit à Mononc’Jean – ceux que York traitait comme des nobles « Sélection Mérite », là. 

Revenons à nos moutons. 

L’affaire, c’est que, tsé, quand tu coupes une tête, y’en a toujours une autre qui r’soud pour prendre la place. Comme celle à York était après sécher s’un piquette, y’en poussa une autre plusse fraîche à la place : celle de son fils Édouard, une belle jeunesse de 18 ans — le nouveau duc d’York. 

Y’était dans l’boutte du pays de Galles, où y’était allé empêcher une armée fidèle à Henri d’arjoindre celle à Marguerite. Dès qu’y sut c’qui était arrivé à son père, y clancha pour aller l’venger. Sauf qu’en ch’min, Édouard frappa une autre armée de Lancastriens un ti peu plus nombreuse qu’la sienne. Pas moyen de s’en clairer – y’allait avoir une bataille. 

Au lever du soleil, drette avant que les armées se sautent dessus, les hommes à Édouard s’mirent à capoter : 

— Heille! Tchéquez ça! Y’a trois soleils dans l’ciel!
— C’est l’yâble, astie, c’est l’yâble!
— Jésus Marie Joseph on va toute mourir!

Y’avait pas d’quoi capoter.

C’qu’y voyaient, c’tait une parhélie : quand l’soleil est bas su l’horizon pis qu’y a des cristaux d’glace haut dans l’ciel, ça fait comme un rond autour du soleil, pis des fois, ça donne l’impression qu’y a un mini soleil de chaque bord du rond, ou des fois, des p’tits bouttes d’arcs-en-ciel. Science!

Mais Édouard, c’tait un p’tit vite, faique au lieu de pogner les nerfs, y se servit de ça pour crinquer ses hommes : 

« Pognez pas l’mors aux dents, pis soyez don rassurés, à’place! C’t’un bon signe! Trois soleils, c’est l’Père, l’Fils pis l’Saint-Esprit, pis moé pis mes deux frères, Georges pis Richard. Faique courage, les gars! Au nom du Seigneur, on va leu crisser une volée! »

Pis comme de faite, y passèrent sur l’armée ennemie comme une moissonneuse batteuse.

Comme à son habitude, quand y sentait qu’la victoire s’en v’nait, Édouard donna l’ordre de tuer les nobles pis d’épargner les pas nobles – tout l’contraire de c’qui se faisait avant, genre à la bataille d’Azincourt.

L’torse toute bombé après sa victoire, pis ses hommes complètement convaincus qu’Dieu était d’son bord, l’tit jeune s’armit en route. 

Warwick, lui, rassemblait des hommes pour la cause d’Édouard dans l’sud de l’Angleterre, pis y faisait peur au monde en disant que la reine Marguerite s’en v’nait avec une horde d’enragés poilus du nord qui allaient les voler, les tuer pis brûler leux maisons, pis qu’y a juste lui pis Édouard qui pouvaient les sauver. 

Faut dire que c’tait pas complètement des menteries : l’armée à Marguerite était bourrée d’monde du nord de l’Angleterre, pis comme y manquaient de bouffe pis de ben d’autres affaires, y’avaient pillé des fermes pis des villages en descendant vers Londres. C’tait pas l’idée du siècle, pis ça allait pas aider plus tard, mais qu’est-cé vous voulez? Faut c’qui faut.

Avec sa nouvelle armée, Warwick s’en allait pour arjoindre Édouard, sauf que comme Édouard avait été r’tardé par sa bataille, Warwick s’artrouva tu’seul à affronter Marguerite à Saint-Alban’s. Tsé, la MÊME ville où y’avait eu une bataille, que le duc de Somerset c’tait faite tuer pis qu’Henri s’tait caché d’une shop de tanneur? Les habitants devaient être crissement à boutte de s’faire démolir leu ville : 

— Ah non, pas encore eux-autres!
— SIMONAC AVEZ-VOUS FINI D’PÉTER MES VITRES? Ça coûte la peau du cul ces affaires-là!
— Bon, y’a encore du sang dans mes glaïeuls…

Mais bon. C’te fois-là, c’est Marguerite qui gagna la bataille. Henri, lui, avait été laissé avec yinque deux gars pour le garder, pis y chantait tranquillement en d’sour d’un arbre en r’gardant les hommes à Warwick se faire défoncer. Les Lancastriens le trouvèrent pis le ramenèrent à Marguerite. 

Heille, là la puck roulait pour elle! Y lui restait juste à s’rendre à Londres, à se ravitailler, à s’arvirer d’bord pis à détruire les York pour de bon, pis la couronne à son mari pis à son fils s’rait sauvée. C’tait quasiment yinque une formalité! 

Pendant c’temps-là, Warwick réussit à se faufiler pis à aller trouver Édouard, qui capotait à cause de la défaite à Saint-Alban’s. Warwick, Richard de son p’tit nom, se trouvait à être son cousin – sa matante Cécile était la mère à Édouard. Y’était 14 ans plus vieux, plus expérimenté, pis un politicien ratoureux, faique l’jeune homme se fiait beaucoup sur lui. 

— Mais là, Ritch! Marguerite est quasiment rendue à Londres! Si a rentre dans’ville avant nous autres, notre chien va être mort, pis y’a aucune chance qu’on arrive avant elle!
— Prends su toé, mon gars! Voyons don. T’es jeune, t’es fringant, le monde t’aime, pis t’as beaucoup d’alliés à Londres. Moé, j’dis qu’on prend une chance pis qu’on clanche! 

Marguerite était yinque à 10 milles des portes d’la ville. Sauf que, l’monde de Londres se méfiaient d’elle : y’étaient du bord des York, pis Marguerite les considérait comme des traîtres. Y’allait arriver quoi si y’a laissaient rentrer? Y’allaient-tu finir su l’échafaud?

En plus, l’attitude à Marguerite aidait pas. Dans une lettre au maire, elle écrit : 

« Le roi pis la reine ont pas pantoute l’intention d’piller la ville; mais en même temps, ça veut pas dire qu’y puniront pas les faisant-mal… » 

Les habitants, rendus complètement paranos par la campagne de peur à Warwick, allèrent jusqu’à bloquer un convoi d’provisions que l’maire voulait envoyer à Marguerite pour l’amadouer. 

En même temps, la reine était fourrée d’un bord comme de l’autre : elle avait absolument besoin que Londres soit de son bord, mais y’était pas question d’essayer de prendre la ville par la force. Faique a décida, pour l’instant, de battre en r’traite pis d’attendre; après toute, c’te stratégie-là avait déjà ben marché pour elle. 

Édouard pis Warwick, qui galopaient en malades pour arriver à Londres, crurent pas leur shot quand y se rendirent compte que Marguerite était pas là pis que la voie était libre.

Les Londoniens leux ouvrirent les portes toutes grandes. Beau, grand pis drette, ben habillé, charmant pis aimable, plein d’jarnigoine, pis surtout, pas embarrassé comme son père par une aura de trahison malaisante, Édouard ressemblait pas mal plus à un roi qu’Henri, qui était tout l’temps habillé comme la chienne à Jacques. 

C’est ben d’valeur pour Marguerite, mais comme a l’était une madame, pis une Française à part de t’ça, a pouvait juste pas s’imposer à’place d’Henri. Quant à Édouard, y représentait un nouveau départ après le bordel continu qui régnait dans l’royaume depuis que les nobles jouaient à’ringuette avec un roi qui avait autant d’autorité qu’une toast aux cretons. 

Faique Édouard fut nommé roi – mais pas couronné, ça irait à plus tard – pendant une cérémonie à la sauvette à l’abbaye de Westminster. Pis même pas deux s’maines après, y se tourna vers le nord :

« Là, ça va faire. On a assez pardu d’péres pis d’fréres pis d’mononcles. C’est l’temps d’river l’clou à Marguerite pis d’arrêter la chicane pour de bon. »

Faique c’est d’même que, le 29 mars 1461, Yorkistes et Lancastriens s’artrouvèrent face à face dans l’gros frette pis en pleine tempête de neige pas loin de Towton, dans l’nord de l’Angleterre. 

Les Lancastriens étaient plus nombreux pis en meilleure position que celle à Édouard, placés su’l dessus d’une côte. Le problème, c’est qu’y avaient le vent dans’face pis voyaient rien à cause des flocons qui leu rentraient dins yeux. 

Les Yorkistes décidèrent d’en profiter : leux archers tirèrent dans l’armée ennemie, pis leux flèches, portées par le vent, s’enfoncèrent super loin dans les rangs lancastriens. Les Lancastriens essayèrent de tirer eux-autres avec, mais à cause du vent à écorner les bœufs, leux flèches partirent tout croche pis firent pas grand dommages. Pire! Y se plantèrent drette en avant des Yorkistes, qui purent les ramasser pis leu renvoyer dans’face. 

Pis là, le combat au corps à corps commença. Ce jour-là, c’tait clair pour tout l’monde : pas d’quartier pis pas d’drapeau blanc. Faique ça s’battit pendant 8 heures, dans’bouette pis dans’sloche, les pieds pis les doigts gelés, les poumons brûlés par l’essoufflement pis l’air frette. Un m’ment’né, y’avait tellement de cadavres que les vivants s’enfargeaient dedans, pis quand, finalement, les Lancastriens au désespoir commencèrent à se sauver, y tombèrent drette dins bras glacés d’la rivière Wharfe pis se néyèrent, entraînés par le poids de leur armure. 

Un messager arriva aux murs de la ville d’York, où étaient Marguerite, Henri pis leu fils Édouard (ouais, York était le quartier général des Lancastriens pis pas des Yorkistes, c’est mêlant mais c’est d’même). Toussant, braillant, pompant l’huile, y livra son message : 

« Madame, Votre Majesté, c’est fini! On a pardu des milliers d’hommes pis ceux qui restent sont après se sauver! Chus désolé, on a faite toute c’qu’on a pu… Mais… Ah, bonyenne! La neige est toute graissée d’sang! »

Ce fut la bataille la plus meurtrière en sol anglais : 10 000 morts, toute ça pour une astie d’chicane de famille. En fait, ça a d’l’air que les ruisseaux pis les rivières coulèrent rouge pendant des jours après ça!

La victoire à Édouard était totale. Faique entre chien et loup, tandis qu’y s’artrouvait maître incontesté du champ d’bataille pis d’l’Angleterre au complet, une femme en tabarnak, un homme égarouillé pis un flo de 7 ans tout épeuré galopaient à toute vitesse vers l’Écosse.

Y’avaient toute pardu pis y’étaient fugitifs, mais Marguerite avait pas dit son darnier mot. Pis tant qu’à elle, a l’dirait yinque maiqu’a l’aye le pied dans’tombe. 

La suite ici!


Sources : Desmond Seward, The Demon’s Brood : The Plantagenêt Dynasty that Forged the English Nation, 2014.
Helen Castor, She-Wolves: The Women Who Ruled England Before Elizabeth, 2011.

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La Guerre des Deux-Roses, partie I — Marguerite d’Anjou contre Mononc’York

Avant la Guerre des Deux-Roses, partie I
Avant la Guerre des Deux-Roses, partie II

 Ah, ça a faite du bien d’grouiller un peu! 

On peut r’commen—T’étais encore aux toilettes, toé? Es-tu tombé dans l’bol, coudonc?

Viens t’assire, là, la soirée avance pis on n’a encore pour un boutte! 

Bon!

Faique Henri V, le beau nouveau jeune roi d’Angleterre, venait de sacrer une volée aux Français à Azincourt, pis y faisait yinque commencer. Après s’être préparé ben comme faut pendant deux ans, y r’tourna en France, pis y se mit à gagner bataille après bataille pis ville après ville. Tellement qu’en 1420, la reine Isabeau, la femme du roi Charles VI, qui avait pas toute sa tête, eut pas le choix de le rencontrer pis de conclure un traité avec lui : 

« C’est d’même que ça va s’passer : pour tu’suite, ton mari reste roi d’France, mais quand y va trépasser, c’est moé qui va monter su l’trône. Pis ton fils le Dauphin, ben, qu’y sèche. Pis un coup parti, ch’peux-tu marier ta fille Catherine? Messemble que ça f’rait ben. »

Faique toute déboula : Henri était rendu héritier du trône de France, y’était marié avec la princesse Catherine, 9 mois plus tard y’avait déjà un nouveau p’tit Henri toute rose pour y succéder dans ben, ben longtemps, pis toute’tait beau, toute’tait merveilleux.

Mais là… La crisse de dysenterie sortit d’en-arrière des rideaux pendant que personne argardait, le pogna par l’chignon du cou pis l’entraîna dans l’trépas à l’âge de 35 ans.

Y’avait yinque régné 9 ans!

Faique c’est son bébé qui lui succéda à l’âge de 9 mois. Pendant que les grands nobles du royaume y juraient fidélité, Henri VI gigotait pis faisait des « aargheurrghhhaaah » au beau milieu du Parlement. 

D’l’autre bord d’la Manche, la guerre en France, c’tait supposé être réglé. Mais sans la main de fer pis l’front d’bœuf à Henri V, les Français commencèrent à reprendre du pic.

Pire, quand Charles VI passa l’arme à gauche, Jeanne d’Arc sortit de nulle part pour crisser la chienne aux Anglais pis mettre la couronne de France su’a tête à son fils, Charles VII – le fameux dauphin qu’Henri V avait tassé, là. 

Pis même si la pauvre chouette finit en p’tit tas d’cendres, elle avait réussi à crinquer toute son peuple, pis les Français se mirent à reconquérir boutte de territoire après boutte de territoire. 

Rendu là, Henri VI avait 23 ans, pis y’était roi à part entière. Sauf que… euh… Ben y régnait pas ben fort. C’est pas qu’y était niaiseux – y’était juste pas pantoute équipé pour être roi. Mettons dans l’dictionnaire, t’aurais pu mettre sa face à côté du mot « bonasse ». Y tirait son argent par les fenêtres en donnant à toute pis n’importe qui, au point qu’y finit par se ruiner. Y disait oui à toute c’qu’on y proposait, tellement que ben vite, sa cour devint comme une espèce de game de hockey où les grands seigneurs du royaume se rentraient dans’bande pour avoir le contrôle d’la rondelle, c’ta dire c’te pauvre Henri qui glissait su’a glace la bouche ouvarte sans trop comprendre c’qui s’passait autour.

Pis en plus, y’haïssait la guerre. Faique y demanda au duc de Suffolk, son premier conseiller, d’aller y’arranger une trêve avec le roi Charles VII de France : 

— Pis à part de t’ça, les noces, ça fait toujours ben pour mettre le monde de bonne humeur, vous pensez pas?  
— Ben sûr.
— Faique mettons que mon souverain mariait… Une de vos filles, Vot’Majesté?
— Pousse, mais pousse égal, mon pit.

C’qui dérangeait le roi, c’tait qu’Henri VI avait déjà ben en masse de sang royal français dins veines sans n’en rajouter encore – vous rappelez pourquoi ça avait commencé, toute c’te guerre-là, hein? Avec pépère Édouard III qui s’pensait roi de France parce que sa mère était une princesse française. 

Faique finalement, le roi choisit Marguerite d’Anjou, la nièce de 15 ans à sa femme : juste assez parente pour que ça compte, mais pas assez pour faire du trouble. 

Henri fit accueillir sa nouvelle femme avec les gros honneurs. Y voyait son mariage comme un « engagement sacramentel envers la paix », rien d’moins. Y respectait ben gros Marguerite pour sa jarnigoine pis son gros bon sens, mais c’était un peu ça, l’problème : y’a respectait un peu trop. Marguerite savait ben que la première job d’une reine, c’tait de faire un héritier. Mais Henri était toute pur! Une fois, pendant un banquet, un noble avait fait rentrer une trâlée de jeunes pitounes les boules à l’air dans’salle, pis ça l’avait tellement scandalisé qu’y était parti s’coucher. Tellement qu’un m’ment’né, Marguerite dut se dire : 

« Heille, veux-tu ben me baiser, maudite sainte-nitouche de bazouelle! »

On saura jamais c’qui s’est passé dans leu couchette, mais quoi qu’y en soit, huit ans après son mariage, Marguerite finit par tomber enceinte. Dins corridors, ça mémérait qu’elle avait sauté la clôture. Pendant c’temps-là, ça brassait en France. Pour vous conter ça ben vite, m’as faire un Pierre Houde de moé : 

« Les Anglais brisent la trêve avec les Français! Drôle de décision! 
Les Français reviennent en zone offensive! Ils tirent… ET LE BUT! Oh, là là, les Anglais ont perdu la ville de Bordeaux! 
Le duc de Suffolk est de retour au banc. Il se fait blâmer pour la défaite et condamner à l’exil. Il retraite au vestiaire, mais oh!! Il est rattrapé par des soldats fâchés qui le décapitent avec une vieille épée rouillée. Ma parole! 
Les Anglais partent en échappée… ET LE BUT! Ils ont repris Bordeaux! Quelle remontée! 
Mais les Français ne se laissent pas intimider! Ils y vont d’un BOULET D’CANON qui anéantit les Anglais! Oh là là, Marc, je pense que c’est fini pour les Anglais en France! »

Quand on dit que les nouvelles fessent fort… En apprenant ça, Henri tomba en stupeur. Genre, voit pu rien, entend pu rien, parle pu, bouge pu, filet de bave. Y’était juste… Éteint. Bzzziu. Pis pas pour deux menutes, là! Ça dura plusse qu’un an! 

Marguerite s’artrouvait donc avec un bébé naissant (Édouard, pour une fois, pas Henri!) pis un mari légume, son sort entre les mains des big shots du royaume. Y’était pas question qu’a laisse ça de même. Faique a fit de quoi de complètement flyé pour une femme de son époque : a demanda officiellement au Parlement d’y donner toutes les pouvoirs de souverain pendant le temps qu’Henri était parti au pays des licornes.

Les vieilles barbes répondirent pas mal comme vous pensez : 

« Euh… C’est ben gentil d’vous dévouer d’même, ma p’tite madame, mais on va être corrects. Vous pouvez aller catiner tranquille, on s’arrange avec le reste. »

Tassée, Marguerite dut avaler son étron pis attendre. 

Pis comme la rondelle était lousse au milieu de la patinoire, ça attira les vautours. 

Richard Plantagenêt, duc d’York, était le plusse noble de toutes les nobles du royaume après Henri. Y descendait de papi Édouard par deux mononcles : Lionel, dont j’ai pas parlé, pis Edmond, lui qui a laissé le bordel pogner dans l’royaume en tant que régent pour Richard II.

Marguerite le trustait pas pantoute, parce qu’a le soupçonnait de vouloir être roi à la place du roi. Pis comme de faite, y’arsoudit à Londres pis fut nommé lord-protecteur du royaume. 

À ce moment-là, c’tait le duc de Somerset, l’homme de confiance à Marguerite, qui était l’conseiller principal à Henri. Comme lui, y descendait Mononc’Jean, mais pas du même litte : y faisait partie d’la famille Beaufort, c’t’à dire les enfants que Mononc’Jean avait eus avec sa maîtresse, mais qui avaient été légitimés. York le r’gardait de haut, comme un duc d’la marque maison plutôt que la vraie affaire. Les deux s’haïssaient pour mourir.

Ça jouait dur en simonac. La preuve? Aussitôt arrivé, York crissa Somerset en prison à la tour de Londres. 

Heureusement, avant qu’y réussisse à faire trop de marde, Henri ralluma, drette de même, comme si quequ’un avait r’parti le breaker. Y s’rappelait pu de rien, pis y fut ben étonné d’voir qu’y était rendu avec un fils :

« Wow! Pour moé y’a été conçu par l’intervention du Saint Esprit! Merci Seigneur! »

Henri, avec l’influence de Marguerite, renversa toutes les décisions qu’York avait pris en tant que lord-protecteur pis fit sortir Somerset de prison. York fut pogné les culottes à terre : 

« Le tabarnak de Somerset! Y’essaye de me tasser? Ça s’passera pas d’même! » 

Faique y clancha voir le roi, avec 3 500 gars armés pour faire valoir ses arguments – pis ça, là, c’tait limite d’la trahison.

Pendant c’temps-là, Henri pis Somerset étaient après se rendre à Leicester, ben peinards, pis s’attendaient pas pantoute à une bataille. Mais là, quand y rentrèrent dans la ville de Saint-Alban’s, York les attendait pis fit boucher toutes les sorties : 

« Vot’Majesté! Donnez-moé Somerset, c’t’hostie de crosseur! Y vous conte des menteries pis y vous manipule! » 

Y’eut des négociations qui donnèrent absolument rien, pis finalement, York s’écœura pis ordonna une attaque contre les forces à Henri. Ça commença à s’courir après pis à se massacrer dins rues d’la ville. 

Henri r’çut une flèche su l’bord du cou pis alla s’cacher d’une shop de tanneur. 

Somerset donnait pas cher de sa peau si y s’faisait pogner par York. Y’alla se réfugier dans une auberge, mais ben vite, y fut complètement encerclé. 

« Ah ben d’la marde! Si ch’pour mourir, m’as mourir deboutte! »

Y dégaina son épée pis sortit d’l’auberge en hurlant, passant par-dessus les gars qui étaient morts en essayant de l’défendre, fessant su toute c’qui bougeait; y tua 4 gars avant d’être tué lui-même. 

C’te bataille-là fit pas beaucoup d’morts, mais York avait pas mal eu c’qui voulait. La chicane était loin d’être finie, par exemple. En fait, ça dégénéra en vendetta généralisée où chaque famille noble du royaume avait pas l’choix d’prendre un bord ou l’autre. 

Henri, lui, toujours aussi bonasse, pardonna toute à York pis voulait que tout l’monde se réconcilie. Y’organisa même un « jour d’amour » où la reine, lui, York, le nouveau duc de Somerset, alouette durent toutes marcher ensemble main dans’main, avec des ti-cœurs pis des arcs-en-ciel.

Mais en arrière des sourires, tout l’monde avaient les dents serrées – c’tait juste une question de temps avant que ça r’commence à se taper su’a gueule. 

Comme Somerset était pu là, c’est Marguerite qui devint la cheffe d’la faction à Henri. Pis là, a considérait York carrément comme une menace pour la succession de son p’tit poutte, qui était rendu à 18 mois. Faique a partit avec son mari à Coventry, sur ses terres à elle, pis établit la cour royale là-bas. 

Après ça, a convoqua York. 

Un fou d’une poche : y’était pas question que l’duc aille s’crisser dans la gueule du loup.

Faique comme y s’était pas présenté, Marguerite le fit déclarer traître à la couronne; essentiellement, ça voulait dire qu’y perdait toutes ses terres pis ses titres. Ça y laissait pu l’choix : comme disait mon grand-pére, une tête de cochon notoire, fallait vaincre ou mourir. 

Là, Richard Neville, comte de Warwick, le plus gros allié à York, marcha avec son armée jusqu’à Northampton pour aller affronter les forces royales. 

C’te jour-là, la puck roula pas pour Henri : ses canons, tout trempes de pluie, tiraient pu pantoute, pis y’avait un traître dans ses rangs qui ordonna à ses gars de jeter leux armes pis de laisser passer Warwick. 

Résultat : son armée complètement effoirée, Henri fut capturé pis emmené à Londres. York, triomphant, arriva avec sa femme en faisant son frais-chié : y pouvait presque déjà sentir le coussin en v’lours du trône d’Angleterre en t’sour de son cul. 

En fait, y’était tellement sûr de sa shot que quand y rentra au palais de Westminster pour une réunion du Parlement, y’alla direct vers la chaise suprême pis mis sa main dessus. Mais au lieu des acclamations auxquelles y s’attendait, y’eut juste un gros malaise. Même Warwick trouvait que ça avait pas d’allure.

— Ben là, les gars… Non?
— Euh… Nous-autres, on pensait que tu voulais juste tasser les conseillers croches autour du roi, pas ÊTRE le roi! Voyons donc! 

Les lords du Parlement capotaient, mais y pouvaient pas juste faire comme si York existait pas. Faique y firent un deal qui ressemblait à lui qu’Henri V avait faite avec la reine Isabeau de France : Henri restait roi pour tu’suite, mais son fils Édouard était déshérité pis c’est York qui deviendrait roi à sa mort. 

Mais finalement, les fesses à York goutèrent jamais à la douceur du v’lours royal : y fut tué dans une bataille une couple de mois plus tard. Sa tête fut plantée s’un piquette à l’entrée d’la ville d’York, avec une couronne en papier dessus. 

Marguerite, qui était partie s’réfugier en Écosse, rassembla une nouvelle armée pour descendre jusqu’à Londres chercher Henri pis arconquérir le royaume. L’feu dins yeux, a laisserait personne tasser son mari pis déshériter son fils :

« Inquiète-toé pas, Henri : j’m’en viens, mon minou! » 

La suite ici!!!


Sources : Desmond Seward, The Demon’s Brood : The Plantagenêt Dynasty that Forged the English Nation, 2014.
Helen Castor, She-Wolves: The Women Who Ruled England Before Elizabeth, 2011.

Un GROS merci à ceux qui m’encouragent sur Patreon : Christine L., David P., Chrestien L., Daphné B., Herve L., Valérie C., Eve Lyne M., Serge O., Audrey A. et Mélanie L.

Pour faire comme eux-autres et lire les articles avant tout le monde pis même profiter de contenu extra rempli de détails croustillants, c’est par ici!

Khutulun, la princesse lutteuse

Image : Ma grande chum de Saint-Bernard-de-Beauce, Mme La Cornette!

Ma belle-soeur à moé, la soeur à Mononc’ Poêle, c’est toute une femme. A l’enseigne les arts martiaux, là, le kick-boxing pis l’jujitsu, pis à r’vir’rait n’importe qui comme un bas. Des fois, j’la niaise en y disant qu’a pogne des avions à mains nues.

Je l’aime ben gros.

C’t’une créâture moderne, qu’on pourrait dire. Forte pis indépendante pis qui torche des culs, pis ch’parle pas de quand ça y’arrive de changer des couches.

Mais v’la 700 ans, y’avait une princesse – Khutulun, qu’a s’appelait. L’arrière-arrière-petite-fille de Gengis Khan. Pis comme ma belle-soeur, a se laissait pas marcher sué pieds.

Avant de continuer, on va mettre ça au clair drette là : aujourd’hui, on parle des Mongols, pis l’premier que j’vois faire une joke plate avec ça, j’y sacre un coup de tisonnier en arrière des jarrets.

Bon.

Quand Khutulun est née, son aïeul Gengis était six pieds sous terre depuis un bon boutte déjà. Ses descendants étaient répandus aux quatre coins de l’empire mongol, de la Chine à l’Iran en passant par la Corée pis l’sud de la Russie. Pis l’empereur de toutes les Mongols – le grand khan – c’tait Kublaï, le p’tit-fils de Gengis, qui dirigeait son empire à partir de Beijing, ben assis su son beau trône en or, dans sa robe de soie brodée.

Mais, c’tait pas toutes les Mongols qui trippaient sur la vie de palais. Le père à notre princesse, Kaïdu Khan, régnait sur l’Asie centrale, dans l’boutte du Kirghizistan, du Kazakhstan pis toutes les autres pays en « stan ». C’tait un homme dur, plus strict qu’un curé, qui buvait pas d’alcool pis qui mangeait même pas de sel – le genre à faire exécuter un de ses gendres quand y’apprit qu’y couchaillait avec la servante. Pis lui, y trouvait que Kublaï était yinque un faux cul qui avait abandonné les traditions de son peuple.

Faique Khutulun grandit à la mongole, nomade, dans la steppe, le vent dins ch’feux, au travers des herbes hautes, des ch’faux, des moutons pis de QUATORZE frères. Ça jouait dur dans’yourte à Kaïdu, pis toutes les moyens étaient bons pour se faire r’marquer par le père.

« Ayoye! Khutulun! Arrête! Mononc’! Tu me fais mal! Argh! Mononc’!!! MAMAN!!! »

La princesse apprit d’bonne heure à faire sa place, par la force si y fallait; pour elle, pas question de passer dans l’beurre parce qu’elle était une fille. C’tait un apprentissage à la dure qui allait y servir plus tard.

En grandissant, Khutulun devint une grande femme ben plantée pis large d’épaules, un peu comme moé dans mon jeune temps. Pis au lieu de se marier pis de faire des enfants, ben a devint lutteuse. Entre autres.

La lutte, c’tait un sport super important pour le peuple mongol. Quand t’étais bon à la lutte, t’étais considéré comme béni des esprits. Pis Khutulun, ch’sais pas si c’était à force de s’être autant colletaillée avec ses frères quand a l’était floune, mais a l’était bonne en simonac!

Dans c’temps-là, les hommes pis les femmes étaient pas séparés dans les compétitions. Y’avait pas de limite de temps, pas de tapis pis pas de catégories de poids : si tu pésais 100 livres mouillé pis que tu t’artrouvais en avant d’un astie d’bétail de 300 livres, ben tu t’arrangeais avec tes troubles.

Mais, qu’y soyent p’tits, gros, larges, minces, longs ou courts, Khutulun les battait toutes :

—       Faique c’est toé la fille à Kaïdu, là, qui est censée être pas battable? Pff! Ché pas quelle espèce de moumounes t’as pognées avant moé, mais ça s’arrête là, ton affaire!
—       Ah, t’es sûr? Parce que j’t’aurais proposé d’aller plusse par là-bas, l’herbe est moins tapée pis ça va être moins raide su ton dos quand j’vas te crisser à terre!

Ça se passait tout le temps de la même façon : la princesse pis son adversaire se pognaient par les bras, forçaient l’un contre l’autre, se sizaient. Ça pouvait durer longtemps. Ou pas pantoute. Mais le fendant qui avait osé affronter la princesse se retrouvait toujours cul par-dessus tête.

Malgré le risque de se faire planter les dents dans l’tuf par une femme pis de faire rire d’eux-autres, y se bousculaient quand même au portillon pour s’essayer contre elle.

L’affaire, c’est que Khutulun avait juré d’épouser yinque le gars qui réussirait à la battre.

Tsé, ça a d’l’air qu’a l’était pas laitte; en plus, être le gendre du khan, y’avait pire, dans’vie, comme situation. Mais, les gars étant des gars, le plus gros avantage à gagner, c’était le droit de péter d’la broue à tes chums jusqu’à la fin de tes jours.

Mais à date, personne l’avait vaincue. À chaque match, elle pis son adversaire gageaient des ch’faux, si bien qu’après un boutte, y’avait 10 000 bêtes dans sa cour. Une chance que les Mongols laissaient leux ch’faux lousses dehors – m’agine-tu, être pogné pour construire des écuries pis ramasser l’fumier pour un grosse harde de même?

Pis quand a luttait pas, Khutulun était à côté de son père, dans l’feu d’l’action.

C’tait la préférée de Kaïdu. Y’écoutait ses conseils, se fiait sur elle pis lui confiait des affaires importantes dans l’administration du royaume. Y y’avait même faite faire un gerege, un gros médaillon en or qui disait, en gros, « faire chier la personne qui le porte, c’est faire chier le khan ». Pis en général, y’avait juste les hommes qui avaient des médaillons d’même, faique c’tait tout un honneur. 

Comme j’vous ai dit, Kaïdu aimait pas vraiment Kublaï, qui se trouvait à être le cousin à son père. Y refusait de reconnaître son autorité, pis ça arrivait que ça vire à l’escarmouche. Pis dans c’temps-là, Khutulun était drette en avant.

Marco Polo, tsé LE Marco Polo, a vu Khutulun de ses yeux vue, pis y parle d’elle dans son Livre des merveilles.

« Kaïdu allait jamais au combat sans sa fille, parce qu’elle était plus vaillante que n’importe quel de ses guerriers. Des fois, a piquait une course à ch’fal, fonçait direct dins rangs ennemis pis, aussi habilement qu’une buse s’attrape un mulot, a pognait un pauvre gars de su son ch’fal pis le ramenait à son père. »

Ché pas pour vous-autres, mais moé, ça m’donne des frissons.

Entécas, c’tait clair que Kaïdu aimait ben gros sa fille. Mais là, y’a des langues sales qui commencèrent à dire qu’y couchaient ensemble. Ce monde-là, c’tait des asties de pervers jaloux qui voyaient des fesses partout.

Entre temps, un prince arriva pour défier Khutulun. Y’était beau comme Roy Dupuis dins Filles de Caleb, fort comme Jos Montferrand, riche comme Péladeau pis courageux comme le père Brébeuf. Pis fendant comme Trudeau père, à part ça : normalement, les gars gageaient 10 chevaux, 100 si y’étaient ben crinqués, mais le prince était tellement sûr de lui qu’y en gagea 1 000!

C’t’homme-là était un maudit bon parti, pis Khutulun aurait d’la misère à trouver mieux. Ça, Kaïdu l’avait ben vu, faique comme y’était pas trop à l’aise avec les rumeurs, y câlla un p’tit meeting familial :

—       Ma fille, ta mère pis moé faudrait qu’on t’parle de queque’chose.
—       Qu’est-ce qu’y a, p’pa?
—       Ben, tsé l’prince qui vient d’arriver dans l’boutte pis contre qui tu vas lutter?
—       Ouin…
—       Ben tsé, y’est bel homme, pis y’est vaillant pis y’est riche… Tsé, on s’rait pas fâchés d’l’avoir comme gendre. Pis comme le monde commence à jaser, ça s’rait pas mal le temps qu’tu t’marisses.
—       Êtes-vous après me d’mander de perdre par exprès?
—       Ben… C’est toi qui décide, ma fille. Nous-autres, on te tord pas un bras. Mais on aimerait ben gros ça si tu te trouvais un mari.

Khutulun était déchirée :

« Ch’pas pour perdre par exprès! Voyons donc, j’vais avoir l’air de quoi? Tsé, si y réussit à m’battre, m’as l’marier comme j’ai dit, pas de trouble. Mais d’un coup que j’gagne? Ch’pas pour faire d’la peine à p’pa pis m’man! »

C’tait toujours pas réglé dans sa tête quand arriva l’jour du match.

Y’avait du peuple, entécas. La steppe était ben pleine, pis y’avait d’l’électricité dans l’air! C’tait comme Ali contre Foreman, mais avec un soupçon d’érotisme qui faisait frissonner l’monde comme la brise qui s’faufile au travers des brins d’herbe.

Face à face, le prince pis la princesse se pognèrent par les bras, pis c’tait parti.

Khutulun se rendit compte pas mal vite que le prince était pas mal plus bon pis fort que le Mongol moyen. Heille, enfin un adversaire qui avait d’l’allure! Son dilemme prit le bord sur un moyen temps : a VOULAIT gagner, pis au yâble c’que ses parents allaient penser!

En lutte mongole, tu peux pas trop t’énarver : yinque ton genou qui touche à terre, pis t’as perdu. Faique pendant une cristie d’escousse, y se poussèrent, se tirèrent, se garrochant d’un bord, se garrochant de l’autre; c’tait à qui f’rait faire une erreur à l’autre en premier.

La foule se pouvait pu de crier; ça s’adoucissait l’gorgoton à grandes gorgées de lait de jument fermenté.

Pis là, enfin, forçant avec toute la force qui y restait, Khutulun réussit à crisser le prince à terre pis à gagner l’match.

Le prince, vaincu, crissa son camp sans dire un mot avec toute sa gang comme un astie d’mauvais perdant, laissant quand même les 1 000 chevaux qu’y avait gagés.

Les parents à Khutulun étaient pas d’bonne humeur.

Les rumeurs commençaient à vraiment faire du tort à son père, faique Khutulun finit par se marier avec un des hommes de son père, sans lutter contre.

Ce qui est important, c’est que ce gars-là, c’tait ELLE qui l’avait choisi. C’tait pas n’importe quel frais chié qui s’était adonné à être plus fort qu’elle, pis qu’après elle aurait été pognée avec.

C’est ça que j’ai toujours trouvé, moé, avec c’te genre d’histoire-là : la belle princesse dit qu’elle mariera yinque le gars qui vaincra le dragon/courra plus vite qu’elle/résoudra l’énigme/rapportera un quelconque cossin magique.

Mais y’arrive quoi si le gars en question est secrètement un astie d’moron pas de maturité émotionnelle qui ramasse pas ses rognures d’ongles d’orteil qui traînent à terre? La princesse est fourrée, là!

Mettons que c’est pas la meilleure façon de s’trouver un chum. C’est la leçon du jour, gang!

Pis au cas où vous vous le demandiez, c’est pas d’même que ma belle-sœur a trouvé son homme 😛


Sources :
Marco POLO, The Book of Sir Marco Polo the Venetian, concerning the Kingdoms and Marvels of the East
Jack WEATHERFORD, The Secret History of the Mongol Queens

Sainte Radegonde de Poitiers

On a toutes vu ça au Jean-Coutu, à côté de la caisse, pas loin des revues à potins : tsé, là, les espèces de romans d’amour quétaines avec un agrès musclé en bédaine pis une pitoune échevelée sur la couverture?  

Dans ces livres-là, y se passe tout le temps la même affaire : la belle héroïne est capturée par le gros barbare qui la fait amener dans sa tente pour y faire des affaires pas catholiques. Pis, finalement, a se rend compte qu’en-dessous du poil pis d’la brutalité, c’t’un tendre, pis en plus, c’t’un étalon en d’sour des couvartes!  

Mais, ça se passerait comment si l’héroïne avait une tête de cochon pis qu’a voulait rien savoir pantoute? Pis que le barbare en question était assez vieux pour être son père?  

Sûrement un peu comme dans l’histoire de sainte Radegonde de Poitiers. 

Radegonde, c’tait une princesse : c’était la fille du roi Berthaire de Thuringe, dans ce qu’y est aujourd’hui l’Allemagne.

À l’époque où est’née, vers l’an 520, l’Empire romain venait de s’effoirer, pis les peuples germaniques, comme les Francs, avaient pris la place. Pis ces peuples germaniques-là, y’avaient des règles de succession pas ben ben d’adon. À la mort d’un roi, son royaume passait pas direct à son fils aîné pis on en parle pu : oh non! Y’était plutôt séparé entre TOUTES ses fils. Pis les fils, au lieu de s’accorder, ben y s’entretuaient pis au plus fort la poche.

C’est justement ce qui arriva en Thuringe quand Radegonde avait yinque trois ans. Basin, son grand-père, venait de mourir, pis le royaume avait été séparé entre ses trois fils : Berthaire, Badéric pis Hermanfred.

Ça prit pas grand temps pour que Badéric pis Hermanfred se mettent ensemble pour zigouiller Berthaire. Pis là, Hermanfred s’allia avec Thierry, fils de Clovis – tsé, là, LE Clovis roi des Francs? – en lui promettant la moitié de la Thuringe contre son aide pour se débarrasser de Badéric.

Mais là, Thierry, voyant que son ancien allié était pas trop pressé d’y donner la moitié de Thuringe qu’y lui avait promise (comme y’avait dit?), alla voir son frère Clotaire – un autre fils à Clovis : 

– Heille, Hermanfred m’a promis un boutte de territoire pis y me niaise! J’men va y sacrer une volée. T’embarques-tu? On sépare toute à deux après.
– Ah, ben pourquoi pas? Messemble que je serais dû. Ça fait déjà un boutte depuis ma campagne contre les Burgondes! 
– Depuis que tu t’es fait péter la yeule, tu veux dire?
– Ah, ta yeule, t’étais là, toé aussi!

Faique Radegonde se retrouva à la cour de son mononcle Hermanfred, orpheline pis pognée au beau milieu d’une guerre. 

Elle était rendue à 11 ans quand Thierry pis Clotaire vinrent à bout de son oncle. Pis là, comme deux corneilles chevelues, les frères se mirent à se picocher pour savoir qui ramasserait quoi… Dont Radegonde, qui faisait partie du butin. Pis Clotaire, lui, y’avait l’œil dessus. 

Pour vous donner une idée d’à quel genre d’animal elle avait affaire, Clotaire avait 22 ans de plus qu’elle; c’était un chef de guerre qui rêvait juste de prendre le territoire de ses autres frères pour devenir le roi de tous les Francs comme son père avait été, pis y’était pas du genre à se bâdrer du bien-être des autres. 

Tsé : quand sa femme « principale », Ingonde, lui demanda de trouver un époux digne de sa sœur Arégonde, ben Clotaire trouva pas mieux que lui-même, pis Ingonde passa le reste de sa vie à se dire qu’elle aurait don dû fermer sa grand yeule. Y’avait aussi épousé Gondioque, la veuve de son frère, pour mettre la patte sur son royaume d’Orléans, non sans avoir assassiné ses deux neveux pour éviter qu’ils héritent. Faique bref, c’était un gros dégueulasse sans scrupules, pis y’avait déjà tellement de concubines qu’y savait pu où donner d’la gr… euh, tête. 

Ça a d’l’air que c’était pas assez, parce que Clotaire trouvait que la p’tite avait du potentiel.

Ark. 

Il réussit à convaincre son frère Thierry d’y laisser Radegonde, pis y la ramena comme prisonnière, avec son frère, dans son royaume de Soissons. 

Vu qu’elle était très jeune, y se garda quand même une petite gêne. Il décida d’attendre un peu et la fit éduquer, pis ben comme faut à part ça! En plus de la religion, des travaux d’aiguille pis de toutes les « affaires de femmes », elle apprit aussi à lire et à écrire, ce qui était rare pour les femmes du temps, même pour une princesse. 

Pendant ces années-là, elle devint très pieuse et se mit à rêver de devenir bonne sœur :

« Je serais proche de Dieu, je pourrais lire pis prier pis m’occuper des pauvres pis des malades. Je pourrais jaser avec du monde pieux pis savants au lieu des gros colons de la cour. J’aurais la sainte paix! »

Mais Clotaire, comme j’vous ai dit, y se bâdrait pas trop de ce que les autres voulaient. Quand Ingonde mourut, y se tourna vers Radegonde, pis trouva qu’elle était rendue mûre pour être sa femme. Faique il annonça leur mariage. 

La nouvelle tomba sur la tête de Radegonde comme une édition revue et augmentée du Nouveau Testament avec commentaire intégral verset par verset. Ça faisait pas son affaire pantoute, pantoute, pantoute! Est-ce qu’a fit une face, vous pensez? Ben non! Pas tusuite, en tout cas. Quand a l’entendit ça, la face y grouilla pas d’un sourcil. Mais en dedans par exemple, ça brassait en bout d’viarge : 

« C’est pas vrai! J’vas me ramasser avec c’te vieux bouc dégueu qui pue la robine? Ark! Faut que je me fasse un plan pour me sauver! Ah mais non. Le bon Dieu veut éprouver ma foi. Mais si j’me marie, ch’pourrai jamais être religieuse! Seigneur, qu’est-cé je fais? »

Paniquée, elle leva les feutres au beau milieu de la nuite. Mais elle alla pas loin avant de se faire rattraper par les hommes de Clotaire : 

« Où c’est que tu penses que t’allais, de même, ma tite fille? »

Y’aurait ben des femmes qui auraient tué pour être à sa place. Pour moins que ça, en fait. Mais Radegonde, elle, c’est à reculons qu’elle maria Clotaire et devint reine de Soissons et d’Orléans.

Y’eut pas d’étincelles en d’sour des couvartes. Radegonde découvrit pas le côté homme rose du gars qui avait tué ses propres neveux pis marié sa belle-sœur pour avoir plus grand de terrain. Pis c’est pas les belles robes pis les pierreries qui allaient l’amadouer non plus. 

En fait, c’tait comme si la richesse y brûlait les mains. Dès qu’a recevait de quoi, a le donnait aux pauvres pis à l’Église : ses revenus, ses tributs, ses meubles… 

Personne échappait à sa générosité à pu finir. J’vous dis que l’ermite du coin resta frette en tabarouette en sortant de sa mâsure au milieu du bois quand y vit arriver du monde avec une waguine pleine de cadeaux! 

Radegonde donnait même ses restes de table pis son linge. Pis c’est là que ça accrochait avec Clotaire. Dans ce temps-là, chez les Francs, la femme servait un peu de rack à richesses pour son mari. Plusse qu’a l’avait l’air d’un arbre de Nouël avec ses joyaux, plusse que son mari paraissait ben. Pis Clotaire avait beau être patient avec Radegonde, là, y commençait à se faire écœurer par ses chums : 

– Radegonde, qu’est-cé tu fais là encore habillée comme la chienne à Jacques? Je t’ai acheté plein de belles affaires, pourquoi tu les mets pas? Les gars commencent à dire que j’ai épousé une bonne sœur!  
– Ouin pis? C’est ça que j’aurais voulu faire, moé, dans’vie, si j’avais pu! Hein! Pis Jésus a dit qu’y fallait être humble, pas péter de la broue avec nos bébelles! 

Faique Radegonde continua d’endurer c’te vie-là dont a voulait rien savoir, jusqu’à ce que Clotaire remette ses vieilles pantoufles de gros écœurant : y fit tuer son frère à elle, sous prétexte qu’y complotait contre lui. Ou de quoi de même.

Comme de fait, Radegonde le prit pas pantoute pis décida de sacrer son camp pour de bon. Elle commença par aller voir son mari : 

– Noble époux, ch’peux-tu aller à Noyon voir l’évêque Médard? Messemble que ça me ferait du bien d’aller voir un saint homme pis de me rapprocher de Dieu un peu. Une p’tite cure religieuse, mettons. 
– Ah, ben ch’pas contre! T’es pas du monde pis t’arrête pas de brailler depuis queques temps. Ça va te faire du bien! J’vas même dire à mes gars de t’escorter jusque là-bas!

L’évêque Médard était très aimé pis y’avait la réputation d’être capable de contrôler la météo, c’qui est pratique quand tu veux pas qu’y mouille pour faire les foins! Même Clotaire pensait que c’était une bonne idée que Radegonde aille le voir pour une p’tite fin de semaine de spa spirituel. Mais elle, a l’avait une idée en arrière de la tête. 

En effet, dès qu’elle arriva en avant de Médard, l’évêque eut même pas l’temps d’y dire bonjour qu’a se garrocha sur lui : 

« Monseigneur! Ch’t’à boutte de la vie terrestre! J’veux entrer en religion! Ch’t’en supplie, consacre-moi au Seigneur drette-là! »

Médard resta un peu frette. 

« Euh, ben là, Majesté… »

Dans sa tête, ça virait vite en ciboulot : 

« Hé bonyenne, qu’est-cé m’a faire? Ch’pas pour casser un mariage royal, moé-là! J’vas être dans’marde! »

Pis y’avait pas yinque ça. Les guerriers que Clotaire avait envoyés avec sa femme arrivèrent pis commencèrent à bourrasser Médard : 

– Heille là, que ch’te voye, e’l bonhomme, faire une bonne sœur avec la femme du roi!
– Ouin, ttention, là! Le roi va être en tabarnak! 

Les gars de Clotaire pognèrent l’évêque pis l’emmenèrent plus creux dans l’église. 

Radegonde capotait; mais y’était pas question pour elle de se laisser abattre. Faique, fouille-moé comment, mais elle trouva un habit de bonne sœur pis l’enfila par-dessus sa robe. Pis là, elle s’avança vers Médard, au fond de l’église, et dit : 

« Médard! Si tu branles dans le manche pis que t’as plus peur des hommes que de Dieu, tu vas filer cheap en tabarouette quand tu vas te retrouver devant le Créateur pis qu’y va te demander des comptes pour l’âme de ta brebis! »

C’tait en plein l’affaire à dire. Pogné d’une terreur divine, Médard imposa les mains à Radegonde et la consacra à Dieu. 

Radegonde trippait : c’était le premier choix de vie qu’a réussissait à faire sans qu’un maudit barbu s’en mêle. 

Après ça, elle s’en alla à Poitiers, où a fonda une abbaye. Clotaire essaya ben de la ravoir, mais y’insista pas trop, parce que selon la loi de l’Église, tu pouvais te faire excommunier pour toujours si t’essayais de sortir une religieuse de son abbaye. Mettons que ça fait réfléchir. 

Pis pour le reste de sa vie, comme à voulait, elle aida les pauvres et les malades, guida les autres dans la foi, pis essaya d’aider les fils à Clotaire à pas s’entretuer. 

Pis c’est bien mieux que de finir dans les bras d’un agrès musclé en bédaine! Mais ça, c’est juste moé. Si c’est ça que tu veux, envoye fort! 


Sources :
Vie de Radegonde par saint Fortunat : http://surlespasdessaintes.over-blog.com/article-vie-de-sainte-radegonde-par-saint-fortunat-3-3-85056970.html
M. l’abbé Migne, « Sainte Radegonde », Nouvelle Encyclopédie théologique, 1855 : https://play.google.com/books/reader?id=-_snAAAAYAAJ&hl=fr&pg=GBS.PA1081



Æthelflæd, la princesse qui sacra une volée aux Vikings

**C’est une version remastérisée 4K Ultra HD Dolby Surround 7.1 d’un de mes plus anciens articles. Mais c’est pas juste « du vieux stock »! J’ai refait mes recherches, réorganisé le contenu et ajouté beaucoup de choses!


Au IXe siècle, ça allait ben mal en Angleterre. En fait, l’Angleterre comme telle existait même pas encore : c’était juste un tapon de petits royaumes anglo-saxons, comme la Mercie et le Wessex, attaqués de tous bords tous côtés par les Vikings qui pillaient, violaient, tuaient pis brûlaient tout ce qui bougeait – pis ce qui bougeait pas. Bref, c’était la grosse misère noire.

C’est dans ces années-là que grandit Æthelflæd*, la fille aînée d’Alfred, roi du Wessex. Alfred, qu’on a fini par appeler « le Grand », c’est le Charlemagne des Anglais : un protecteur des arts pis de l’éducation, qui rêvait d’un grand royaume uni. Il fit éduquer sa fille aussi ben que ses fils, pis la princesse en apprit beaucoup sur la politique et la guerre, juste à le regarder aller.

Quand Æthelflæd eut l’âge qu’y fallait, Alfred arrangea son mariage avec le seigneur Æthelred de Mercie, son voisin, histoire de se mettre chum avec. C’est de même qu’il scella une alliance militaire entre le Wessex et la Mercie pour mieux combattre les Vikings.

Là, vous devez être comme : « Voyons, c’tu moé, où y s’appellent toute Æthel-quequ’chose? » Vous avez rien vu : le père d’Alfred s’appelait Æthelwulf, ses frères s’appelaient Æthelbald, Æthelberht pis Æthelred, ses neveux s’appelaient Æthelhelm pis Æthelwold, pis une autre de ses filles s’appelait Æthelgifu. « Æthel », en vieil anglais, ça voulait dire « noble ». C’qui faut en retenir? Les nobles saxons, y manquaient peut-être d’imagination, mais y se prenaient pas pour de la marde.

Mais revenons à nos moutons. Pas longtemps après ses noces, Æthelflæd eut une fille, Ælfwynn. Normalement, son rôle, comme celui des autres femmes du temps, aurait dû se limiter à produire une trâlée d’héritiers – des gars, de préférence. Sauf que ça se passa pas de même :

« Bon, ben, mon mari, c’est ben d’valeur, mais c’est fini les mamours à partir d’à c’t’heure. J’ai fendu de bord en bord en accouchant d’Ælfwynn, pis c’est juste pas digne de la fille d’un roi de souffrir de même. Y’est pas question que je r’commence. »

En plus, quelques années plus tard, Æthelred, qui était pas mal plus vieux que sa femme, pogna une maladie qui le rendit grabataire et pas capable de s’occuper de son royaume. Faique Æthelflæd mit ses culottes et régna sur la Mercie à sa place.

Mais on s’entend qu’avec les Vikings dans le coin, c’était pas pour être relax. Pas intimidée pour deux cennes, Æthelflæd fortifia des villes, signa des traités, entre autres avec les Écossais, pis mena des campagnes militaires en son nom à elle, ce qui était vraiment pas ordinaire pour le temps. On se mit à parler d’elle jusque dans les autres royaumes.

C’est d’ailleurs des Irlandais que nous vient l’histoire de la bataille de Chester. Dans les « Annales fragmentaires », y racontent qu’un m’ment’né, Ingimund, un chef viking, pis sa gang de fiers-à-bras arsourdirent chez Æthelflæd, la falle ben basse :

– Bonjour, Votre Splendeur. Les Irlandais nous ont crissés dehors, pis on a nulle part où aller. On pourrait-tu s’installer dans votre boutte? Pas pour vous faire de la marde, là. On est tannés de la guerre pis du tuage. On veut juste s’installer tranquilles – une p’tite maison, une femme, une couple de vaches pis des flots. Vous voyez le genre? 
– Ouin…. Si vous promettez de vous tenir tranquilles, j’peux ben vous donner des terres pas loin de Chester, répondit Æthelflæd. Mais vous avez d’affaire à filer doux, c’tu clair?
– Oui oui, pas de trouble, Votre Magnificence. On va être fins, promis.

Ingimund s’installa donc où Æthelflæd lui avait dit. Mais là, y trouva ben vite que ses terres faisaient dur à côté des autres dans le boutte de Chester, faique il alla se lamenter à ses chums vikings qui restaient pas loin :

« Les gars, on ira pas chier loin avec des terres de marde. Un fou d’une poche, moé, comme si j’allais continuer de me barrer le dos à enlever des roches dans mon champ de ti-coune quand y’a plein de bonnes terres autour pis une ville bourrée de richesses qui attendent yinque d’être ramassées! Si on se met en gang pis on se rend à Chester, on va leur demander poliment de nous donner plus de terres. Pis si ça marche pas, ben on attaque, on tue tout le monde pis on prend la place. Ça marche-tu? »

Faique Ingimund et compagnie se préparèrent à marcher sur Chester. Y se pensaient ben fins, eux-autres-là : c’était pas le seigneur de Mercie pis sa femme – un vieil infirme pis une petite madame – qui allaient leur faire peur. Y le savaient pas encore, mais le sourire allait leur débarquer de dans la face. Assez raide à part ça.

C’est parce qu’Æthelflæd avait des oreilles partout, pis elle avait vite entendu parler de la petite jasette qu’Ingimund avait eue avec les autres chefs vikings. Elle niaisa pas avec la puck : elle rassembla drette là l’armée mercienne et clancha pour défendre la ville.

À son arrivée à Chester, Ingimund, comme prévu, demanda qu’on lui donne ce qu’y voulait, sous peine de crise de bacon meurtrière. Y se fit revirer de bord assez sec. Ça allait être le carnage.

Mais, loin d’être folle, Æthelflæd avait une idée ben précise. Elle commença par affronter les Vikings dans les champs autour de Chester. Puis, après une petite secousse, elle ordonna à ses troupes de rentrer dans la ville, comme s’ils se sauvaient.

Ingimund pis sa gang, tellement attisés qu’ils voyaient pu clair, partirent après les soldats d’Æthelflæd et les suivirent jusqu’à l’intérieur de la ville. C’était ben de valeur pour eux-autres, parce que dès qu’ils furent rentrés, Æthelflæd fit fermer les portes derrière eux, pis le reste des troupes merciennes, qui étaient restées cachées dans la ville, les défirent en bouttes jusqu’au dernier.

Æthelflæd était ben fine, mais fallait pas la prendre pour une valise.  

Rendu là, son père, Alfred, avait trépassé. Edward, le frère d’Æthelflæd, lui avait succédé sur le trône du Wessex. Faique pendant qu’Æthelred dépérissait dans sa chaise berçante, Edward et Æthelflæd formaient une équipe de feu contre les Vikings : fantasses, ils menèrent des raids jusque vraiment creux dans le royaume de Northumbrie occupé par l’ennemi.

Les Vikings trouvaient qu’ils commençaient à ambitionner. Faique un m’ment’né, pensant qu’Edward était parti au sud avec ses troupes, pis commettant eux-autres aussi l’erreur de pas se méfier d’Æthelflæd, ils descendirent la rivière Severn jusqu’au beau milieu de la Mercie et se payèrent la traite : pillage, violage, brûlage, tuage – la totale.

Sauf que quand ils voulurent arvirer de bord, les drakkars bourrés de stock volé, Æthelflæd et Edward les attendaient avec une brique pis un fanal à Tettenhall. Pognés entre deux armées, ils mangèrent une volée tellement épouvantable qu’ils s’en remirent jamais vraiment : les Vikings de Northumbrie furent carrément étêtés pis prirent leur trou sur un moyen temps.

Pis là, la maladie finit par achever Æthelred. La Mercie avait plus de seigneur. 

Alors, quand les nobles merciens se réunirent pour jaser succession, ça se passa à peu près de même :

– Bon, ben maudine, notre seigneur a trépassé. Quessé qu’on fait, gang? Y’a pas de gars pour lui succéder…
– Ben, je trouve que la créâture se débrouille pas pire, depuis quasiment dix ans. Si on faisait juste… la laisser continuer de même? C’tu dis de t’ça, toé, mon Ecgberht? – Pas fou, Beorhtfrith, pas fou pantoute! Pis toé, Cynewald, lâche le pichet d’hydromel pis dis nous c’que t’en penses!
– Euh… J’ai pas de trouble avec ça, moé! Faique c’est réglé. On se câlle-tu du sanglier pour fêter ça?

Æthelflæd reçut donc officiellement le titre de « dame des Merciens », faique aussi ben dire qu’elle était reine. Imaginez ça! Une femme sur le trône d’un royaume anglo-saxon, dans la société ultra-macho de l’époque! C’était jamais arrivé avant et ça rarriverait pas avant un méchant boutte.  

Pis pour elle, pas question de se remarier. Comme dit la Bible, « le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l’Église », faique un nouveau mari aurait tout de suite pris possession de ses territoires pis l’aurait envoyée y faire une sandwich.

Faut dire qu’elle avait quand même raison de s’en faire avec ça.

Rendu là, son père, qui rêvait d’unir toutes les royaumes anglos-saxons, était mort. Edward, le frère d’Æthelflæd, qui lui avait succédé sur le trône du Wessex, trouvait lui aussi que ça serait pas pire pantoute d’être roi de toute l’Angleterre. Mais là, y’était ben embêté :

« Bon, qu’est-cé m’as faire, moé-là? Ch’peux pas être roi de toute l’Angleterre sans annexer la Mercie. Mais ça paraît mal en christie de tasser sa propre sœur pour pogner ses terres. »

Faique y fit un compromis : il prit possession des villes de Londres et d’Oxford, qui appartenaient à la Mercie. Ça envoyait un message à Æthelflæd : ch’taime ben, ma sœur, mais tu peux rester là yinque parce que chus pas un trou de cul.

Depuis la bataille de Tettenhall, l’équilibre des forces avait changé pour de vrai. Aethelflaed avait maintenant assez de lousse pour se lancer dans un gros programme de construction de forteresses drette dans la face des Vikings.

Quand elle eut fini, la dame de Mercie passa à l’offensive. Elle profita du fait qu’une partie des Vikings de Derby étaient dans le sud en train de se battre contre Edward pour s’emparer de la ville pis annexer la région au complet. Sa réputation de cheffe de guerre courageuse, efficace et ratoureuse grandissait.

Quand elle se pointa devant la ville de Leicester, occupée par les Vikings, le chef de la place savait ce qui était bon pour lui pis se rendit sans s’astiner.

Un m’ment’né, même les Vikings de la cité d’York décidèrent qu’il valait mieux pour eux-autres d’avoir Æthelflæd de leur bord, faique ils lui promirent leur loyauté en échange de sa protection.

Malheureusement, Æthelflæd mourut avant d’aller là-bas pour rendre ça officiel. Drette de même. Paf. On sait même pas de quoi. Sa fille Ælfwynn lui succéda, mais là, Edward, tanné d’attendre, dit :

« Ok, c’est beau, ma p’tite, Mononc va s’occuper du reste ».

Il shippa sa nièce dans un couvent et s’empara de la Mercie. Ça fit solidement chier les Merciens, mais c’tu voulais qu’y fassent?

C’est plate, mais il y eut quand même une consolation : Æthelstan, le fils d’Edward, avait été élevé chez Æthelflæd, qui s’occupa de son éducation. Il succéda à son père et devint le premier roi d’une Angleterre unie, en grande partie grâce aux succès militaires de sa brillante matante.


*Se prononce « étel-flède »


Sources principales
Le Registre mercien : http://www.dot-domesday.me.uk/mercia_three.htm
Les Annales fragmentaires d’Irlande : http://www.dot-domesday.me.uk/fragments.htm