Y’a des bonshommes qui pensent que dire à une femme qu’a va « finir tu’seule avec ses chats », c’t’une insulte, ou ben que c’est censé y faire peur.
C’est comme si, pour eux autres, y pouvait rien arriver d’pire à quequ’un. Y’ont-tu peur du silence, coudonc?
Entécas, à’place d’Ada Blackjack, y s’raient ben morts!
En 1921, Ada était partie en expédition dans l’Arctique avec quatre gars pis une minoune. Les gars, pour la plupart, c’taient des explorateurs qui n’avaient vu ben d’autres avant ça. Mais Ada, elle, c’tait pas vraiment une femme d’aventure – a l’était juste là pour coudre du linge en fourrure, arpriser des bas pis faire à manger. Pis la minoune, ben c’tait un chat.
Un jour, y resta pu yinque Ada pis la minoune. Pis y’avait personne pour venir les chercher.
Mais, a l’avait pas l’luxe de s’rouler en boule à terre pis s’laisser manger par les ours polaires. Son p’tit gars l’attendait. En fait, la seule raison pour laquelle a s’tait embarquée dans toute ça, c’tait pour le guérir pis le ramener à’maison.
Ada était une Inuite de l’Alaska; son nom d’jeune fille, c’tait Delutuk. À’mort de son père, quand a l’avait huit ans, sa mère l’envoya chez les missionnaires méthodistes dans la ville de Nome.
C’tait pour y donner une meilleure chance dans’vie : là-bas, a l’apprit à lire, à écrire, à compter, à tenir une maison, à cuisiner du manger au goût des Blancs pis, ben sûr, à coudre. Faique, dites-vous ben que, malgré ses origines, Ada devint plus une fille de ville qu’autre chose.
À 16 ans – beaucoup trop d’bonne heure, tant qu’à moé – Ada s’maria avec Jack Blackjack, un chasseur pis un conducteur d’attelage de chiens. Ça avait l’air d’un bon gars pour s’occuper d’elle, tsé, un pourvoyeur.
Mais non! Y l’affamait pis y’a battait; y finit même par l’abandonner. A l’avait eu trois enfants avec lui, mais les deux premiers étaient morts en bas âge, pis y lui restait juste le plus jeune, Bennett.
Faique, à 22 ans, Ada s’artrouva tu’seule au milieu de nulle part, avec pas une cenne, rien à manger pis un p’tit coco qui commençait à montrer des signes de tuberculose. Y lui restait pu yinque une affaire à faire : artourner à Nome avec le p’tit – une marche de 65 km au travers des grizzlis.
Tsé, déjà que ça prend toute pour emmener mon p’tit neveu en rando un après-midi, pis encore là, faut que son ami vienne avec lui parce que sinon y s’emmerde – essayez, vous autres, de faire l’équivalent de Montréal–Saint-Sauveur à pied dans’toundra bouetteuse avec un flo de cinq ans malade.
Une fois rendue, Ada alla trouver sa mère, pis là, a dut s’mettre les yeux en face des trous :
— M’man, je sais pas quoi faire. Le p’tit est malade pis j’ai pas les moyens de le faire soigner; heille, j’ai même pas les moyens d’mettre du pain su’a table!
— T’as pas l’choix, fille. Va falloir que tu le laisses à l’orphelinat.
— Mais, Bennett est pas orphelin! Ch’peux pas l’abandonner d’même!
— Je l’sais, moé’ssi ça me fait d’la peine, mais y’a besoin d’un docteur. Dis-toé que si tu travailles fort, tu vas pouvoir le ramener à’maison. Enweille, fille, t’es capable!
En laissant Bennet à l’orphelinat, Ada eut l’impression qu’on y’arrachait un boutte de cœur, pis a se tapait dessus : tu parles d’une mère poche, pas capable de s’occuper de son enfant! Au fond d’elle, par’zempe, un tit feu s’était allumé :
« Fais-toé z’en pas, Ti-Loup! Maman va faire une grosse passe de cash, tu vas guérir, pis on va vivre ensemble! »
À c’te moment-là, à Nome, la ruée vers l’or était finie depuis dix ans, pis c’tait ben d’valeur : les ménages pis les jobs de couture, ça payait pas cher. (Pas qu’Ada aurait pu en profiter, anyway : y’avait juste les citoyens qui pouvaient avoir des concessions minières, pis Ada, en tant qu’Inuite, était pas considérée comme une citoyenne – chez elle, su la terre de ses ancêtres.)
Un jour qu’a l’artournait chez elle, découragée d’avoir gagné à peine de quoi manger à soir pis demain, a croisa E.R. Jordan, le chef de police d’la place, qui y fit signe de venir le voir.
« Voyons? Qu’est-cé qu’y me veut? J’ai-tu fait de quoi d’mal? »
Jordan était pas un étranger; Ada l’connaissait depuis qu’a l’était floune. A l’eut quand même un p’tit stress; y’avait d’quoi de pas normal.
Jordan, entécas, y souriait :
« Heille, bonjour! T’as-tu queques minutes pour prendre une p’tite marche avec moi? »
Ada aurait pas su comment arfuser.
« Argarde, ch’t’au courant de c’qui t’arrive – ton mari qui est parti, pis ton p’tit gars que t’as dû laisser à l’orphelinat. Je l’sais que c’est toffe. J’me doute ben que t’as besoin d’argent. Pis ch’pas mal sûr que ça te ferait du bien de changer d’air, aussi. J’aurais d’quoi pour toé. »
Y’avait un gars qui organisait une expédition su l’île Wrangel, dans l’Grand Nord, pis y voulait engager du monde à Nome. Justement, y’avait besoin d’une couturière, pis Jordan était convaincu qu’a serait parfaite pour la job.
— C’est qui ce gars-là? demanda Ada.
— Lui, c’est Allan Crawford, c’t’un explorateur canadien. Mais l’expédition est organisée par Vilhjalmur Stefansson…
— Ah! Ça me dit d’quoi, c’te nom-là. Le mari à une de mes sœurs est allé en expédition avec lui v’là queques années.
— C’est ça! C’t’un explorateur connu, faique c’est pas une affaire de broche à foin. Pis la paye est bonne!
— Combien?
— Cinquante piasses par mois, pis pendant toute l’expédition, t’es logée, nourrie, toute.
Cinquante piasses par mois! Cinquante piasses tout court, c’tait plus d’argent qu’a n’avait vu dans toute sa vie.
« À part de ça, tu s’ras pas tu’seule, ajouta Jordan. Crawford m’a dit qu’y allait engager une couple de familles inuites. »
C’tait tentant, mais Ada était vraiment pas sûre. A serait partie un an; c’tait long, ça, pour être loin de sa mère, de ses sœurs pis de son Bennet. En plus, a l’était pas sûre de vouloir partir en bateau su l’océan – ça avait l’air dangereux.
Y’avait pas yinque ça. Ada avait passé son enfance à s’faire conter des légendes d’esprits ours blancs qui s’dégreyaient de leu peau comme des hommes en rentrant chez eux, pis qui mangeaient les humains toutes ronds. Pour elle, les ours blancs, c’tait comme le bonhomme Sept Heures pour nous autres.
Tsé, à Nome, on se barrait pas les pieds dans ces bêtes-là; mais su l’île Wrangel, pas mal plus au nord, c’tait sûr qu’y en aurait. Ada shakait dans ses bottes yinque d’y penser.
« M’as y penser », dit finalement Ada.
C’te soir-là, a l’alla souper chez sa sœur pis son mari qui avait été en expédition avec Vilhjalmur Stefansson, pis a y demanda c’qui pensait de t’ça, lui :
« Ah non, vas-y pas, répondit l’beau-frère. La vie est toffe, dans l’Grand Nord. Pis si c’est l’argent qui t’énarve, tu sais que tu vas toujours avoir une place à notre table, hein! »
Bon, faique a y’irait pas. Ça avait pas d’allure.
Mais, dans’nuite, Ada vira sans arrêt dans son litte comme un brasseux de laveuse : tsé, cinquante piasses par MOIS! A pourrait sortir Bennet de l’orphelinat pis y payer un bon docteur! Pis y’en resterait assez pour ben vivre après!
Faique le lendemain, a l’alla demander conseil à une shamane.
« Oui, tu vas y’aller, là-bas », dit la shamane après avoir pris son paiement en tabac pis argardé Ada comme un propriétaire de pawn shop étudie une pierre précieuse. « Mais attention : tu vas yinque trouver l’danger pis la mort. Tu f’ras attention au feu pis aux couteaux. »
Ada arsortit de d’là tout arvirée d’bord. Tsé, quand un shaman te donnait un avertissement d’même, t’étais aussi ben d’écouter. A l’avait peur de partir loin de sa famille, peur de pu r’venir, peur de pu jamais arvoir son garçon.
Mais si la shamane avait tort? Pis si a l’arvenait non seulement saine et sauve, mais les poches pleines aussi?
Ça valait l’coup d’essayer.
Ada alla voir Jordan, le chef de police, pour y dire qu’a l’acceptait. On y donna un budget pour qu’a l’aille acheter du matériel de couture, pis pas longtemps après, ce fut l’grand départ.
Su’l quai, avant de monter à bord du Silver Wave, qui allait l’emmener su l’île Wrangel, Ada fit la connaissance de ses collègues d’expédition.
Le commandant, Allan Crawford, était le seul Canadien d’la gang – toutes les autres étaient Américains. P’tit jeune homme de 20 ans, brillant pis gentil comme toute, y’étudiait à l’Université de Toronto pis y’avait toujours rêvé d’explorer l’monde. De l’expérience en commandage d’expédition? Pantoute. Mais, de l’enthousiasme? Full.
Y’avait aussi le commandant en second, Lorne Knight, pis Fred Maurer. Les deux étaient du même âge – 28 ans – pis y s’connaissaient ben : y’avaient toués deux déjà été en expédition avec Vilhjalmur Stefansson, pis après, y’avaient fait une tournée de conférences avec lui.
Au fil du temps, y’étaient devenus des grands chums, mais y’étaient ben différents. Knight, un ours de 6 pieds, 230 livres, avait une grosse face ronde, un grand cœur pis une yeule encore plus grande; c’tait le genre de gars qui riait fort pis sacrait souvent.
Maurer, lui, c’tait un gars tranquille qui s’mêlait de ses affaires. Avec ses yeux bleus perçants, y’avait des airs de jeune Richard Burton, mettons que tu l’voyais de loin. Les p’tites mam’zelles v’naient l’écouter, toutes pâmées, mais Maurer en profitait pas pour courir la galipote; au contraire, c’tait plus le genre à boire son Postum pis à s’coucher de bonne heure.
Pis enfin, y’avait Milton Galle, un vrai p’tit cœur en sucre de 19 ans au sourire contagieux, avec un p’tit côté rebelle. Ses parents l’adoraient. Les filles avaient un kick dessus. Les gars voulaient être lui. Au départ, Stefansson l’avait engagé comme projectionniste, puis comme assistant personnel pendant la tournée de conférences. Pis là, y’était tout énarvé parce qu’y s’en allait à’conquête du Grand Nord.
Pis oublions pas le membre le plus important de l’équipage : Victoria, Vic pour les intimes, une p’tite minoune grise tigrée aux grands yeux. Quand Crawford, Knight, Maurer pis Galle s’étaient embarqués pour Nome, l’intendant du bateau leu z’avait donnée comme préposée à la chasse aux rats, porte-bonheur pis mascotte officielle de l’expédition.
Toute ça, c’tait ben beau, mais, Ada eut comme un doute : y’étaient où, les autres Inuits qui étaient censés embarquer avec l’expédition?
La vérité, c’est qu’y avaient toutes tchôké. Tsé, y connaissaient leu z’environnement mieux que personne, hein, pis surtout mieux qu’une gang de Blancs, pis y trouvaient que l’projet avait pas d’allure.
Ada allait s’artrouver tu’seule avec quatre gars. Y’avaient toutes l’air fins pis respectueux, mais tsé, on sait jamais. Pis déjà qu’y avait des mauvaises langues en ville qui la traitaient de prostituée yinque parce qu’a l’était une jeune femme seule, ça allait pas aider sa réputation.
Mais tsé, si y’a d’quoi qu’Ada haïssait, c’tait d’arvenir su ses promesses, pis a l’avait promis au chef de police. À part de ça, Crawford, le chef de l’expédition, avait l’air tellement découragé qu’a pouvait pas s’résoudre à l’laisser tomber.
Faique, c’tait décidé. A l’allait y’aller.

Là, m’as vous donner un ti peu d’contexte, parce que ch’pense qu’on est dus.
Wrangel, là, c’tait pas une île d’agrément avec des cocktails pis des chaises longues. C’tait pas la porte à côté. Pis la route pour se rendre, là, c’tait pas pour les doux – y’avait d’la glace pis des tempêtes pis du danger partout.
Pourquoi envoyer du monde là-bas, d’abord?

C’que j’vous avais pas dit, c’est que la dernière expédition à Vilhjalmur Stefansson – appelée l’expédition Karluk à cause du nom du bateau amiral –, ben, ça s’était pas exactement ben passé. En fait, ça avait viré en chiard épouvantable.
Stefansson était parti de Nome à bord du Karluk en juin 1913 pour explorer l’Arctique pis ramasser des données scientifiques. Avant l’départ, le capitaine, Bob Bartlett, y’avait dit que la tite coque en bois du Karluk était probablement pas assez solide pour toffer dans la glace, pis y’était pas tu’seul à penser ça. Mais Stefansson, tête dure, avait répondu :
« Boorrhhh, ça va être correct. »
Comme de faite, deux mois plus tard, le bateau était pogné dins glaces d’la mer de Beaufort; en janvier 1914, y s’faisait broyer par la banquise comme un tit grain d’poivre.
Entre-temps, Stefansson s’était poussé avec cinq gars pour chasser le caribou, mais en r’venant, y’avait jamais pu artrouver le bateau. Qu’y disait.
Emporté par la banquise, le reste de l’équipage du Karluk avait dérivé vers la Sibérie. Quatre gars partirent su’a glace pour essayer de s’rendre en Alaska, pis on les arvit pu jamais. Même affaire pour les quatre qui s’lâchèrent pour l’île Herald.
Les 17 qui restaient, dont le capitaine Bartlett pis Fred Maurer, marchèrent 128 km su’a banquise pis arrivèrent à la fameuse île Wrangel. Après ça, Bartlett pis Kataktovik, un chasseur inuit, se tapèrent une trotte de 1 100 km jusqu’à c’qu’y atteignent le continent pis trouvent enfin un village avec un port. Là, le capitaine réussit à pogner un lift jusqu’en Alaska, où y put commencer à organiser des secours.
Pendant c’temps-là, 3 autres gars pétèrent au frette tandis que les autres étaient pognés pour s’amputer des orteils à frette, s’battre pour c’qui restait de vieux biscuits secs pis manger l’cuir de leux bottes en essayant de pas virer fous.
Y furent finalement secourus après 6 mois.
Après avoir dompé son équipage, Stefansson avait baroudé pendant quatre ans le long d’la côte des Territoires du Nord-Ouest, sans donner signe de vie à personne, si ben que l’gouvernement canadien, qui avait financé l’expédition, supposait qu’y était mort. C’tait pendant c’boutte-là de son aventure qu’y avait rencontré Lorne Knight pis l’avait emmené avec lui.
Quant finalement y’arvint d’entre les morts, tel le mononcle qui, un bon soir, avait bu d’la bière à’bebitte pis disparu pendant 4 ans (ch’sais pas si c’est vrai, c’t’affaire-là, mais c’est c’que Pépère Poêle m’avait conté), Stefansson fut pas pantoute peiné d’apprendre c’qui était arrivé à son équipage :
« Si y’ont eu autant d’misère pis y’en a qui sont morts, c’parce que c’tait une gang de pas bons qui savaient pas comment survivre dans l’territoire. Pis j’ai pas abandonné mon équipage, ok? C’pas de ma faute si le bateau était pu là. »
Y’avait yinque une affaire qu’y avait oublié de dire, le torrieux. Si y’avait réussi à survivre autant de temps dans le Grand Nord, c’tait en grande partie grâce aux Inuits qu’y avait engagés : Alingnak la chasseur, sa femme Guninanna, pis les guides Emiu et Natkusiak.
Faique dins années qui suivirent, Stefansson fit ben du millage avec son nouveau slogan : « l’Arctique amical ». Y s’promena partout aux États-Unis en disant que « n’importe qui avec une bonne constitution pis une tête su’és épaules est capable de vivre au pôle Nord aussi ben qu’à Hawaï. »
Pis dès qu’y eut l’budget pour ça, y’organisa une expédition su l’île Wrangel pour prouver que c’tait possible de faire vivre une colonie là-bas.
C’qui nous ramène à Ada.
A l’argrettait-tu, un peu, sa décision de partir en expédition?
Le bateau v’nait à peine de quitter Nome que l’vent pis les vagues se mirent à le bardasser comme un tit canard en plastique. Ça brassait tellement que personne osait sortir su’l pont de peur de passer par-dessus bord.
Ça dura deux jours, pis là, c’est l’moteur qui lâcha. La gang perdit une journée et demie au beau milieu d’la mer des Tchoutchkes à attendre que le mécanicien répare le cœur fatigué du Silver Wave.
Y finirent par arpartir, mais la mer, ratoureuse, leu z’avait juste donné un ti break : la tempête arprit de plus belle. Ada pis les autres s’accrochaient à toute c’qu’y pouvaient pour pas r’bondir partout comme des boules de pinball. Y’avait juste Crawford, en bon commandant d’expédition, qui avait l’air frais comme une rose; les autres dégueulaient leu vie en priant l’Seigneur.
Pis, enfin, l’île Wrangel apparut à l’horizon.
Hammer, le capitaine du Silver Wave, en r’venait pas : pas qu’y avait réussi à se rendre, mais que c’tait VRAIMENT là que Crawford et compagnie voulaient aller.
« Voyons, y m’niaisent, eux autres! Y’a personne qui va su l’île Wrangel par exprès! Ch’te gage qu’y vont m’demander de changer de cap ben vite, genre : “Ben noooonn! On va à Vladivostok! Vire-nous ça d’bord, c’te bateau-là, on t’paye une vodka rendus au port!” »
Mais non : Crawford avait jamais demandé de changement de cap. Pis là, Ada pis ses compagnons découvraient un grand rivage plate couvert de toundra, accoté su des montagnes grises au dos rond : leu maison pour la prochaine année.
Les gars étaient ben contents d’être arrivés, mais Ada, elle, avait une boule dans l’estomac : bientôt, le bateau allait la laisser là, pis y’aurait pu d’artour en arrière.
Comme y’avait une accalmie, la gang en profita pour débarquer toute l’équipement pis les provisions su l’île. Après, y’artournèrent au bateau pour un dernier bon souper pis un dernier dodo dans un vrai litte, dans la vraie chaleur. Crawford, Knight, Maurer pis Galle en profitèrent pour écrire une dernière lettre à leu famille avant un an de silence.
Pis, le 16 septembre 1921, tandis que le Silver Wave disparaissait à l’horizon, les quatres gars plantèrent un drapeau britannique su l’île Wrangel. Ada était pas avec eux autres; a voulait pas qu’y la voient pleurer.
« Si j’étais pas là, y’aurait personne pour leu coudre du linge. »
A l’essuya ses larmes avec sa manche.
« J’ai promis que j’allais leu coudre du linge, pis j’vas tenir ma promesse. »
Source : Jennifer Niven, Ada Blackjack, A True Story of Survival in the Arctic, 2003.


























